Au printemps 2011, le premier ministre Charest lançait avec enthousiasme le Plan Nord. Le projet « d’une génération » mentionnait-il, en expliquant que le développement économique de toute la province en bénéficierait.
Les investissements dans le cadre de ce plan se chiffrent en milliards de dollars, les occasions d’affaires sont majeures et des milliers de travailleurs, de partout au Québec pourraient être mobilisés. D’ailleurs, une récente étude de Raymond Chabot Grant Thornton menée pour le compte de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, démontre qu’au cours des 25 prochaines années les investissements privés et publics sur le territoire du Plan Nord seront de l’ordre de 87 G$, générant des retombées économiques partout au Québec, dont 51 G$ dans la région métropolitaine, où sont situés de multiples fournisseurs de biens et services. Pas moins de 14 000 emplois devraient également être maintenus ou créés chaque année.
Les occasions d’affaires majeures à saisir
Le prix élevé des matières premières, notamment celui des métaux contribue à accélérer les investissements dans le secteur minier au Québec. Cela est de très bon augure pour les municipalités puisque les fournisseurs de ce secteur situés sur leur territoire pourront s’inscrire dans la chaîne de valeur, contribuant ainsi à relancer certains secteurs manufacturiers locaux. Les municipalités de partout au Québec auront l’occasion de se positionner face aux grands donneurs d’ordre pour les projets du Plan Nord.
À titre indicatif, en 2010 selon l’Association minière du Québec, les entreprises minières et de la fabrication minérale s’approvisionnaient en biens et services auprès de quelque 3 800 fournisseurs partout au Québec. De plus, selon le Cadre stratégique 2012-2017 de Développement économique Canada pour les régions du Québec, « l’économie québécoise étant notamment caractérisée par la diversité de ses activités », le développement économique devrait avoir un impact dans de nombreuses municipalités du Québec. L’exemple des entreprises du secteur éolien en Gaspésie illustre bien cette réalité puisqu’elles pourraient desservir de nombreux projets au nord.
Des municipalités en effervescence
Le développement initié par le Plan Nord ne sera pas qu’économique. Certains projets privés requièrent une main-d’œuvre abondante, notamment sur la Côte-Nord, ce qui devrait dynamiser plusieurs municipalités. D’ailleurs, on constate déjà une pression accrue sur les infrastructures de logement, et par le fait même, sur les infrastructures municipales de Port-Cartier, Fermont et Sept-Îles notamment.
Or, dans la mesure où les activités des minières sont soumises aux cycles économiques mondiaux (particulièrement à la volatilité des prix des métaux), il y a lieu de porter une attention toute particulière aux investissements que les municipalités s’apprêtent à effectuer pour accompagner les entreprises dans leur développement. Et à cet égard, le positionnement des municipalités du Québec avec la réflexion autour du Livre blanc de l’UMQ arrive à point nommé. Le rôle, les responsabilités, les pouvoirs et les ressources constituent la base d’une réflexion sur l’avenir des municipalités qui s’inscrit parfaitement avec les intentions et les aspirations qui soutiennent le Plan Nord. L’équilibre entre le partage risques et bénéfices qui est sous-jacent à toutes les formes de développement est au cœur des préoccupations de nombreux élus, gestionnaires et citoyens.
Les élus municipaux au cœur du Plan Nord
Les municipalités sont confrontées à des enjeux majeurs de développement économique et de développement de leurs infrastructures. Les élus doivent donc effectuer un arbitrage entre les occasions de développement et la capacité de payer des citoyens.
Dans certains cas, le développement à long terme des municipalités devient étroitement lié aux cycles économiques auxquels sont soumises les entreprises privées. Cette nouvelle préoccupation face aux investissements de fonds publics – de façon durable et sans hypothéquer les générations futures – devient un défi d’envergure. À cet égard, le gouvernement du Québec, dans le budget 2012-2013, a mis en place un bureau régional de coordination gouvernementale de la Côte-Nord afin de soutenir les municipalités et les collectivités locales qui vivent le « boom minier ». Il est à noter que la création de la Société du Plan Nord assurerait une certaine coordination des multiples initiatives sur le territoire.
En ces temps d’austérité budgétaire, des outils tels que les études de faisabilité, les analyses coûts bénéfices, les analyses de coûts par activité et les outils d’aide à la décision deviennent des prérequis pour gérer adéquatement le portefeuille de projets des municipalités. En ayant recours à de tels outils, les élus seront en mesure de tirer profit des occasions de développement qu’offre le Plan Nord et ainsi tendre vers un réel développement durable…pour tous les citoyens du Québec.
Prenez note que cet article a été réalisé conjointement avec Pierre Fortin.
