08 Mar 2012

Les résultats les plus récents des recherches menées par Grant Thornton révèlent que la proportion de femmes titulaires de postes de haute direction en Europe augmente constamment. Toutefois, c’est l’inverse dans les marchés émergents, où les entreprises avaient traditionnellement embauché par le passé un nombre plus élevé de femmes pour occuper des postes de haute direction. La moyenne canadienne est de 25 %, alors que la moyenne mondiale s’établit à 21 %, à peine en légère augmentation par rapport à 2004.

Selon les données tirées de l’International Business Report (IBR) de Grant Thornton, 22 % des postes de haute direction dans les entreprises ayant participé au sondage en Amérique latine sont occupés par une femme, ce qui représente une baisse par rapport à la proportion de 28 % constatée en 2009. Des baisses semblables ont été enregistrées dans les économies de l’Asie-Pacifique (de 25 % en 2009 à 19 % en 2012), de l’Asie du Sud-Est (de 36 % en 2009 à 32 % en 2012) et des pays BRIC (de 30 % en 2009 à 26 % en 2012).

Malgré la hausse du chômage, la proportion des femmes occupant des postes de haute direction en Europe a continué d’augmenter régulièrement passant de 17 % en 2004 à 20 % en 2009, et à 24 % en 2012, se rapprochant de celle des marchés émergents.

Selon April Mackenzie, chef mondiale chargée de la gouvernance et des politiques publiques chez Grant Thornton International : « En Europe, la nomination des femmes à des postes de haute direction est l’une des priorités des programmes politiques depuis un bon moment déjà. Les gouvernements ont souvent parlé énergiquement du besoin d’aborder le déséquilibre et, par conséquent, les entreprises ont fait l’objet d’un examen rigoureux. Cette augmentation encourageante du nombre de femmes occupant des postes de haute direction démontre que le fait d’avoir accordé une attention particulière à la question commence à avoir de l’effet.

Toutefois, le déclin régulier que nous constatons dans les marchés émergents est une véritable source de préoccupation. Ce qui nous inquiète est le risque que nous atteignions le point où les femmes seront sous-représentées parmi les membres de la haute direction à l’échelle planétaire1. »

Il existe une foule de barrières de natures culturelle, économique et sociale qui empêchent les femmes d’atteindre des postes de haute direction, mais une urbanisation rapide, jumelée à une vive croissance économique dans les marchés émergents, pourrait expliquer la raison pour laquelle la proportion des femmes qui occupent des postes de haute direction continue de diminuer.

Depuis 1978, la Chine a connu la plus grande migration interne de l’histoire de l’humanité, ainsi qu’en témoigne le déplacement de presque 160 millions de personnes de la campagne vers les villes2 . La proportion des personnes qui habitent dans des centres urbains a franchi le taux de 50 % en 2011 et devrait atteindre un taux de 55 % d’ici 20203. La situation au Mexique est identique : il est prévu que la proportion de la population qui habite les villes passe de 74 % en 2000 à 80 % d’ici 2020 . Cela exerce une forte pression sur les modèles de la famille traditionnelle.

April Mackenzie indique également que : « La migration vers les villes a commencé à démanteler les modèles traditionnels de la famille élargie. Le système intrinsèque relatif à la garde des enfants, suivant lequel les enfants étaient élevés par les grands-parents, a permis aux femmes de travailler à plein temps. Ce système cède désormais sa place à la famille nucléaire « à l’occidentale », un modèle qui repose soit sur l’un des parents, soit sur la possibilité de payer des prix élevés pour la garde des enfants.

L’urbanisation offre plus d’opportunités à un plus grand nombre de personnes, y compris aux femmes, selon une multitude de possibilités. Cependant, pour le modèle de la famille, cela se traduit par des embûches qui semblent avoir un effet démesuré sur la capacité des femmes à briser le plafond de verre pour accéder à des postes de haute direction.

Les gouvernements et les chefs d’entreprise dans les marchés émergents doivent commencer à travailler dès maintenant pour enrayer ce déclin. La dernière chose dont nous voulons être témoins, c’est une course à la médiocrité dans le cadre de laquelle la proportion des femmes qui occupent des postes de haute direction dans ces pays s’écroule et stagne pendant un certain nombre d’années, ou encore que ces pays perdent des talents parce que les femmes appartenant à la classe moyenne refusent d’accéder au marché du travail. Il faut un débat public sur les politiques et les pratiques qui permettront et favoriseront l’avancement des femmes en milieu de travail. »

L’IBR suggère que l’offre d’un horaire variable pourrait contribuer à renverser cette tendance des marchés émergents. Les deux tiers ou presque des entreprises de l’Union européenne (65 %), où la proportion des femmes occupant des postes de haute direction est en croissance, offrent des horaires variables. Ce chiffre l’emporte de loin sur l’Amérique latine (49 %), les économies des pays BRIC (36 %) et l’Asie-Pacifique (32 %).

Selon April Mackenzie, « Les entreprises des économies émergentes accusent du retard sur le plan des horaires variables, alors que l’augmentation d’une telle offre serait susceptible de permettre à une proportion plus élevée de femmes d’être promues à des postes de haute direction à l’avenir, freinant ainsi le déclin actuel ».

Les gagnants et les perdants les plus importants

Des 40 économies qui ont répondu au sondage, les entreprises en Russie sont celles qui comptent le plus grand nombre de femmes occupant des postes de haute direction (46 %), suivies du Botswana, de la Thaïlande et des Philippines (pour un total de 39 %), alors qu’en Europe, c’est l’Italie qui se démarque (36 %).

Au dernier rang, on retrouve le Japon, où seuls 5 % des postes de haute direction sont occupés par des femmes, après l’Allemagne (13 %), l’Inde (14 %) et le Danemark (15 %).

Les pays affichant l’augmentation la plus importante au cours des 12 derniers mois comprennent la Turquie (de 25 % à 31 %) et les Émirats arabes unis (de 8 % à 15 %). De tels résultats laissent entendre que la vague de libéralisation économique du Moyen-Orient, découlant du printemps arabe, pourrait avoir augmenté les chances que les femmes de la région se rendent au sommet.


1  Les propos d’April Mackenzie cités dans ce communiqué ont été traduits par Raymond Chabot Grant Thornton.
2  The Economist : numéro du 25 février 2012.
3  Service de la population de l’Organisation des Nations Unies.

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Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :
Tom Yazdi, Jo Nussbaum ou Keith Brookbank
Linstock Communications
Tél. : +44 207-089-2080

Remarques à l’intention des journalistes

L’International Business Report (IBR) de Grant Thornton présente des observations sur les points de vue et les attentes de plus de 12 000 entreprises par année à l’échelle de 40 économies. Ce sondage unique s’inspire des données sur les tendances au cours de vingt ans pour la plupart des participants et au cours de neuf ans pour bon nombre des économies non européennes. Pour de plus amples renseignements et pour consulter le rapport complet, veuillez visiter la page suivante : www.internationalbusinessreport.com.