Budget du Québec 2021-2022 : Un budget axé sur la santé et la relance économique

Le troisième budget du gouvernement de M. François Legault, élaboré dans un contexte de crise sanitaire, s’inscrit sur trois fronts prioritaires : la santé, l’éducation et l’économie.

Tel que prévu à l’automne 2020 par le gouvernement du Québec, le déficit 2020-2021 demeure à 15 G$. Après utilisation de la réserve de stabilisation, le déficit pour l’année en cours est ramené à 6,2 G$. Pour les deux prochaines années, les déficits sont évalués à 12,3 G$ (2021­-2022) et à 8,5 G$ (2022-2023) pour un objectif de retour à l’équilibre dans sept ans, soit au terme de l’année financière 2027-2028. Puisque les déficits dureront plus de cinq ans, la Loi sur l’équilibre budgétaire devra être mise à jour temporairement.

Les annonces du 25 mars ont été faites avec comme objectif de ne pas augmenter les impôts des contribuables (particuliers et sociétés) ni de compromettre le financement des services aux citoyens. Sur le plan économique, plusieurs mesures méritent d’être soulignées, dont les trois mesures fiscales suivantes.

Bonification du crédit d’impôt à l’investissement et à l’innovation (C3i)

Afin d’encourager les entreprises à accélérer leurs projets d’investissement dans les nouvelles technologies, le gouvernement annonce que les taux du C3i seront doublés pour une période de deux ans, soit jusqu’au 31 décembre 2022. Ainsi, les taux passeront :

  • de 10 % à 20 % pour les investissements réalisés dans les communautés métropolitaines de Montréal et de Québec;
  • de 20 % à 40 % pour les investissements réalisés dans les territoires confrontés à une faible vitalité économique;
  • de 15 % à 30 % pour les investissements réalisés dans un autre territoire ou une autre région.

Cette bonification temporaire, d’un coût de près de 290 M$ sur cinq ans, permettra d’encourager plus de 10 000 entreprises à accélérer la réalisation de leurs projets d’investissement.

Réduction du taux d’imposition des PME

Dans le cadre du budget 2021-2022, le gouvernement annonce une réduction de 4,0 % à 3,2 % du taux d’imposition sur le revenu pour l’ensemble des PME admissibles à la déduction pour petite entreprise (DPE), soit le même niveau que celui de l’Ontario, et ce, à compter du 26 mars 2021.

Bonification du crédit d’impôt pour stage en milieu de travail

Cette mesure de l’ordre de 14,1 M$ d’ici les cinq prochaines années, jumelée aux autres mesures visant à aider les jeunes Québécois à intégrer le marché du travail, s’inscrit dans des initiatives totalisant près de 97 M$, dont 31,4 M$ en 2022-2023 pour soutenir également les jeunes qui ne sont ni aux études, ni en emploi, ni en formation dans leur intégration au marché du travail.

Autres mesures

En matière de soutien économique, soulignons la hausse de 4,5 G$ du Plan québécois des infrastructures (PQI) 2021-2031 qui viendrait s’établir à 135 G$, en plus de l’accélération de 60 % des investissements d’ici les cinq prochaines années, offrant ainsi un puissant moteur de vitalité économique. Le budget vient également ajouter 404 M$ sur cinq ans pour renforcer les efforts de requalification de la main-d’œuvre et pour favoriser l’intégration des immigrants sur le marché du travail. Finalement, davantage de soutien est accordé à la culture et au tourisme avec de l’argent neuf, respectivement, à hauteur de 392 M$ et 204 M$ sur cinq ans, en plus de venir, entre autres, appuyer le développement économique des régions avec une enveloppe supplémentaire de 523 M$ et de consacrer 218 M$ au chapitre de l’innovation.

Pour en savoir plus sur les mesures fiscales annoncées dans le budget 2021-2022, téléchargez notre document.

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Christine Brosseau
Associée | CPA, CA | Certification

De tous les grands secteurs économiques, la restauration fait partie des plus durement touchés. Comment envisager l’avenir pour votre entreprise?

L’incertitude plane quant à la durée de la pandémie et à ses conséquences à moyen et à long terme. En raison des restrictions imposées par les autorités gouvernementales et par la Santé publique, ainsi que des changements importants dans le comportement des consommateurs, les restaurateurs doivent prendre des décisions lourdes de conséquences concernant l’avenir de leur entreprise. C’est plus que jamais le moment de revoir vos façons de faire et d’établir un plan de relance.

Est-ce le temps de revoir le plan stratégique de votre entreprise?

C’est souvent lors des périodes de crise qu’on entreprend une réflexion importante sur l’avenir, tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel. La pandémie aura ainsi incité les restaurateurs à élargir leur éventail de propositions afin de s’adapter rapidement aux nouvelles tendances du marché : les commandes en ligne, les ventes numériques, la livraison et la cueillette à l’auto. Il est maintenant utile de prendre un peu de recul pour revoir vos processus, vos méthodes de travail et même vos activités primaires.

Pour ce faire, en tant que restaurateur, vous serez amené à vous poser de grandes questions telles que les suivantes :

  • Est-ce que ma salle à manger est trop grande?
  • Devrais-je investir dans l’aménagement ou l’agrandissement de terrasses?
  • Est-ce que mon menu s’adapte facilement aux nouvelles tendances du marché?
  • Devrais-je considérer la possibilité d’avoir un nouvel actionnaire?
  • Est-ce que mon banquier peut m’accompagner pour accomplir de nouveaux projets?
  • Est-ce que ma structure financière actuelle est optimisée?
  • Est-ce que je peux revoir les taux, les délais et les échéanciers de mes emprunts actuels?

Avez-vous impliqué vos partenaires et vos employés?

Au cours de cette réflexion vitale, il est important d’impliquer vos partenaires tels que vos actionnaires, votre banquier, votre comptable et vos employés clés dans la discussion dont dépend l’avenir de votre restaurant. De ces échanges découleront des solutions et des plans qui vous permettront de traverser ces temps difficiles et qui vous aideront à adapter votre entreprise aux nouvelles réalités que l’on connaît maintenant.

La situation est difficile et délicate. Toutefois, il existe des solutions, parfois jamais imaginées auparavant, qui pourraient améliorer votre avenir. Un expert en conseil de gestion, extérieur à l’entreprise, vous aidera à observer la situation d’un œil neuf et à bien l’analyser, faits et chiffres à l’appui.

Dois-je considérer un plan de redressement?

La situation financière de votre entreprise vous inquiète? Quel que soit l’état de vos finances, il existe des solutions qui vous permettront d’envisager votre avenir avec plus de sérénité. Par exemple, un plan de redressement évaluera vos forces, vos faiblesses et les occasions de développement d’affaires dans le but d’entrevoir de meilleures perspectives. Avec un diagnostic clair et un accompagnement éclairé, vous saurez où en est votre entreprise et pourrez déterminer la meilleure solution pour vous et votre organisation.

Une année difficile, mais des occasions à l’horizon?

Cette dernière année éprouvante aura malgré tout donné au secteur de l’hébergement et de la restauration la chance de démontrer sa capacité d’innovation et son aptitude à prévoir les demandes de la clientèle.

Malgré l’incertitude des règles à très court terme, on sait toutefois que plusieurs nouvelles habitudes de consommation vont demeurer. Ainsi, les restaurateurs devront non seulement considérer les besoins des clients dans leur planification stratégique à long terme, mais également orienter leur plan d’affaires en fonction des occasions à saisir.

25 Mar 2021  |  Écrit par :

Christine Brosseau est experte en certification au sein de Raymond Chabot Grant Thornton....

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Dominic Chouinard
Premier directeur principal | CPA, CA | Conseils financiers

Mis à jour le 16 juillet 2021

Vous souhaitez reprendre une entreprise, mais vous ne savez pas par où commencer? Voici les étapes à suivre et les éléments les plus importants.

Avant tout, comme dans tout projet de cette ampleur, il faut vous préparer en amont afin de connaître vos capacités et de bien vous entourer.

Choisir son équipe et ses partenaires

Penchez-vous sur ces questions avant même de plonger dans le processus de recherche d’une entreprise à vendre.

1. Définir votre capacité financière

Quel est le capital dont vous disposez? C’est le premier élément à examiner afin d’identifier la taille d’entreprise qui convient à vos moyens financiers.

2. Communiquer avec des banquiers et le milieu financier

Approchez déjà des banquiers et d’autres intervenants du milieu financier, tels que le fonds FTQ, Investissement Québec, la BDC, afin de vous présenter et d’ouvrir des portes pour faciliter votre démarche au fil des étapes subséquentes.

3. Choisir vos partenaires comptables et légaux avec soin

Il est important d’impliquer dès le départ des partenaires avec qui vous avez des affinités. Leur faire part de votre démarche et de votre profil leur permettra d’être prêts lorsqu’une occasion concrète se présentera et que vous leur présenterez votre dossier de projet.

4. Préparer votre équipe

Reprendre une entreprise avec succès ne se fait pas sans un entourage compétent. Prévoyez déjà votre équipe. Ainsi, lorsque l’occasion que vous recherchez se présentera, vous serez prêt. Sinon, la transaction idéale pourrait vous échapper.

Solidifier et élargir son réseau de contacts

Différentes possibilités existent afin de dénicher les bonnes occasions d’affaires, mais, afin de trouver l’entreprise que vous recherchez, vous devez être à l’affût et être en mesure de comparer les offres. Parlez-en à vos contacts afin d’élargir vos recherches.

1. Comptables et avocats

Les comptables et professionnels avec qui vous faites affaire sont souvent au courant de la recherche de partenaires ou du besoin en relève de leurs clients et sont donc une source précieuse d’information.

2. Banquiers

Les banques ont maintenant des ressources à l’interne qui s’occupent de gérer le processus de relève de certains clients et qui tentent de trouver le bon repreneur afin de maintenir leur relation d’affaires avec ce client et son entreprise.

3. Centre de transfert d’entreprise du Québec (CTEQ)

Ces organisations régionales ont comme but premier de faciliter le maillage entre des vendeurs et des acheteurs-repreneurs. Leur site Internet inclut une banque de prospects.

4. Acquizition.biz

Ce site Internet publie des annonces d’entreprises à vendre, affichées par les propriétaires qui souhaitent trouver un acquéreur eux-mêmes.

5. Contact direct avec les entreprises

Certains acquéreurs potentiels communiquent directement avec les entreprises pouvant les intéresser afin de savoir s’ils sont ouverts à discuter de la vente éventuelle de leur entreprise. L’initiative est intéressante, mais un peu risquée, car les entrepreneurs n’aiment pas divulguer leurs intentions, par souci de confidentialité.

6. Courtiers en vente d’entreprises

Un courtier aura entre les mains des mandats d’entreprises de différentes tailles à vendre dans plusieurs domaines et régions.

L’avantage du courtier en vente d’entreprises

Bien qu’aucun ordre professionnel des courtiers en vente d’entreprises n’existe, le courtier en vente d’entreprises est un expert qui accompagne les entrepreneurs dans leurs démarches. Plusieurs avantages peuvent en découler pour l’acquéreur lorsqu’une opportunité lui est présentée par un courtier en vente d’entreprises.

1. S’assurer de la motivation du vendeur

Vous aurez la confirmation que le prospect vendeur est sérieux et prêt pour une telle démarche.

2. Connaître la juste valeur de l’entreprise

Lorsque l’accompagnement est bien fait, le courtier fait un travail d’estimation de la valeur de l’entreprise à vendre avant de mettre un dossier sur le marché. Cette démarche assure à l’acquéreur que le vendeur est réaliste dans ses attentes concernant le prix demandé.

3. Passer tout de suite à l’étape du processus de relève externe

Lorsqu’un vendeur fait appel à un courtier, c’est que l’option de transférer l’entreprise à la relève à l’interne, qu’elle soit familiale ou non, a été discutée et exclue de la suite du processus.

4. Maximiser son temps et limiter les risques

Le courtier supervise les étapes de la démarche de vente. Il est le chef d’orchestre auprès de tous les intervenants (banquiers, comptables, avocats, etc.) et limite ainsi la perte de temps tout en réduisant le risque que l’entrepreneur se retire du processus.

5. Déléguer les éléments délicats

Le courtier est en mesure de transmettre les messages importants lorsque nécessaire et en temps opportun. Il a déjà la confiance du vendeur et est donc en mesure d’aborder les questions sensibles avec son client.

Un processus de recherche d’entreprise à vendre peut être une démarche longue et ardue. Votre degré de préparation a son importance dans la réussite d’une telle transaction. Un projet bien conçu et un dossier bien ficelé prouveront votre sérieux aux yeux du courtier et du vendeur et leur donneront confiance.

22 Mar 2021  |  Écrit par :

Dominic Chouinard est expert en achat et vente d'entreprise au sein de Raymond Chabot Grant...

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Le ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, Ernie Steeves, a déposé son budget le 16 mars 2021. Ce budget du gouvernement majoritaire dirigé par Blaine Higgs n’inclut aucune modification aux taux d’imposition des particuliers et des sociétés, mais propose une augmentation de la taxe sur le carbone. Voici un bref résumé de ces mesures fiscales.

Taux d’imposition des sociétés

Le budget ne propose aucune modification relative au taux d’imposition des sociétés ni au plafond des affaires de 500 000 $ admissible à la déduction accordée aux petites entreprises (DPE).

Taxe sur le carbone

Le gouvernement propose d’augmenter la taxe sur les produits émetteurs de carbone pour la faire passer de 30 $ à 40 $ la tonne à compter du 1er avril 2021, conformément aux exigences du filet de sécurité fédéral .

En conséquence, la taxe sur le carbone augmentera de 2,21 ¢ le litre pour l’essence et de 2,68 ¢ le litre pour le diesel.

Votre conseiller Raymond Chabot Grant Thornton peut vous aider à déterminer les mesures qui s’appliquent à votre situation et vous assister dans les démarches nécessaires pour vous permettre d’en bénéficier. N’hésitez pas à le consulter.

Téléchargez notre bulletin fiscal pour consulter les taux d’imposition et d’autres détails.