Mathieu Leblanc
Directeur principal | Ing., M. Ing., MBB | Fiscalité

En tant que membre du laboratoire de Yoshua Bengio, à Montréal, au Canada, Grégoire Mesnil a obtenu un doctorat en apprentissage profond, tout en travaillant en étroite collaboration avec les équipes de recherche de Google, Microsoft et Facebook, aux États-Unis.

Mesnil travaille actuellement sur sa deuxième entreprise située à Paris et à Montréal. Son cabinet-conseil, Incalia, conçoit des solutions personnalisées d’apprentissage automatique et d’apprentissage profond pour des entreprises dont les clients détiennent la propriété intellectuelle. Son équipe travaille sur une vaste gamme de solutions, notamment l’analyse d’images médicales et l’optimisation de moteurs de recherche. Son équipe et lui mentorent les équipes de science des données qui veulent améliorer leurs connaissances en apprentissage profond.

Je trouve ce champ d’intérêt fascinant et M. Mesnil a volontiers accepté de répondre à mes questions à ce sujet.

De quelle façon l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique et l’apprentissage profond ajoutent-ils de la valeur aux entreprises?

L’intelligence artificielle est pertinente et très utile pour les organisations qui désireraient rationaliser le processus décisionnel humain en un processus automatisé à grande échelle. De nos jours, pour certaines tâches, les machines atteignent un niveau d’exactitude égal ou supérieur à celui des performances humaines. L’intelligence artificielle crée de la valeur sur divers marchés en permettant de nouvelles collaborations entre le savoir conventionnel humain et les algorithmes d’apprentissage machine. Elle est ou sera présente dans la plupart des secteurs de l’industrie, avec des applications variées : camions de transport autonomes ou détection de cancers à un stade précoce par exemple.

Quelle est la différence entre l’apprentissage automatique et l’apprentissage profond?

La recherche et l’industrie ont fait des progrès énormes dans le domaine de l’apprentissage automatique au cours des trois dernières décennies, et l’apprentissage profond vient ajouter une évolution supplémentaire considérable. L’apprentissage profond permet aux machines de combler leurs déficiences de perception. Par le passé, il était difficile d’extraire les meilleures caractéristiques des données sensorielles comme les images, les sons et même du langage textuel en un format lisible par ordinateur, et désormais, une machine peut apprendre automatiquement les caractéristiques les plus appropriées pour la problématique à résoudre.

Un autre avantage de l’apprentissage profond est sa polyvalence. L’architecture de haut niveau de l’apprentissage profond est composée de blocs prêts à l’emploi qui peuvent facilement être combinés. Vous prenez deux algorithmes par exemple : un qui génère du texte à partir d’un grand ensemble non structuré de documents et un autre qui peut facilement détecter un objet dans une image. Vous branchez ces deux modèles ensemble sur des images accompagnées de leurs descriptions et vous obtiendrez un algorithme qui génère automatiquement une description de l’image en fonction des objets repérés dans l’image.

L’intelligence artificielle et l’apprentissage profond sont de plus en plus présents dans nos vies quotidiennes; devrions-nous craindre que les machines aient un jour le dessus sur les humains?

Les machines demeurent stupides. Cependant, elles peuvent devenir extrêmement compétitives lorsque des scientifiques de renommée internationale passent un temps de recherche considérable sur un problème complexe, comme ce fut le cas lors de la victoire du programme AlphaGo contre un champion Coréen du jeu de go. Cette victoire était aussi grandement fondée sur une contribution humaine puisque de nombreuses configurations tirées de parties jouées par des experts ont été intégrées dans la machine durant son processus d’apprentissage. À l’heure actuelle, nous sommes bien loin d’un ordinateur alimenté avec un minimum de données qui deviendrait intelligent par lui-même.

Dans la nature, les animaux et les plantes s’adaptent et ils apprennent très rapidement de leur environnement, ce qui démontre une forme d’intelligence qu’on ne retrouve pas dans les machines.


Continuez d’explorer ce sujet captivant!

Voici quelques idées :

16 Jan 2017  |  Écrit par :

Mathieu Leblanc est directeur principal au sein de Raymond Chabot Grant Thornton. Il est votre...

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Il est généralement connu que le gain qui s’est accumulé sur votre résidence principale n’est pas imposable.

Sans nécessairement en connaître tous les détails, le particulier qui vend sa résidence sait qu’il ne doit rien indiquer dans sa déclaration de revenus et qu’il n’a généralement aucun impôt à payer.

Si, toutefois, vous détenez plus d’une résidence et que chacune d’elle peut être désignée à titre de résidence principale, un formulaire prescrit (formulaire T2091) doit être préparé afin d’établir la portion du gain qui peut être assujetti aux impôts. Il n’est d’ailleurs pas toujours nécessaire de transmettre ce formulaire au fisc. Pour parer à ce manque d’information et de contrôle, les autorités fiscales fédérales ont introduit, dans la plus grande discrétion, de nouvelles règles pour améliorer l’observation et l’administration du régime fiscal à ce chapitre. Puisqu’elles risquent de changer les choses et de causer certaines surprises à celui qui ne s’y conformera pas, elles méritent qu’on s’y attarde.

Nouvelles obligations

Fini le temps de vendre sa résidence sans aviser le fisc. Selon de nouvelles dispositions, vous devrez vous conformer à des obligations de divulgations (dès votre rapport d’impôt 2016), si vous avez disposé de votre résidence depuis le 1er janvier 2016. Dans la mesure où vous aurez habité votre résidence au cours de chacune des années où vous en étiez propriétaire, le gain pourra être totalement exempté et aucun impôt ne sera exigible. Jusque-là, aucun changement.

Cependant, vous devrez désormais indiquer l’année d’acquisition, le prix de vente ainsi que la description du bien. Cela signifie que si vous détenez plus d’une habitation et que le bien vendu ne peut être désigné comme résidence principale pour chacune des années de détention, le formulaire prescrit (T2091) devra être complété afin de calculer la portion exemptée et la portion imposable.

N’oubliez pas de déclarer la vente, sinon…

À défaut de déclarer la vente de votre résidence en cours d’année, vous ne pourrez bénéficier de l’exemption pour résidence principale, de sorte que le profit réalisé (appelé gain en capital) sera imposable.

Si vous oubliez de déclarer la disposition et de la désigner comme résidence principale dans l’année de la vente, vous aurez tout intérêt à demander à l’Agence de revenu du Canada (ARC) de modifier votre déclaration de revenus et payer une pénalité pour production tardive. Cette pénalité correspondra au moins élevé des deux montants suivants :

  • 100 $ par mois de retard calculé depuis la date limite de production;
  • 8 000 $.

De plus, le particulier qui n’aura pas déclaré la vente s’exposera à une autre surprise. La période au cours de laquelle l’ARC peut émettre une nouvelle cotisation (qui est actuellement de trois ans) sera prolongée indéfiniment. Le fisc aura donc tout le temps nécessaire pour vous attraper.

Conseils

  • Assurez-vous de vous conformer aux nouvelles exigences de divulgations afin de pouvoir bénéficier de l’exemption pour résidence principale;
  • Si vous oubliez de déclarer votre résidence principale, avisez le fisc et payez la pénalité applicable. Elle peut s’avérer moins coûteuse que l’impôt sur le gain en capital;
  • N’oubliez pas qu’un suivi plus rigoureux du coût de vos propriétés et des améliorations que vous y aurez apportées permettra de réduire votre facture fiscale;
  • Sachez aussi que si vous êtes non-résident du Canada ou si vous détenez une résidence dans une fiducie personnelle, de nouvelles règles sont également prévues;
  • Consultez un professionnel de la fiscalité pour éviter toutes mauvaises surprises.

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Les activités de la Ferme Taillon sont diversifiées : production de céréales biologiques, ferme laitière, élevage de volaille, etc.

L’un de ses employés, Olivier Milot, s’est toujours illustré au sein de l’entreprise, au point où, depuis les dernières années, il est en mesure de gérer l’ensemble de ses activités lorsque les propriétaires, les frères Christian et Daniel Taillon, ont à s’absenter.

Employé de confiance, Olivier Milot a acquis de l’expérience depuis qu’il a rejoint l’entreprise à l’âge de 14 ans. Ses efforts, son bon travail et son intérêt pour les activités de la ferme ont été remarqués par la direction et il est aujourd’hui présenté comme la relève pour l’entreprise.

« J’ai toujours eu un discours favorable aux releveurs sans ferme, explique Christian Taillon. De prime abord, nos enfants, à Daniel et à moi, ne manifestaient pas d’intérêt à reprendre la ferme. Ils ont trouvé leur passion respective et nous en sommes heureux. Or nous avions à cœur la pérennité de l’entreprise, et Olivier s’est présenté comme un bon candidat à la relève. »

Une fois les discussions entamées et l’intérêt d’Olivier à la reprise, confirmé, il n’a fallu que très peu de temps aux frères Taillon pour l’impliquer dans l’ensemble des activités de la ferme, de la production aux finances, en passant par les projets d’agrandissement et d’acquisition. D’ailleurs, le plan de relève s’est officialisé en un temps record.

« On avait pris notre décision et on voulait conclure le tout en huit mois, confie M. Taillon. Tout le monde disait que c’était impossible; normalement ça prend un à deux ans. »

Le défi a été relevé grâce entre autres au travail de l’équipe multidisciplinaire qui a accompagné le processus de transfert.

« On était douze autour de la table, se remémore M. Taillon. Des experts du Groupe multiconseil agricole Saguenay–Lac-Saint-Jean, de l’UPA, de Desjardins, de Raymond Chabot Grant Thornton, en plus de notre assureur et de notre notaire, qui étaient également impliqués. On avait organisé nos rencontres à l’avance et chacun avait des mandats à remplir entre celles-ci. »

La bonne entente entre les parties prenantes et la bonne santé financière de l’entreprise ne sont évidemment pas étrangères au succès du processus traversé et de la convention établie. Les frères Taillon comptent poursuivre leurs activités au sein de l’entreprise encore plusieurs années, et le transfert se complétera progressivement.

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Avez-vous bien préparé votre plan de relève? Avez-vous couvert tous les aspects? Passer le flambeau à la personne qui prendra la suite des activités de votre entreprise n’est pas chose aisée.

Ce témoignage d’un cédant nous rappelle l’importance d’avoir un plan de relève bien établi et de ne négliger aucun aspect.

Une bonne gestion, une communication et une ouverture d’esprit sur les besoins et les objectifs des uns et des autres sont autant de facteurs à prendre en compte pour accomplir un transfert d’entreprise et s’assurer, pour les deux parties, que l’entreprise perdure.

Prévoir un transfert sur plusieurs années

Régis Simard a fondé l’entreprise Les Forestiers F.A.J. inc. en 1995. Sa femme, Johanne, y est aussi impliquée en tant que secrétaire-comptable. Depuis quelques années déjà, ils songeaient à céder l’entreprise.

« Je ne voulais pas la transmettre à n’importe qui, explique M. Simard. La pérennité de l’entreprise est importante. Ça faisait quatre ou cinq ans que j’en parlais à Jean-Louis, un employé clé qui est dans l’entreprise depuis 18 ans et qui est aussi marié avec ma nièce. »

C’est à la suite d’un accident de la route, à 57 ans, que M. Simard décide d’enclencher clairement le processus de relève, ce qui accélère les choses.

Aux dires de M. et Mme Simard, Jean-Louis a toujours été un bon candidat pour la relève. Il est débrouillard, vaillant et polyvalent et il aime la forêt. Ce sont des qualités essentielles pour faire ce métier, selon eux. Pour devenir propriétaire, il faut être d’autant plus dévoué. Le travail est exigeant; on peut être absent pendant plusieurs jours ou se faire appeler à toute heure du jour ou de la nuit.

« De nos jours, le travail est important, mais la famille et les loisirs le sont tout autant. C’est pourquoi, reprendre l’entreprise est une décision à prendre en couple », mentionne M. Simard.

Un plan de relève pour gérer les attentes

« Le transfert se déroule bien, avoue M. Simard. Il y a des hauts et des bas; le repreneur a ses attentes et, comme cédant, j’en avais aussi, mais avec une bonne communication on arrive à trouver un terrain d’entente. Ce n’est pas comme vendre. Tu veux que le releveur soit capable de garder l’entreprise. »

« Tout se déroule en douceur, complète Mme Simard. Il y a de gros enjeux dans ce transfert, précise-t-elle. Le releveur est notre neveu par alliance, on voulait que ça se passe bien. Ça nous a aidés d’avoir un consultant externe comme intermédiaire pour coordonner le tout. On voulait que ce soit gagnant-gagnant. »

« Il y a mille et une façons de faire un transfert d’entreprise, précise son mari. C’était important pour nous de nous assurer que Jean-Louis ne serait pas étouffé financièrement, sinon il n’aurait pas pu continuer. Ça prenait une bonne gestion et des gens d’expérience pour nous accompagner afin de trouver la bonne formule pour que l’entreprise perdure. »

Pour l’avenir, M. Simard souhaite que l’entreprise conserve sa place dans l’industrie tout en continuant d’offrir la même qualité et la même expertise qui ont bâti sa réputation depuis sa fondation.