Mathieu Leblanc
Directeur principal | Ing., M. Ing., MBB | Fiscalité

Les chaînes d’approvisionnement ont effectué de nombreux changements au fil du temps, mais elles sont sur le point de vivre une transformation encore plus radicale, de pair avec l’évolution des technologies numériques. L’industrie forestière canadienne pourrait profiter de ce nouvel élan.

Notre expert, Mathieu Leblanc, a posé quelques questions à Francis Charette, de FPInnovations, à propos de l’initiative Foresterie 4.0, qui vise à arrimer l’industrie forestière à cette nouvelle révolution.

Qu’est-ce que le concept d’Industrie 4.0 appliqué à la foresterie?

Ce qu’on appelle la quatrième révolution industrielle exploite l’interconnexion entre les équipements à l’intérieur d’une même entreprise sur les sites de production, mais également entre l’interne et l’externe, afin d’optimiser la prise de décision pour chaque équipement et, du même coup, pour l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

La collecte d’information a évolué et il est devenu courant de transmettre des données en temps réel, peu importe où l’on se trouve dans le monde. Le secteur de la transformation des ressources au Canada fait face à un défi technologique important. Il doit s’adapter pour rester un joueur majeur au sein de ce réseau mondial. Par exemple, il doit développer davantage au goût du jour son système de collecte de données et de communication.

De là vient la nécessité d’un projet comme Foresterie 4.0?

Exactement. FPInnovations a lancé Foresterie 4.0 afin de pallier le manque du côté de l’approvisionnement en amont dans le domaine forestier au Canada. L’objectif est d’exploiter toutes les possibilités de performance et d’agilité que permet la révolution numérique.

Vous avez identifié quatre volets où cette initiative peut intervenir. Quels sont-ils?

Le premier est l’analyse de l’environnement réel de production. Recevoir de l’information en temps réel sur les ressources permet de s’ajuster rapidement pour répondre au marché et aux conditions changeantes de manière plus efficace. Pour recueillir l’information, on peut procéder par télédétection, avec des plateformes satellitaires, de façon aéroportée (avion ou drone) en utilisant des capteurs de type lidar, caméras infrarouges, vidéos haute résolution, etc. Le deuxième volet est la forêt connectée.

On parle ici d’interaction entre les différents équipements?

Oui, ou on parle d’Internet des forêts. C’est un système collaboratif basé sur la transmission en temps réel des données entre les éléments de machinerie, les différentes infrastructures et les appareils numériques pour contrôler les opérations, même à distance. Une communication optimisée permet d’ajuster immédiatement la production aux conditions et aux besoins. Toutefois, le plus grand défi en ce moment est d’arriver à communiquer en forêt, puisque seulement 45 % de la forêt canadienne est couverte par le réseau cellulaire. La communication satellitaire étant très onéreuse, nous travaillons à tester divers moyens techniques pour étendre le réseau cellulaire à nos opérations.

Comment faire davantage pour adapter la chaîne d’approvisionnement en foresterie?

Les systèmes avancés d’approvisionnement, le troisième aspect de l’initiative Foresterie 4.0, permettront de répondre sur commande aux besoins spécifiques des clients. Nous faisons actuellement face à une pénurie de main-d’œuvre importante au niveau des opérateurs de machines forestières et de camions, qui s’accentuera probablement. Il faut mettre à jour la chaîne de production en s’équipant des dernières technologies performantes, comme des capteurs, des appareils de réalité augmentée, des systèmes de transport intelligent avec davantage d’autonomie (véhicules autonomes). L’objectif est d’inciter la nouvelle génération à venir travailler en forêt, tout en réduisant nos besoins en termes de ressources humaines grâce à l’automatisation des équipements.

Et quel est le quatrième volet que vous ciblez?

L’optimisation décisionnelle. Il est essentiel d’arrimer la prise de décision le long de la chaîne d’approvisionnement afin d’optimiser la valeur que l’on peut tirer de la ressource forestière. L’utilisation de simulations avancées (jumeau numérique) et de l’intelligence artificielle, couplées à nos outils d’aide à la décision, nous permettra d’atteindre un niveau d’agilité supérieur et d’adapter la production afin de répondre aux besoins du marché.

Par l’initiative Foresterie 4.0., FPInnovations veut arrimer l’industrie forestière à la cyberrévolution industrielle afin de répondre efficacement à l’évolution du marché.

01 Mar 2018  |  Écrit par :

Mathieu Leblanc est directeur principal au sein de Raymond Chabot Grant Thornton. Il est votre...

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Donald Savard
Associé | CPA, CA, EEE | Certification

La vente d’une entreprise est une décision importante qui doit être planifiée, souvent plusieurs années à l’avance. Maximiser la valeur de cette dernière peut être avantageux lors d’une transaction et dans plusieurs cas de figure.

De nombreux facteurs, internes et externes, ont un impact. S’il est difficile d’influencer les facteurs externes (tels que la concurrence ou la réglementation gouvernementale), il en est tout autrement des facteurs internes.

Afin d’augmenter la valeur de votre entreprise et d’obtenir le meilleur prix lors d’une éventuelle transaction, voici nos recommandations.

1. La croissance des ventes

Une entreprise en développement est toujours plus attrayante pour un investisseur que celle qui est en déclin. Donc, en démontrant aux résultats une croissance soutenue des ventes, il y a plus de chances qu’un acquéreur potentiel soit prêt à payer un bon prix pour l’entreprise.

2. La qualité des bénéfices

Il s’agit d’un élément crucial. Qui voudrait acheter une entreprise qui a un chiffre d’affaires astronomique, mais qui ne fait pas de profit? Le bénéfice (ou les flux de trésorerie) constitue le rendement du capital investi pour un actionnaire ou un propriétaire d’entreprise. Plus il est élevé, plus la valeur sera grande.

3. La stabilité et la qualité des ressources humaines

Une organisation dont les ressources humaines sont bien structurées (taux de rotation normal du personnel, employés bien formés, faible taux d’accidents de travail, etc.) est plus attrayante pour un acquéreur.

4. L’image de marque de l’entreprise

Cet élément inclut l’excellente réputation des produits et services de l’entreprise sur le marché, mais également la qualité du marketing en place.

5. La présence de contrats d’exclusivité

La présence de contrats d’exclusivité, d’ententes d’approvisionnement, de baux avantageux, de franchises ou de brevets permet à l’organisation de se distinguer de la concurrence, donc lui procure une plus-value.

6. La bonne situation financière de l’entreprise

Son taux d’endettement est-il adéquat? Son fonds de roulement se compare-t-il à celui des organisations de l’industrie? En la comparant à des entreprises de son secteur, meilleurs sont ses ratios, meilleures sont les chances d’obtenir une valeur plus importante lors de sa vente.

7. La variété et la fidélité de la clientèle

Il est reconnu qu’en général 20 % des clients génèrent 80 % des revenus. S’il est important de diversifier sa clientèle, il est aussi essentiel d’instaurer un rapport de confiance avec les clients et d’encourager leur fidélité à votre entreprise en étant à l’écoute de leurs besoins.

8. L’état et la valeur des actifs corporels

Il faut tenir compte des immobilisations que possède l’entreprise (terrain, bâtiment, équipement à la fine pointe, etc.).

9. Le potentiel de croissance

Il peut s’agir d’une capacité de production inutilisée qui permettrait à l’éventuel acquéreur d’accroître les revenus et les bénéfices de l’organisation.

10. Le créneau de marché

Une entreprise qui évolue dans un domaine offrant de bonnes perspectives d’avenir devient très attrayante pour un acheteur. Il faut donc qu’elle soit innovatrice et toujours à l’avant-garde de la concurrence.

Nous pouvons vous aider dans la planification de la vente de votre entreprise et dans la maximisation du prix que vous en retirerez. En effet, notre société compte des experts et des contacts dans tous les domaines touchant la gestion, particulièrement en matière de fiscalité, d’évaluation d’entreprises, de ressources humaines et de conseils financiers.

Si vous avez des questions ou des besoins concernant l’évaluation de votre entreprise, n’hésitez pas à communiquer avec nous.

01 Mar 2018  |  Écrit par :

M. Savard est associé au sein du cabinet RCGT. Il est votre expert en certification pour le bureau...

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Sylvain Moreau
Associé | FCPA, FCGA, Pl. Fin., D. Fisc., TEP | Fiscalité

En prévision de vos vieux jours, vous mettez régulièrement de côté des sommes qui serviront à financer vos projets de retraite. Afin de ne pas laisser le fisc partir avec une part trop grande de votre magot, voici quelques trucs qui vous permettront de réduire vos impôts à la retraite.

1. Puisque votre taux d’imposition personnel est fonction de vos revenus totaux, assurez-vous de contribuer au REÉR de votre conjoint afin que votre fonds de retraite soit réparti entre vous. Au moment de la retraite, vous aurez ainsi réussi à fractionner vos revenus ce qui réduira votre facture d’impôt.

2. Si les revenus de retraite de votre conjoint sont inférieurs aux vôtres, parce que la contribution REÉR n’a pas été maximisée au fil des ans, par exemple, vous pourrez lui attribuer annuellement jusqu’à la moitié de vos propres revenus de retraite provenant de vos REÉR ou de votre fonds de pension, autres que ceux gouvernementaux. Assurez-vous de faire ce choix judicieux annuellement.

3. Demander à la Régie des rentes du Québec (RRQ) de procéder au partage de votre rente de retraite. Vous réussirez ainsi à réduire vos revenus ainsi que les impôts qui s’y rapportent.

4. Puisque tous les revenus de placement qui s’accumulent à l’abri de l’impôt dans votre REÉR seront totalement imposables lors de leur retrait, favorisez la détention des placements générant des intérêts par votre REÉR.

5. Profiter des taux d’impôt avantageux dont bénéficient le gain en capital et les dividendes en détenant personnellement des placements qui vous procurent ces genres de revenus. À votre retraite, vous profiterez d’un taux d’impôt de 27 % applicable au gain en capital et de 40 % pour les dividendes.

Conseils

  • En référence à la 2e astuce, rappelez-vous que les revenus provenant du régime public (Sécurité de la vieillesse au fédéral et RRQ) ne peuvent être fractionnés avec votre conjoint.
  • Si vous recevez une rente provenant de votre REÉR ou de votre fonds de pension privé, vous pourrez bénéficier annuellement d’un crédit pour pension de 2 000 $ qui vous permettra de réduire vos impôts. Le fractionnement de vos revenus de retraite permettra à votre conjoint de bénéficier également de ce crédit.
  • Si, au moment de votre retraite, vous continuez à recevoir des revenus de placement provenant de vos placements hors REÉR, sachez que vous pourrez continuer à déduire vos frais de placement et d’intérêts.
  • Puisque les règles fiscales changent régulièrement, assurez-vous de revoir votre planification de retraite afin de refléter ces changements.
  • Demandez conseil à votre fiscaliste. Il pourra vous suggérer les stratégies adaptées à votre situation personnelle.

Cet article est paru le 17 février 2018 dans le Journal de Montréal et le Journal de Québec.  M. Moreau est associé en fiscalité et agit comme chroniqueur dans la section Argent – Dans vos poches.

 

28 Fév 2018  |  Écrit par :

Associé chez Raymond Chabot Grant Thornton. Il est un expert en fiscalité au bureau de Laval....

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Budget fédéral 2018 : une marge de manoeuvre fiscale insuffisante pour les entreprises

Le troisième budget du ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, veut poursuivre son objectif d’aider la classe moyenne, mais laisse les entreprises canadiennes sur leur faim. Dans un contexte d’incertitude économique et financière pour plusieurs entreprises canadiennes, généré, entre autres, par la réforme fiscale du président américain et l’ALENA, le gouvernement fédéral aurait eu intérêt à oser davantage sur le plan fiscal pour stimuler la croissance.

Le budget propose toutefois certaines mesures pour renforcer la productivité et l’innovation au sein des entreprises canadiennes, particulièrement avec une nouvelle stratégie pour les femmes et l’entrepreneuriat, et le programme d’aide à la recherche industrielle (PARI).

Nouvelle stratégie pour les femmes et l’entrepreneuriat

Dans le cadre de cette stratégie, le budget 2018 propose de fournir 105 M$ sur cinq ans aux agences de développement régional, dont Développement économique Canada pour les régions du Québec, à l’appui d’investissements dans des entreprises dirigées par des femmes, lesquelles représentent, selon le document budgétaire, moins d’une entreprise canadienne sur six (16 %).

Le gouvernement a également décidé de mieux soutenir la croissance des entreprises dirigées par des femmes en mettant à leur disposition, par l’entremise de la Banque de développement du Canada, un montant de 1,4 G$ répartis sur trois ans à compter de 2018-2019. En ce qui a trait à l’accès aux marchés internationaux, les entreprises dirigées par des femmes, qui font des exportations ou qui cherchent à en faire, pourront bénéficier d’une somme de 250 M$ sur trois ans par l’intermédiaire d’Exportation et Développement Canada.

Programme d’aide à la recherche industrielle (PARI)

Afin de permettre au PARI d’appuyer davantage la recherche et le développement des entreprises pour des projets d’une valeur pouvant atteindre un nouveau seuil de 10 M$, le gouvernement investira 700 M$ sur cinq ans, à compter de 2018-2019, et 150 M$ par année par la suite.

Soutien à la recherche et à l’innovation

Dans les autres éléments intéressants du plan d’action gouvernemental figurent différentes mesures pour soutenir la recherche et les chercheurs dans tout le pays. La Fondation canadienne de l’innovation héritera de 763 M$ sur cinq ans, à compter de 2018-2019, en vue de fournir aux chercheurs les outils dont ils ont besoin. Le gouvernement propose aussi d’établir un financement de 572,5 M$, sur cinq ans, et de 52 M$ parannée par la suite, afin de mettre en oeuvre une stratégie d’infrastructures de recherche numérique offrant aux chercheurs partout au Canada un accès plus ouvert et équitable aux ressources de calcul avancé et de données massives.

Réforme fiscale des sociétés privées

Par ailleurs, contrairement aux préoccupations exprimées par la grande majorité des intervenants lors de la consultation publique, le ministre des Finances du Canada a maintenu son objectif d’imposer les revenus passifs des entrepreneurs au sein des sociétés privées. Est-ce la fin de la réforme fiscale? Le budget ne le précise pas.

À quand l’équilibre budgétaire?

En terminant, soulignons que même si le gouvernement maintient une trajectoire de réduction du déficit, aucune cible n’est encore proposée pour le retour à un solde budgétaire positif. D’ici les cinq prochaines années (2022-2023), le déficit atteindra 12,5 G$, alors que la projection pour 2018-2019 est estimée à 18,6 G$. Quant à la dette fédérale, les prévisions pour 2022-2023 sont de l’ordre de 730,1 G$ (soit 28,4 % du PIB) et de 669,6 G$ (soit 30,1 % du PIB) pour la fin de l’année 2018-2019.

Pour un aperçu des mesures fiscales contenues dans le budget 2018, consultez le bulletin ci-dessous.

Bonne lecture!