La gestion des données est cruciale pour les entreprises.

Afin de mieux comprendre les enjeux de la gouvernance des données, je me suis entretenu avec Marcelo Cardoso, cofondateur de Prodago Solutions, une entreprise qui offre des services-conseils en gouvernance de données et commercialise la plateforme Prodago (Lean Data Governance Platform).

Quelle est la valeur ajoutée d’un processus de gouvernance de données pour les entreprises?

La gouvernance a comme principale valeur de permettre d’explorer les données et de faciliter l’innovation au moyen d’initiatives de transformation digitale. Sans processus de gouvernance, on s’expose à des problèmes de qualité des données, qui peuvent avoir des impacts majeurs sur une organisation. En effet, les données sont aujourd’hui au cœur de toutes les décisions et de la transformation des organisations (analytique, intelligence d’affaires, intelligence artificielle, automatisation, etc.). Sans données de qualité, les initiatives de transformation et d’innovation organisationnelles ne voient pas le jour.

Que font les entreprises en général?

 Il y a toujours une certaine gouvernance des données dans les organisations, même si on ne l’appelle pas ainsi. Par exemple, lorsqu’on définit les formats de données d’un nouveau système informatique ou qu’on configure les droits d’accès des utilisateurs sur un intranet, il s’agit de gouvernance. Le principal problème est qu’en général, les entreprises réagissent aux problèmes plutôt que d’identifier les risques associés aux données qui alimentent les processus d’affaires et opérationnels les plus critiques et d’appliquer des mesures correctives préventives.

Quelles sont les principales erreurs à éviter et quelle approche préconisez-vous?

L’erreur la plus courante dans la mise en place de tels processus est de ne pas associer les actions de gouvernance à des objectifs d’affaires. L’approche traditionnelle consiste à implémenter une « organisation ». On met en place un comité et un réseau de responsables des données dans les différents secteurs de l’entreprise, etc., mais cela ne fonctionne pas toujours.

Nous préconisons d’identifier les objectifs d’affaires d’un secteur et d’analyser les initiatives de transformation en lien avec ces objectifs (par exemple, une vue des clients à « 360 degrés »). Ensuite, on identifie les processus critiques associés à ces initiatives et les données qu’ils consomment. Si des écarts sont constatés par rapport au niveau de qualité de données requis pour assurer la performance et la sécurité de ces processus, on met en place des mesures correctives (règles des données et responsabilités).

Il faut s’assurer d’avoir de la traction au sein de l’organisation et d’établir des priorités, car on ne peut pas intégrer la gouvernance partout sans distinguer l’importance relative des données. Cela implique des efforts importants.

La technologie évolue rapidement et les données sont de plus en plus présentes dans notre environnement (Internet des objets, mégadonnées, etc.). Quel est l’impact sur la gouvernance?

 Les organisations prennent conscience que les données ne sont plus qu’une résultante des processus d’affaires et voient davantage les données comme un actif. De plus en plus, ce sont les gens d’affaires qui prennent la responsabilité des données et non plus seulement les services de TI. Ces dernières années, grâce aux avancées réalisées dans des domaines comme l’intelligence artificielle, les analyses prédictives, etc., on utilise les données de manière beaucoup plus intensive et dans un contexte qui n’est pas nécessairement celui dans lequel les données ont été créées. On collecte des données provenant de différentes sources et on les croise pour générer de la valeur. La gouvernance est alors essentielle.

Pour avoir recours aux services de Marcelo et de son équipe, visitez la page de contact de leur site Web.

Voici un site Web proposé par Marcelo, qui contient des articles intéressants pour continuer d’explorer le sujet.

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Bon nombre de dirigeants de PME du milieu forestier prennent leurs décisions sans s’appuyer sur des données objectives et précises.

Pour améliorer la performance de leur entreprise, il s’avère essentiel pour eux de mesurer les facteurs qui influencent les principaux enjeux.

Il est important de faire un suivi en temps réel des indicateurs clés de la gestion des opérations, comme : le taux de rendement global (disponibilité, efficacité, qualité), le taux d’utilisation des équipements, la productivité des travailleurs et le coût unitaire de production. Avec ces informations, il est possible de modifier rapidement et efficacement les méthodes de travail.

Autant pour les entrepreneurs sylvicoles que pour ceux qui effectuent des travaux de récolte, de transport et de voirie, la technologie actuelle permet d’acquérir beaucoup d’informations à peu de frais. L’utilisation de données GPS, de formulaires numériques, de résultats d’inventaire forestiers et de données géomatiques permet d’obtenir une précision appropriée pour l’analyse d’une panoplie d’indicateurs clés.

L’utilisation d’Excel pour la présentation de tableaux de bord est sans doute la méthode la plus abordable. Cependant, Excel est limité quant aux options de présentation des données et à leur sécurité; de plus, il faut en avoir une bonne connaissance pour élaborer des tableaux de bord plus complexes. Lorsque le poids des bases de données s’alourdit et que l’information provient de plusieurs sources, l’utilisation d’un chiffrier présente davantage de risques d’erreur et requiert plus de temps pour la manipulation.

Une option de plus en plus intéressante à considérer est l’utilisation d’une plateforme Web dans le nuage (cloud). Ainsi, les données peuvent facilement être stockées et sécurisées en ligne et les droits peuvent être contrôlés à partir de comptes d’utilisateurs à différents niveaux d’accès. Les résultats sont disponibles en temps réel sur une page Web et peuvent être consultés à partir de n’importe quel appareil, soit un ordinateur, un téléphone, une tablette ou même une télévision. De plus, cette formule est beaucoup plus flexible du point de vue de la présentation visuelle et est beaucoup moins restrictive que les chiffriers traditionnels.

Cependant, bien que cette solution offre une panoplie d’avantages, elle engage des coûts d’implantation et de maintenance mensuelle. Il faut donc évaluer s’il est préférable de se munir de ressources internes ou de faire appel à un fournisseur de services externe. La qualité de la plateforme et le coût de maintien seront les deux principaux éléments à considérer.

L’intégration d’outils de gestion de la performance requiert des efforts et cela représente un obstacle pour la plupart des entrepreneurs forestiers. Il faut prévoir des enjeux de communication avec des systèmes externes et des difficultés à combiner ces derniers avec certaines sources de données existantes. Il faut par la suite mesurer ces données, mais également suivre les résultats et surtout agir en conséquence. Le projet de recherche de l’Université Laval portant sur les entrepreneurs forestiers de récolte et de transport, PRÉfoRT, a démontré que sans accompagnement, la plupart des entrepreneurs laissent tomber leur système de gestion de la performance par manque de temps et de ressources internes.

En conclusion, le suivi de la performance au moyen de tableaux de bord est bénéfique pour l’entreprise. Cela permet non seulement d’avoir un œil sur les différents facteurs qui influencent la rentabilité ou l’atteinte des objectifs, mais également de pouvoir observer des tendances dans la variation de ces indicateurs et ainsi d’agir plus rapidement, au besoin. De plus, il est aussi possible de mesurer l’effet de certains changements organisationnels et de signaler certaines anomalies financières et opérationnelles.

Références :

Antoine Larochelle Benoit, ing.f. chez LBprofor

LBprofor offre des services professionnels en foresterie et encadre les entreprises pour le respect de leurs exigences et l’amélioration de leur performance. LBprofor utilise des tableaux de bord pour le suivi de la performance de ses opérations et elle encourage également sa clientèle à intégrer ces outils, et ce, en s’assurant de choisir judicieusement les indicateurs selon les objectifs définis.

Pour communiquer avec LBprofor, vous pouvez appeler au 819 791-4449 ou écrire à [email protected]

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La loi de l’impôt ne comporte que quelques paragraphes concernant les crédits d’impôt RS&DE. Au cours des années, la jurisprudence est venue compléter la loi en interprétant des cas particuliers où le contribuable était opposé à l’État.

L’une des causes les plus importantes de l’histoire de la RS&DE est celle de Northwest Hydraulics c. La Reine, en 1997. L’un des litiges portait sur ce qui constituait ou non un projet de RS&DE admissible. Le Juge Bowman avait alors statué sur les fameux trois critères (exprimés sous la forme de cinq questions) qui permettent de définir une activité de RS&DE : l’incertitude technologique, l’avancement technologique et la présence d’une investigation systématique. Cette manière de définir la RS&DE, reprise et reconfirmée par la suite, est devenue une pierre d’assise du programme. Ce ne sont toutefois pas toutes les causes qui ont autant d’impact que celle de Northwest Hydraulics.

D’autres causes ont permis récemment de préciser ou de confirmer certains aspects du volet scientifique/technologique. Nous en examinerons brièvement une pour illustrer les leçons qu’on peut tirer de cette jurisprudence :

Joel Theatrical Rigging (JTR) Contractors (1980) Ltd. vs The Queen

Réf. : http://decision.tcc-cci.gc.ca/tcc-cci/decisions/en/item/218140/index.do

Dans cette cause rendue en juillet 2016, l’entreprise contestait le refus de ses projets de RS&DE par l’ARC, qui jugeait qu’ils ne répondaient pas aux critères d’admissibilité scientifique.

L’un des projets consistait à développer un dispositif constitué d’un moteur actionnant un système hydraulique pour activer la descente à vitesse contrôlée d’un rideau coupe-feu sur une scène de théâtre. La pratique courante en ce domaine consistait à utiliser un encombrant système de contrepoids pour effectuer la même fonction.

Le juge a entériné la décision de l’ARC selon laquelle les problèmes rencontrés pour atteindre les objectifs pouvaient être résolus par de l’ingénierie de routine. Cette dernière est habituellement définie comme étant « l’ensemble de techniques généralement accessible à des professionnels compétents dans le domaine ».

Dans l’analyse d’une cause, les raisons sur lesquelles le juge s’est basé et la démarche qu’il a suivie sont aussi importantes que la décision elle-même. On relève dans l’argumentaire de ce jugement les points suivants, lesquels devraient être pris en compte lorsqu’on détermine l’admissibilité d’activités de RS&DE :

  • Il n’est pas clair que le projet ait été réalisé par des gens compétents dans le domaine : les employés ayant travaillé sur le projet n’avaient pas de diplôme technique ni d’expérience en conception mécanique ou hydraulique. Ils n’ont pas non plus fait appel à des ressources externes spécialisées. « (…) the research teams did not include any professional engineers or researchers who held a university degree in engineering, and as none of the researchers with limited engineering training were called as witnesses (…)».
  • Il n’y a pas eu de formulation correcte d’hypothèses à la base de plusieurs essais de la démarche. Le juge en donne plusieurs définitions tirées de différents contextes et en retient la notion simplifiée qu’une hypothèse doit être formulée comme un énoncé devant être testé : « In other words, a hypothesis is a statement to be tested by an experiment or a trial. »
  • Il y a eu un manque de rigueur dans la démarche expérimentale. Par exemple, lors des essais, la vitesse de descente du rideau n’a pas été mesurée : « It seems to me that, if the scientific method had been used (i.e., if there had been systematic observation, measurement and experiment), Mr. Marineau and his colleagues would have determined the precise weight used in the experiments and would have precisely measured the duration of the descent in each experiment so that they could determine whether, as they moved from one experiment to the next, the duration of the descent was increasing or decreasing.»

Relativement au point 2 ci-dessus, on peut penser que ces hypothèses peuvent être implicites dans chaque itération de conception. Mais encore faut-il qu’on puisse les reconstituer à partir des faits et qu’elles soient spécifiques et innovantes. Une bonne hypothèse à la base d’un essai est ce qui distingue principalement une investigation systématique d’une démarche par « essais et erreurs ».

Le point 3 est un argument assez rarement utilisé en jurisprudence pour infirmer la présence de RS&DE. Notons toutefois que, dans ce cas particulier, le juge ne met pas la barre très haute en matière de rigueur scientifique.

Il ressort néanmoins un aspect positif dans les commentaires de ce jugement : le juge réitère que la documentation contemporaine, bien que souhaitable, n’est pas essentielle pour démontrer l’existence de RS&DE : « Although Northwest Hydraulic indicated that one of the criteria of SR&ED is a detailed record of hypotheses, tests and results, some cases have suggested that this particular criterion may not be absolutely essential. »

Cette cause constitue un autre cas où l’on constate que les projets de RS&DE en mécanique appliquée sont difficiles à défendre. La pratique courante est très vaste en ce domaine et l’on doit s’en démarquer de manière convaincante. Il importe aussi que le travail soit effectué par du personnel à la fine pointe de la technologie et qu’une démarche rigoureuse de développement soit adoptée.

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Un budget teinté par la prudence et donnant la priorité aux services à la population

Budget provincial, 28 mars 2017

Le quatrième budget du ministre des Finances, Carlos Leitão, demeure équilibré et mise principalement sur des investissements importants en éducation, en santé et dans les transports en commun.

Baisse d’impôt pour les particuliers

Une baisse du fardeau fiscal des particuliers est annoncée, avec notamment le devancement de l’abolition de la contribution santé à 2016 pour tous les contribuables ayant gagné moins de 134 000 $. De plus, à compter du 1er janvier 2017, l’augmentation à 14 890 $ de la première tranche de revenu protégée de l’impôt générera une baisse d’impôt qui profitera à tous les contribuables imposables du Québec. Cet ajustement diminuera ainsi de près de 295 M$ le fardeau fiscal pour 2017-2018, ce qui représente une somme d’un peu plus de 1,4 G$ sur cinq ans.

Priorité à la santé et à l’éducation

Sans grande surprise, le gouvernement du Québec a procédé à l’annonce d’une bonification des investissements en santé et en éducation. Pour le premier secteur stratégique, le gouvernement porte le niveau de dépenses à 4,2 % pour 2017-2018, ce qui se traduit par une hausse supplémentaire de 742 M$ pour atteindre, en 2018-2019, une bonification de 1,2 G$.

Quant au secteur de l’éducation, un investissement additionnel de 3,4 G$ vient de voir le jour pour les cinq prochaines années. La réussite éducative étant au cœur de ce budget, le gouvernement réserve 1,5 G$ de cette somme supplémentaire à l’enseignement supérieur.

Transport collectif

Le transport en commun n’est pas en reste dans ce budget. En plus d’investir dans trois projets majeurs générateurs d’emplois (le Réseau électrique métropolitain avec un investissement annoncé de 1,3 G$, le prolongement de la ligne bleue et le service rapide par bus à Québec et à Lévis), le gouvernement consacrera plus de 800 M$ au financement des transports collectifs pour les cinq prochaines années, dont 475 M$ pour l’Autorité régionale de transport métropolitain et 333 M$ de contribution supplémentaire aux coûts d’exploitation du transport collectif dans l’ensemble des régions du Québec.

Emplois et entreprises

Les entreprises ont besoin de plus de moyens pour atteindre leur plein potentiel. Le budget leur apporte un vent de fraîcheur. L’acquisition de talents est cruciale pour favoriser l’essor des entreprises. Désormais, en matière d’emplois, 289 M$ additionnels seront alloués à la mise en place de mesures visant à développer la main-d’œuvre. Au cours des cinq prochaines années, des ressources supplémentaires totalisant 834 M$ viendront s’ajouter en recherche et en innovation, dont une somme de 118 M$ pour la stratégie des sciences de la vie et une autre de 100 M$ destinée à la création d’une super-grappe scientifique et industrielle en intelligence artificielle. De plus, le prochain plan d’action gouvernemental en entrepreneuriat sera doté de crédits additionnels de 70 M$, et un montant de 35 M$, octroyé pour favoriser l’entrepreneuriat chez les jeunes, entre autres. Enfin, l’investissement de 200 k$ par année sur deux ans se révèle judicieux pour favoriser l’entrepreneuriat des personnes immigrantes en région, un projet soutenu par le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec.

Fiscalité des entreprises

En matière de fiscalité, notons que le gouvernement bonifie deux mesures de soutien à l’investissement des entreprises, ce qui représente un allégement fiscal de 165 M$ sur cinq ans, avec :

  • la prolongation de trois ans de la période d’admissibilité au congé fiscal pour grands projets d’investissement;
  • l’instauration d’une déduction additionnelle pour amortissement destinée à appuyer la modernisation et la productivité des entreprises.

Pour en savoir davantage sur les autres mesures fiscales annoncées dans le budget 2017-2018, consultez les pages suivantes.

Bonne lecture!