Nicolas Plante
Associé | MGP, PMP | Conseil en management

Cinq éléments pour faciliter la mise en œuvre de la planification des ressources à long terme

Depuis de nombreuses années, les municipalités font face à des défis de gestion importants. Leurs coûts d’exploitation sont en constante augmentation, puisqu’elles sont appelées à offrir de plus en plus de services aux citoyens (transport, voirie, services de loisirs, etc.). En revanche, leurs revenus n’augmentent pas au même rythme, puisqu’ils proviennent presque exclusivement des taxes foncières. Les marges de manœuvre des municipalités sont donc grandement réduites.

De plus, leur situation ne risque pas de s’améliorer au cours des prochaines années, puisque les paliers de gouvernement supérieurs ne semblent pas enclins à remédier à ce déséquilibre budgétaire. Dans ce contexte, la planification méticuleuse des investissements est l’une des solutions à privilégier par les municipalités pour leur permettre de mener à bien leurs projets de développement.

Des investissements majeurs

En raison de ce déséquilibre entre les besoins financiers des municipalités et leurs capacités de payer, il s’est accumulé au cours des dernières années un important déficit d’entretien des infrastructures. Bien qu’une contribution des gouvernements supérieurs ait permis un certain rééquilibrage du déficit par la mise en place d’un programme destiné aux infrastructures municipales, les municipalités font face à d’importants défis, le programme instauré par le gouvernement fédéral exigeant tout de même une contribution des municipalités d’au moins un tiers du financement des projets. Il va sans dire que de telles dépenses peuvent être majeures pour certaines petites municipalités.

Les municipalités sont également confrontées à d’autres défis relatifs à de nouvelles dépenses. À l’égard de la protection de l’environnement et du développement durable, par exemple, la nouvelle politique québécoise de gestion des matières résiduelles fixe des objectifs ambitieux pour les prochaines années, notamment l’interdiction d’enfouir des matières résiduelles organiques dans les lieux d’enfouissement technique à partir de 2020. Or, pour atteindre de tels objectifs, des investissements majeurs en équipements et en coûts d’exploitation devront être planifiés.

En ce qui a trait à la sécurité publique, la mise en œuvre du schéma de couverture de risques entraînera des investissements et, notamment, l’ajout de ressources additionnelles au sein de certaines municipalités.

Tout comme de nombreuses organisations, les municipalités sont confrontées à des difficultés de pénurie de main-d’œuvre et de compétitivité des salaires, en plus de faire face aux importants déficits actuariels des régimes de retraite des employés municipaux. Dans un tel contexte, les municipalités affrontent des enjeux de gestion complexes où les revenus générés par les impôts fonciers ont atteint leurs limites.

Comment s’assurer alors que l’on fournit les services adéquats tout en respectant la capacité de payer des contribuables ? Comment s’assurer que l’on met en œuvre les meilleures stratégies financières et que l’on finance les projets les plus porteurs tout en maintenant un niveau d’endettement raisonnable?

Une planification financière stratégique à long terme

La planification financière stratégique à long terme est certainement la formule à privilégier. Elle permet aux élus et aux gestionnaires municipaux de se doter d’une vision commune des priorités et des enjeux de la municipalité. Elle permet également d’obtenir un portrait clair des coûts d’exploitation, des investissements nécessaires et des impacts sur la dette de la municipalité et, incidemment, sur le compte de taxes des citoyens. Cette vision commune des projets incite finalement la municipalité à être proactive en élaborant les meilleures stratégies fiscales pour ses citoyens.

Afin de réaliser une planification financière à long terme, voici un bref aperçu des cinq étapes nécessaires :

  • Établir les principes financiers qui guideront les décisions d’investissement;
  • Recenser et documenter l’ensemble des projets et des nouvelles activités qui auront une incidence sur les finances de la municipalité;
  • Définir les différentes hypothèses servant aux projections financières;
  • Simuler les résultats à partir de l’ensemble des projets et des nouvelles activités à prévoir et en analyser les impacts sur le service de la dette, sur l’évolution des dépenses et sur l’évolution de compte de taxes;
  • Établir les stratégies financières de l’administration municipale.

Enfin, étant donné les défis financiers de certaines municipalités, cette planification se révèle un outil essentiel. En plus de faciliter la préparation des budgets annuels, elle s’inscrit parfaitement dans les démarches de modernisation de la gouvernance des municipalités. Et surtout, au-delà du fait qu’elle incite à une gestion efficace des ressources, elle présente le grand avantage d’une gestion transparente des finances publiques municipales.

15 Mar 2012  |  Écrit par :

M. Plante est associé au sein du cabinet Raymond Chabot Grant Thornton. Il est votre expert en...

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L’industrie mondiale des aliments et des boissons a souffert de la récession et du malaise général qui s’en est suivi. Et tandis qu’une croissance régulière mais modérée semble être la norme dans plusieurs marchés, des difficultés subsistent. Le prix élevé des matières premières continue de miner la rentabilité. La consommation des ménages demeure léthargique, limitant du coup la capacité des sociétés qui oeuvrent dans les secteurs de l’alimentation à augmenter leurs prix.

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L’IASB a publié l’IFRS 13, Évaluation de la juste valeur. La norme :

  • explique comment évaluer la juste valeur en fournissant une définition claire et en introduisant un ensemble unique de directives pour (presque) toutes les évaluations de la juste valeur;
  • clarifie la façon d’évaluer la juste valeur lorsqu’un marché devient moins actif;
  • améliore la transparence grâce à des informations à fournir additionnelles.

L’IFRS 13 s’applique autant aux éléments financiers qu’aux éléments non financiers, mais n’aborde ni ne modifie les exigences concernant le moment où la juste valeur doit être utilisée.

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Jean-François Boudreault
Associé | Conseil en management

Votre supérieur s’absente quelques jours, quitte pour maladie ou démissionne sans avertissement. On vous propose d’assurer l’intérim de son poste le temps qu’un processus de remplacement formel s’organise. Acceptez-vous le défi?

Si le défi vous tente…

Refuser pourrait être mal vu par vos supérieurs, ce qui pourrait nuire à votre progression de carrière. Or, accepter cette position risquerait d’irriter certains de vos collègues de travail. Il s’agirait toutefois d’une occasion pour vous de relever plusieurs défis stratégiques et opérationnels, et d’obtenir davantage de visibilité et de mise en valeur de votre expérience et de vos connaissances.

Que vous acceptiez ou non, il s’agit, dans tous les cas, d’une décision qui ne peut être prise à la légère. Ce n’est pas une mince tâche que de devenir gestionnaire, encore moins de le devenir pour des collègues.

De fait, subitement, les collègues et confrères de travail deviennent des subalternes. Et dans la mesure où il se peut qu’après quelque temps, vous deviez revenir à votre poste d’origine, les décisions importantes qui peuvent changer la dynamique de l’équipe doivent être prises méticuleusement, et idéalement en concertation avec les supérieurs.

Vous acceptez, bravo!

Maintenant, voici comment aborder votre nouveau défi en six éléments qui pourraient vous aider à mener à bien votre mandat. Ces conseils pourraient également faire augmenter vos chances de réussite et vous aider à obtenir de façon permanente cette nouvelle responsabilité :

1.  La première chose qu’il importe de savoir est la période de temps pour laquelle on vous transmet ces responsabilités. Savoir pour combien de temps vous serez en poste aura une influence majeure sur la façon dont vous pourrez assurer la gestion de votre équipe. Il arrive parfois – surtout en cas de congé de maladie – que cette période ne puisse être déterminée de façon précise. Il importe alors de redoubler de doigté pour doser vos interventions et élargir vos champs d’action au fur et à mesure que l’intérim se prolonge. Si le mandat est de courte durée, vous vous devrez de concentrer votre énergie sur les opérations courantes et le roulement quotidien. Enfin, si on vous confie un intérim pour une durée prolongée, il vous sera alors essentiel d’élaborer un plan stratégique plus exhaustif (mobilisation du personnel, enjeux, orientation, etc.)

2.  Il est primordial de déterminer avec votre patron, le conseil d’administration ou toute autre autorité pertinente, les tâches, les responsabilités et le pouvoir qui vous seront accordés pendant cet intérim. Des éléments comme l’achat de nouveaux systèmes informatiques, la modification de certaines orientations stratégiques et l’autorité de congédier des ressources doivent être précisés avant que vous n’entriez en poste, sans quoi des conflits autant avec les collègues qu’avec la direction pourraient surgir. Cet aspect est étroitement lié avec la durée de l’intérim dont il a été question précédemment.

3.  Présenter régulièrement l’avancement des dossiers aux supérieurs est une stratégie doublement gagnante puisqu’elle vous permettra d’obtenir l’appui de la direction et également – et c’est à ne pas négliger – de mettre en valeur vos bons coups. Les patrons se souviendront des services que vous leur aurez rendus durant cet intérim et pourraient être enclins à majorer vos tâches s’ils ne vous octroient pas le poste.

4.  N’hésitez pas à vous faire aider. Vos supérieurs sont conscients du fait que vous aurez une période d’adaptation à traverser et que vous aurez probablement besoin d’un coup de pouce pour mener à bien certains dossiers. N’hésitez pas à faire appel à des ressources, internes ou externes, pour vous accompagner. Il est dans l’intérêt de l’organisation que tout se passe le mieux possible.

5.  Multipliez les communications avec vos ressources. Dans un cas comme celui de l’intérim, il est de mise d’être clair et transparent lors de la prise de décisions majeures. Rappelez-vous que les gens vous observent et vous jugent dans votre nouveau rôle et que votre mandat n’est peut-être pas définitif. Vous gérez une équipe sans avoir totalement l’autorité sur vos employés.

6.  Prêchez par l’exemple et adoptez une bonne attitude. Afin de ne pas nuire à votre image et à votre réputation, n’oubliez pas que vous faites toujours partie de l’équipe au sein de laquelle vous étiez. À titre d’exemple, avantager certains de vos anciens collègues par rapport à d’autres ou vous octroyer certains privilèges qui vous auraient été refusés à titre d’employé pourrait faire en sorte que certaines personnes vous en tiennent rigueur, ce qui pourrait assombrir votre retour dans l’équipe en tant que collègue. Il est donc primordial de demeurer juste et équitable.

Finalement, rappelez-vous qu’accepter une promotion est une occasion de vivre une expérience enrichissante et très formatrice. C’est aussi l’occasion de vous tester et de mieux vous connaître puisque l’intérim vient inévitablement avec des défis. Il importe cependant d’y être bien préparé.

Cette occasion constitue une réelle vitrine pour vous faire valoir et gravir les échelons de l’organisation. Et qui sait si ce n’est pas le début d’une longue carrière de gestion…

17 Fév 2012  |  Écrit par :

Jean-François Boudreault est associé au sein de Raymond Chabot Grant Thornton. Il est votre expert...

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