Avec la réouverture progressive de l’économie, le marché des fusions et acquisitions se redresse graduellement. Que faut-il prévoir pour la suite?

Le marché des fusions et acquisitions (F&A) prépandémie au Canada était très stable, même à la hausse. Les perspectives canadiennes étaient très favorables pour les vendeurs. Toutefois, la pandémie a causé des perturbations dans le monde des F&A et plusieurs entreprises se sont mises sur pause ou ont annulé des transactions.

Dans un récent webinaire, nos experts ont discuté de l’état du marché actuel ainsi que de leurs prévisions des enjeux de financement avec un invité spécial, M. Éric Doyon, associé directeur chez Walter Capital Partners.

Des impacts économiques sans précédent

Neuf transactions sur dix ont été retirées du marché ou mises sur pause pendant une certaine période à cause du manque de visibilité de la performance financière à moyen et long terme sur les entreprises, menant à des incertitudes globales et à la préservation des liquidités.

Il est certain qu’il est très important pour chaque entrepreneur d’être vigilant dans cette économie incertaine, mais de meilleurs jours sont à venir. Avec le déconfinement graduel des activités économiques, les entreprises pourront revisiter leur plan de fusions et d’acquisitions et même prendre avantage d’occasions qui se présenteront.

Proactivité et innovation : essentielles pour la relance

Au Canada, nous nous trouvons présentement dans la période de récupération et de relance. Grâce à la réouverture des économies américaine et canadienne, après seulement quelques mois de crise, nous sentons déjà une certaine reprise du marché transactionnel.

Malgré les grandes difficultés rencontrées par les entreprises, certaines se sont montrées résilientes et d’autres en forte progression. La proactivité et l’innovation de plusieurs organisations, surtout dans le commerce de détail, ont mené à un repositionnement de leurs activités sur le web, ce qui, pour certains, a fait exploser les ventes de 200 à 300 %. Ainsi, plusieurs réévaluent maintenant leurs priorités afin d’investir davantage dans une plateforme de vente en ligne pour leur succès futur.

Notre point de vue : nos prévisions pour la suite

Nous constatons une demande dans le marché et voyons déjà des reprises de transactions menant à une continuité des affaires. Avec la confiance des entrepreneurs et des perspectives plus optimistes, dont la reprise des bourses nord-américaines, ainsi que plusieurs occasions d’affaires attrayantes, le marché des F&A reprendra graduellement.

Nous prévoyons tout de même un changement en ce qui a trait à la structure des transactions, puisque les valeurs de prix de vente et les clauses d’indexation sur les bénéfices futurs (earnouts) seront de plus en plus communes. La façon dont les effets de la COVID-19 seront considérés dans les analyses des prêteurs et des investisseurs n’est toujours pas certaine. Ils seront possiblement plus sélectifs sur les transactions sélectionnées, mais ces partenaires se sont tout de même montrés très flexibles jusqu’à maintenant afin de favoriser l’entrepreneur, et ce, malgré le contexte.

Ainsi, avec la relance des fusions et acquisitions, les investisseurs et les prêteurs vont continuer de miser sur les entreprises qui ont une équipe de gestion solide, un modèle d’affaires prouvé et qui opèrent dans des secteurs en croissance. L’entrepreneur devra donc démontrer que l’entreprise et l’équipe de gestion ont bien navigué à travers la crise, principalement en termes d’agilité, de flexibilité, de contrôle des coûts et de rétention.

Par ailleurs, un entrepreneur qui décide de vendre aujourd’hui doit approcher cette étape avec une certaine ouverture. Les évaluations seront sous pression, puisqu’on remarque une diminution des leviers disponibles dans les structures de transaction, ce qui demandera beaucoup plus de créativité opérationnelle et financière.

Nous restons optimistes sur le volume de transactions à long terme. Avec la stabilisation de la pandémie, plusieurs acheteurs seront prêts à transiger : beaucoup de capital demeure disponible sur le marché. Il s’avère néanmoins important, pour un entrepreneur, de ne pas prendre des décisions d’exploitation précipitées qui maximiseraient les bénéfices à court terme et la valeur de la transaction au détriment de la création de valeur à long terme.

Pour en apprendre davantage sur la relance des F&A et du financement, visionnez notre webinaire.

Article suivant

L’équipe IFRS de Grant Thornton International a publié le document intitulé COVID-19 – Accounting Considerations for CFOs: Government Grants (en anglais seulement).

En réponse à la pandémie mondiale de COVID-19, les gouvernements du monde entier instaurent des mesures afin d’aider les économies et les entreprises à s’en sortir. La nature des subventions gouvernementales peut prendre différentes formes; prêts dont les taux sont inférieurs à ceux du marché, subventions pour le travail à court terme, fonds d’aide et crédits d’impôt fondés sur le revenu en sont quelques exemples.

Bien que de nombreuses formes d’aide gouvernementale doivent être comptabilisées selon la norme IAS 20 Comptabilisation des subventions publiques et informations à fournir sur l’aide publique, certaines doivent être régies par d’autres normes, notamment IAS 12 Impôts sur le résultat. Les entités devront donc évaluer la substance économique de toute aide gouvernementale qu’elles reçoivent afin de déterminer le traitement comptable approprié.

La publication COVID-19 – Accounting Considerations for CFOs: Government Grants aborde quatre questions clés à considérer avant de déterminer le traitement comptable approprié pour cette forme d’aide :

  • L’aide gouvernementale entre-t-elle dans le champ d’application d’IAS 20 ou d’une autre norme?
  • Quelle est la façon adéquate de procéder à la comptabilisation et à l’évaluation?
  • L’aide est-elle comptabilisée dans la bonne période?
  • De quelle manière l’aide gouvernementale reçue doit-elle être présentée dans les états financiers?

Article suivant

L’International Accounting Standards Board (IASB) a publié une série de modifications de portée limitée aux normes IFRS, notamment des modifications touchant trois normes ainsi que des améliorations annuelles des IFRS portant sur des modifications mineures non urgentes (mais nécessaires) à quatre normes.

Consultez les tableaux de l’Alerte de votre conseiller qui présentent un sommaire de ces changements.

Article suivant

Christiane Caisse
Directrice principale | CPA, CA, M. Sc. | Conseils financiers

Le coût de revient permet d’améliorer la rentabilité et revêt donc une importance capitale pour toute entreprise, incluant les entreprises de service. C’est particulièrement vrai en ces temps d’incertitude.

Tout comme les entreprises de fabrication, les entreprises de service sont en constante évolution et elles devront s’outiller mieux que jamais pour garder le cap et consolider leurs exploitations afin de faire face aux aléas des prochains mois. Les gestionnaires se doivent d’avoir en main l’ensemble de l’information nécessaire afin de prendre des décisions éclairées et d’assurer la performance financière de l’entreprise.

Par définition, le coût de revient est la somme de toutes les dépenses nécessaires à la production d’un bien et à la finalisation d’un service.

Établir le coût de revient : pour des décisions éclairées

Connaître et maîtriser le coût de revient de ses services procure plusieurs avantages, soit :

  • déterminer le prix de vente des services;
  • prendre des décisions éclairées sur les contrats (car dans son processus de négociation avec le client, le gestionnaire est davantage en mesure de comprendre les marges disponibles);
  • reconnaître les services rentables et ceux qui ne le sont pas.

Dans plusieurs entreprises, le coût de revient est un outil de gestion négligé, soit par manque de temps, soit par manque de connaissances.

Ainsi, beaucoup de gestionnaires naviguent en eaux troubles et ne peuvent s’appuyer sur le coût de revient dans les nombreuses décisions stratégiques qu’ils doivent prendre.

Voici des éléments qui démontrent que vous auriez besoin de mettre à jour ou de revoir votre coût de revient :

  • Vous avez dû revoir vos priorités à cause de la pandémie;
  • Votre coût de revient a été mis à jour il y a plus d’un an;
  • Vous avez effectué des changements importants au sein de votre entreprise;
  • Vous avez élargi votre gamme de services et vous ne savez pas à quel prix vendre vos nouveaux services;
  • Vous n’êtes pas sûr d’avoir inclus tous les coûts pertinents dans votre coût de revient;
  • Votre marge de profit réelle ne reflète pas la marge de profit estimée au moment de la soumission.

Calculer le coût de revient

Afin d’évaluer le coût de revient d’un service, il faut comprendre que celui-ci est composé de plusieurs éléments :

  • Salaires;
  • Sous-traitance;
  • Frais d’exploitation;
  • Frais de vente;
  • Frais d’administration.

Lors de l’établissement du coût de revient, un des pièges les plus communs est d’évaluer le taux horaire d’une ressource en fonction des heures travaillées au lieu de prendre en considération les heures productives (vacances et autres jours de congé, pauses et formations).

Par exemple, si l’on considère un employé au taux horaire de 25,00 $ incluant les avantages sociaux, cela équivaut à un salaire annuel avec avantages sociaux de 52 000 $ par année. Cette charge annuelle considérée en fonction du nombre d’heures productives par année (52 000 $/1 660 heures pour notre exemple) donne un taux horaire productif de 31,33 $. C’est ce taux qui devrait être pris en compte lors de l’évaluation d’un contrat de service et non le taux horaire de 25,00 $.

Au cours de l’évaluation du coût de revient de vos services, vous serez confronté à plusieurs pièges. Un de ceux à éviter serait de remettre le projet à plus tard ou d’attendre d’obtenir de l’information précise à 100 % afin d’établir le coût de revient. N’oubliez pas que, comme votre entreprise, le coût de revient est un processus en constante évolution.

22 Juin 2020  |  Écrit par :

Christiane Caisse est votre experte en conseils financiers pour le bureau de Sherbrooke. Communiquez...

Voir le profil