Notre industrie touristique unique est mise à rude épreuve, mais sa capacité de résilience est grande. Tour d’horizon des enjeux et solutions.

Le 22 juin 2020, le président et chef de la direction de Raymond Chabot Grant Thornton, Emilio B. Imbriglio, partageait l’écran avec Liza Frulla, directrice générale de la plus grande école hôtelière au Canada, l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ). Ils ont échangé sur les enjeux auxquels le tourisme est soudainement confronté à cause de la pandémie de COVID-19 et sur le rôle de l’ITHQ dans ce contexte bien particulier. (Pour entendre en entier cet échange convivial et instructif, visionnez la vidéo en ligne.)

La recette du tourisme : le volume et les talents

Mme Frulla est très optimiste quant à la capacité de résilience de l’industrie du tourisme québécois. Selon elle, celle-ci se distingue de bien d’autres à travers le monde et les passionnés qui la composent lui permettront de rebondir.

« C’est une industrie [remplie de gens] de talents. Au niveau de la restauration, le Québec est considéré comme la capitale gastronomique de l’Amérique du Nord. Il y a de petits bijoux […] dans les grandes villes comme Montréal et Québec, mais aussi dans toutes les régions de la province. C’est ce qui fait notre réputation gastronomique et qui nous permet d’attirer les touristes », soutient-elle.

Malgré tout, il faut prendre conscience des nouveaux défis provoqués par la pandémie. « C’est important en tourisme d’avoir du volume, et les régions risquent de s’en tirer mieux que Montréal, car le tourisme d’affaires et l’événementiel [sont essentiellement concentrés dans] la grande métropole », pointe Mme Frulla.

En ce qui concerne les restaurateurs, à la différence de plusieurs autres industries, de nombreux propriétaires ont démarré leur entreprise avec du love money, ce qui pose certaines difficultés selon la directrice générale de l’ITHQ, notamment pour obtenir l’endossement d’une institution financière. D’après Mme Frulla, les restaurateurs ont non seulement besoin de soutien financier, mais profiteraient également d’une révision complète de la dynamique économique du système qui les régit.

L’expérience client et les restaurants

Les mesures dictées par la direction générale de la santé publique, notamment la distanciation sociale, auront forcément un impact sur l’expérience client. Mme Frulla croit qu’il faut « […] jouer le jeu! Il faut que le consommateur se dise : mon goût d’aller au restaurant, mon goût de sortir, mon imagination vont suppléer à ces contraintes-là ».

Le Restaurant de l’ITHQ a rouvert ses portes pour trois semaines, avec en cuisine deux chefs professeurs et leurs étudiants en fin de formation. Mme Frulla prend cet exemple et indique que les 64 places ont été réduites à 32 et qu’un plexiglas protègera les gens d’une même table n’habitant pas sous le même toit. Le port du masque et de la visière pour les équipes est évidemment de mise.

« On teste tout ça en nos murs et on développe plusieurs webinaires de formation. L’ITHQ est un leader dans l’industrie, nous prenons notre rôle au sérieux. »

Profitons du Québec!

Malgré le contexte, Mme Frulla fait ressortir le côté positif de cette crise : il s’agit d’une occasion exceptionnelle de redécouvrir notre magnifique territoire. « Il y a la mer en Gaspésie, il y a le Bic, il y a Charlevoix qui est formidable. De toute façon, il n’y a rien de plus beau que l’été au Québec ».

L’aide de 753M$ pour le tourisme, annoncée récemment par le gouvernement du Québec, a par ailleurs été reçue de façon mitigée par l’industrie. « [L’aide prendra la forme de] prêts très avantageux. L’industrie dit : parfait, merci beaucoup, mais si je ne suis pas sûr de passer l’automne, je ne suis pas sûr de vouloir m’endetter de nouveau ».

Pour créer le volume nécessaire à la bonne marche de l’économie et encourager la reprise du tourisme partout au Québec, l’annonce des 20 M$ pour les Québécois qui prendront des vacances ici est toutefois une bonne nouvelle, selon Mme Frulla. « À la SÉPAQ, en vous donnant une réduction, on vous encourage à visiter la province. Cette entente est historique. [On cherche à] vous donner le goût et l’habitude [de voyager au] Québec ».

Des éléments perfectibles et d’autres actions nécessaires

Mme Frulla prévient entre autres qu’en dépit du fait que plusieurs propriétaires immobiliers et hôteliers sont québécois, notamment dans le tourisme d’affaires, « il ne faudrait pas [que ceux-ci] décident de lancer la serviette et que des propriétaires étrangers […] décident de prendre l’immobilier qui nous appartient. On ne veut pas […] être locataire dans notre propre maison ».

À la question du président de la firme sur les autres actions nécessaires pour assurer la pérennité des organisations, la directrice générale de l’ITHQ est d’avis que « [l’enjeu tourne] toujours autour des frais fixes et des taxes : un congé de taxes, un congé de frais fixes [serait bienvenu] ».

L’industrie du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration a des retombées économiques très importantes dans plusieurs régions du Québec. Si Mme Frulla était maire d’une municipalité, quel serait son premier réflexe? « Les maires ont la responsabilité de dire : je vais [faire tout mon possible pour] avoir du tourisme dans ma ville, dans ma région. […] Le tourisme, on ne peut pas vraiment s’en passer ».

En ce qui concerne les événements majeurs, à Montréal par exemple, Mme Frulla soulève qu’il faudra que ça redevienne spectaculaire, et pour ce faire, du financement sera nécessaire le plus rapidement possible. Une demande du Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI) pour la mise sur pied d’un fonds d’urgence fédéral est d’ailleurs en préparation.

Le rôle de l’ITHQ

À titre d’école de gestion hôtelière, « […] on va continuer à mettre l’emphase sur le management et la recherche, souligne Mme Frulla. L’ITHQ est le seul établissement au Canada à offrir des programmes dans les trois ordres d’enseignement (secondaire, collégial et universitaire). Avec nos deux unités de recherche, on [participe à servir] le tourisme au sens large ».

Dans le contexte de la COVID-19, l’ITHQ a développé plusieurs formations en ligne, notamment sous forme de webinaires. L’utilisation des technologies numériques est d’ailleurs encouragée par l’institution. « On travaille avec tous les secteurs du tourisme. On essaie d’aider. C’est notre mission de professionnaliser l’industrie. »

Selon Mme Frulla, la pandémie aura au moins fait réaliser l’importance du tourisme auprès des gouvernements et démontré que toutes les professions dans cette industrie sont profitables pour la société.

 

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Avec la réouverture progressive de l’économie, le marché des fusions et acquisitions se redresse graduellement. Que faut-il prévoir pour la suite?

Le marché des fusions et acquisitions (F&A) prépandémie au Canada était très stable, même à la hausse. Les perspectives canadiennes étaient très favorables pour les vendeurs. Toutefois, la pandémie a causé des perturbations dans le monde des F&A et plusieurs entreprises se sont mises sur pause ou ont annulé des transactions.

Dans un récent webinaire, nos experts ont discuté de l’état du marché actuel ainsi que de leurs prévisions des enjeux de financement avec un invité spécial, M. Éric Doyon, associé directeur chez Walter Capital Partners.

Des impacts économiques sans précédent

Neuf transactions sur dix ont été retirées du marché ou mises sur pause pendant une certaine période à cause du manque de visibilité de la performance financière à moyen et long terme sur les entreprises, menant à des incertitudes globales et à la préservation des liquidités.

Il est certain qu’il est très important pour chaque entrepreneur d’être vigilant dans cette économie incertaine, mais de meilleurs jours sont à venir. Avec le déconfinement graduel des activités économiques, les entreprises pourront revisiter leur plan de fusions et d’acquisitions et même prendre avantage d’occasions qui se présenteront.

Proactivité et innovation : essentielles pour la relance

Au Canada, nous nous trouvons présentement dans la période de récupération et de relance. Grâce à la réouverture des économies américaine et canadienne, après seulement quelques mois de crise, nous sentons déjà une certaine reprise du marché transactionnel.

Malgré les grandes difficultés rencontrées par les entreprises, certaines se sont montrées résilientes et d’autres en forte progression. La proactivité et l’innovation de plusieurs organisations, surtout dans le commerce de détail, ont mené à un repositionnement de leurs activités sur le web, ce qui, pour certains, a fait exploser les ventes de 200 à 300 %. Ainsi, plusieurs réévaluent maintenant leurs priorités afin d’investir davantage dans une plateforme de vente en ligne pour leur succès futur.

Notre point de vue : nos prévisions pour la suite

Nous constatons une demande dans le marché et voyons déjà des reprises de transactions menant à une continuité des affaires. Avec la confiance des entrepreneurs et des perspectives plus optimistes, dont la reprise des bourses nord-américaines, ainsi que plusieurs occasions d’affaires attrayantes, le marché des F&A reprendra graduellement.

Nous prévoyons tout de même un changement en ce qui a trait à la structure des transactions, puisque les valeurs de prix de vente et les clauses d’indexation sur les bénéfices futurs (earnouts) seront de plus en plus communes. La façon dont les effets de la COVID-19 seront considérés dans les analyses des prêteurs et des investisseurs n’est toujours pas certaine. Ils seront possiblement plus sélectifs sur les transactions sélectionnées, mais ces partenaires se sont tout de même montrés très flexibles jusqu’à maintenant afin de favoriser l’entrepreneur, et ce, malgré le contexte.

Ainsi, avec la relance des fusions et acquisitions, les investisseurs et les prêteurs vont continuer de miser sur les entreprises qui ont une équipe de gestion solide, un modèle d’affaires prouvé et qui opèrent dans des secteurs en croissance. L’entrepreneur devra donc démontrer que l’entreprise et l’équipe de gestion ont bien navigué à travers la crise, principalement en termes d’agilité, de flexibilité, de contrôle des coûts et de rétention.

Par ailleurs, un entrepreneur qui décide de vendre aujourd’hui doit approcher cette étape avec une certaine ouverture. Les évaluations seront sous pression, puisqu’on remarque une diminution des leviers disponibles dans les structures de transaction, ce qui demandera beaucoup plus de créativité opérationnelle et financière.

Nous restons optimistes sur le volume de transactions à long terme. Avec la stabilisation de la pandémie, plusieurs acheteurs seront prêts à transiger : beaucoup de capital demeure disponible sur le marché. Il s’avère néanmoins important, pour un entrepreneur, de ne pas prendre des décisions d’exploitation précipitées qui maximiseraient les bénéfices à court terme et la valeur de la transaction au détriment de la création de valeur à long terme.

Pour en apprendre davantage sur la relance des F&A et du financement, visionnez notre webinaire.

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L’équipe IFRS de Grant Thornton International a publié le document intitulé COVID-19 – Accounting Considerations for CFOs: Government Grants (en anglais seulement).

En réponse à la pandémie mondiale de COVID-19, les gouvernements du monde entier instaurent des mesures afin d’aider les économies et les entreprises à s’en sortir. La nature des subventions gouvernementales peut prendre différentes formes; prêts dont les taux sont inférieurs à ceux du marché, subventions pour le travail à court terme, fonds d’aide et crédits d’impôt fondés sur le revenu en sont quelques exemples.

Bien que de nombreuses formes d’aide gouvernementale doivent être comptabilisées selon la norme IAS 20 Comptabilisation des subventions publiques et informations à fournir sur l’aide publique, certaines doivent être régies par d’autres normes, notamment IAS 12 Impôts sur le résultat. Les entités devront donc évaluer la substance économique de toute aide gouvernementale qu’elles reçoivent afin de déterminer le traitement comptable approprié.

La publication COVID-19 – Accounting Considerations for CFOs: Government Grants aborde quatre questions clés à considérer avant de déterminer le traitement comptable approprié pour cette forme d’aide :

  • L’aide gouvernementale entre-t-elle dans le champ d’application d’IAS 20 ou d’une autre norme?
  • Quelle est la façon adéquate de procéder à la comptabilisation et à l’évaluation?
  • L’aide est-elle comptabilisée dans la bonne période?
  • De quelle manière l’aide gouvernementale reçue doit-elle être présentée dans les états financiers?

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L’International Accounting Standards Board (IASB) a publié une série de modifications de portée limitée aux normes IFRS, notamment des modifications touchant trois normes ainsi que des améliorations annuelles des IFRS portant sur des modifications mineures non urgentes (mais nécessaires) à quatre normes.

Consultez les tableaux de l’Alerte de votre conseiller qui présentent un sommaire de ces changements.