
- La Loi 27 oblige désormais les employeurs à prévenir les risques psychosociaux, au même titre que les risques physiques.
- Une politique qui n’est pas appliquée n’a aucun effet sur le climat de travail.
- Les bonnes pratiques de gestion touchent tout le parcours de l’employé, de l’embauche à son développement.
- Bien formés, les gestionnaires sont le levier le plus direct pour réduire les risques psychosociaux.
La Loi 27 oblige les employeurs à prévenir les risques psychosociaux (RPS) liés au travail. Mais au-delà de cette obligation légale, elle offre aussi l’occasion de revoir certaines pratiques de gestion pour agir en amont sur le climat de travail, la mobilisation et l’expérience des employés.
Depuis octobre 2025, les risques psychosociaux font partie intégrante des démarches de prévention en santé et sécurité au travail au Québec, au même titre que les risques physiques. À titre d’employeur, vous devez désormais les identifier, faire participer vos employés à la recherche de solutions et mettre en place des mesures concrètes pour les réduire.
Cette nouvelle obligation peut vous apparaître comme une contrainte de plus. En réalité, elle vous invite surtout à vous poser une question essentielle : vos pratiques de gestion contribuent-elles à créer un milieu de travail sain ?
Le piège de la conformité minimale
Les risques psychosociaux ne sont pas qu’un enjeu de mieux-être : ils ont un effet mesurable sur votre entreprise. De 30 à 40 % des absences maladie et des cas d’invalidité dans les pays membres seraient liés à des problèmes de santé mentale. De plus, un climat de travail marqué par le stress ou l’anxiété pourrait aussi multiplier par 1,4 à 4 fois le risque d’accidents de travail, et par 1,5 à 4 fois celui de troubles musculosquelettiques.
Devant les exigences de la Loi 27, votre réflexe pourrait être de créer des politiques et des procédures visant à démontrer, notamment en cas de visite de la CNESST, que les mesures requises ont été mises en place.
Mais si ces mesures ne font que rester sur le papier et sont peu ou pas appliquées, elles auront peu d’effet pour atténuer les risques psychosociaux. La santé et la sécurité au travail ne doivent pas être perçues comme une simple obligation administrative, mais plutôt comme un engagement réel de votre part.
Une bonne pratique de gestion vise un résultat concret : réduire les sources de stress, améliorer le climat de travail, favoriser l’engagement des employés et diminuer l’absentéisme. Mais comment passer de la politique à la pratique quotidienne ?
Quelles pratiques permettent de prévenir les risques psychosociaux ?
Sur le terrain, la prévention se joue tout au long du parcours de l’employé, dès son embauche. Mais pour agir efficacement, il faut d’abord évaluer les risques psychosociaux présents dans votre organisation. De bonnes pratiques RH consistent notamment à :
- recruter des profils qui correspondent le mieux aux exigences du poste ;
- présenter clairement, dès le départ, la réalité du travail et ses principales contraintes ;
- structurer l’accueil et l’intégration afin que le salarié comprenne son rôle, ses priorités et les ressources à sa disposition ;
- l’aider à développer ses compétences au rythme de l’évolution des tâches ;
- ajuster la charge de travail et les priorités lorsque nécessaire ;
- agir rapidement si des difficultés sont signalées, plutôt que de les laisser s’installer.
Prenons un exemple concret : un nouvel employé arrive dans votre organisation sans accueil structuré. Il connaît mal ses tâches, ignore à qui s’adresser pour obtenir de l’aide et n’a peut-être même pas rencontré son supérieur. Résultat : il ressent du stress et une charge mentale importante. À l’inverse, celui qui reçoit un accueil bien structuré prend rapidement ses repères et gagne plus vite en autonomie.
Pourquoi les gestionnaires jouent-ils un rôle central ?
Les politiques prennent ainsi effet lorsqu’elles se traduisent dans les pratiques quotidiennes. Les gestionnaires occupent donc une place centrale dans la prévention des risques psychosociaux.
Mais bien gérer une équipe ne s’improvise pas. Savoir clarifier les attentes, répartir la charge de travail, donner de la rétroaction, reconnaître les signes de difficulté ou intervenir dans une situation tendue demande des compétences qui doivent être développées. Former les gestionnaires plutôt que de les laisser apprendre uniquement sur le tas leur permet d’être mieux outillés pour agir en amont et soutenir leurs équipes.
Et eux aussi y gagnent, car un climat de travail plus sain favorise la mobilisation des employés et le bon fonctionnement de l’équipe.
Comment faire participer les employés à la prévention ?
La Loi 27 renforce également la participation des travailleurs aux démarches de prévention. Ces mécanismes, qui n’étaient auparavant obligatoires que dans certains secteurs, sont désormais étendus à la plupart des milieux de travail : les entreprises de 20 employés et plus doivent se doter d’un comité paritaire en santé et sécurité, tandis que celles comptant moins de 20 employés doivent désigner un représentant SST.
Au-delà de l’obligation légale, cette participation permet surtout de mieux comprendre ce qui se vit au quotidien. Comme dirigeant ou gestionnaire, vous n’avez pas toujours une vue complète des difficultés rencontrées par vos équipes. Les employés peuvent notamment contribuer à :
- faire ressortir des enjeux qui ne sont pas forcément visibles ;
- mieux comprendre les causes d’un problème ;
- proposer des solutions adaptées à leur réalité ;
- vérifier si les dispositifs établis produisent les effets souhaités.
Comment pouvons-nous vous aider ?
Nos experts peuvent accompagner votre entreprise afin de :
- identifier les risques psychosociaux à l’aide d’un sondage conçu par des professionnels en psychologie du travail ;
- établir un plan d’action ciblé selon les enjeux propres à votre milieu ;
- mettre en place les mécanismes de collaboration requis par la loi, comme un comité paritaire ou un représentant SST ;
- développer des formations et des politiques adaptées à votre réalité.
L’objectif est de partir des défis que rencontre votre organisation afin de choisir les mesures qui auront le plus d’impact.
Vous vous demandez où en est votre entreprise face à ces nouvelles obligations de la Loi 27? Communiquez avec nous.