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Gains d’efficacité ou nouvelle valeur : jusqu’où va votre stratégie IA ?

Par: Jonathan Perrier

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IA : comment passer de l’optimisation à la transformation ?

Vous utilisez déjà l’intelligence artificielle (IA) pour accélérer certaines tâches, réduire des coûts ou dégager du temps. C’est un bon début. Mais si votre stratégie IA s’arrête là, vous risquez de passer à côté de l’essentiel.

La vraie question n’est plus seulement : « Où pouvons-nous utiliser l’IA ? » Elle devient : « Que voulons-nous devenir grâce aux possibilités qu’elle crée ? »

Car une organisation peut multiplier les outils et les cas d’usage sans transformer réellement ses façons de faire. L’IA peut améliorer ce que vous faites déjà. Elle peut aussi vous amener à revoir complètement la façon dont vous le faites, et surtout ce que vous pourriez faire de plus.

Ne pas confondre vitesse et transformation

Prenons un exemple courant : le traitement des comptes fournisseurs. Une facture est reçue, ouverte, saisie dans un système, vérifiée, comparée au bon de commande, autorisée, puis acheminée au paiement.

Vous pourriez intégrer de l’IA à différentes étapes pour accélérer le travail. La saisie prendrait moins de temps. Certaines vérifications seraient plus rapides. La productivité augmenterait. Mais le processus, lui, resterait essentiellement le même.

Une approche plus ambitieuse consiste à le repenser de bout en bout. Une facture pourrait alors être reçue, analysée, validée et acheminée de façon automatique, une personne n’ayant à intervenir qu’en cas d’incertitude ou d’anomalie.

La différence est importante. Dans le premier cas, l’IA améliore la façon de faire actuelle. Dans le second, elle vous amène à le repenser. 

C’est là que commence la transformation.

Jusqu’où voulez-vous aller ?

Tout dépend de ce que vous cherchez à accomplir. L’IA peut d’abord servir à améliorer l’existant, puis ouvrir la porte à des changements plus importants.

Au premier niveau, elle permet de faire mieux : travailler plus rapidement, réduire les erreurs, mieux exploiter les données, personnaliser une interaction ou soutenir une décision.

Elle peut ensuite enrichir ce que vous offrez. Un service devient plus personnalisé, une entreprise anticipe certains besoins de ses clients, une organisation publique améliore le parcours de ses usagers.

Enfin, la technologie peut contribuer à transformer plus profondément l’offre ou la façon de remplir votre mission. Cela peut mener à un autre marché, à de nouvelles capacités ou à des partenariats différents.

Toutes les organisations n’ont pas à aller aussi loin, et tous les projets ne doivent pas être transformateurs. L’important est de choisir consciemment la direction à prendre plutôt que de laisser les outils disponibles orienter votre démarche.

Que ferez-vous du gain obtenu ?

Revenons à l’exemple des comptes fournisseurs. Si l’automatisation diminue fortement la charge de travail, l’organisation peut convertir ce temps économisé en réduction de coûts. Elle peut aussi le réinvestir ailleurs.

L’équipe des finances pourrait, par exemple, se consacrer davantage à l’analyse ou enfin générer un tableau de bord réclamé depuis longtemps par les gestionnaires.

Même chose dans une entreprise manufacturière. Si l’IA optimise les découpes d’une matière coûteuse et limite les pertes, la matière récupérée pourrait-elle servir à fabriquer un autre produit ? Augmenter la production ? Desservir un autre marché ?

Les économies réalisées peuvent ainsi fournir des moyens pour aller plus loin, sans que chaque amélioration doive nécessairement déboucher sur une grande transformation.

Quand faire mieux ne suffit plus

Se concentrer uniquement sur l’optimisation comporte aussi des angles morts.

D’abord, travailler plus vite ou à moindre coût distingue rarement une organisation très longtemps lorsque ses concurrents ont accès aux mêmes outils.

Il faut également éviter d’améliorer sans cesse une façon de faire qui ne répond peut-être plus autant aux besoins.

Enfin, si vous regardez l’IA uniquement sous l’angle des coûts, vous risquez de concentrer vos efforts sur ce qu’il faut réduire plutôt que sur ce qu’il devient possible d’améliorer, de repenser ou de développer.

Ce que vos données peuvent révéler

Le potentiel ne se limite pas non plus à l’IA générative. L’analyse, la prédiction, la recommandation ou l’optimisation peuvent faire émerger des pistes difficiles à voir autrement.

L’exemple de Walmart est parlant. En analysant ses données de ventes, l’entreprise a constaté qu'à l'approche des ouragans, les clients de certains magasins du sud des États-Unis achetaient beaucoup de Pop-Tarts, en plus du matériel de préparation. Plutôt que de s'en tenir à ce constat, le détaillant a placé ces produits près des articles de survie, ce qui a stimulé encore plus les ventes.

Faites le test du ratio

Pour savoir où en est votre stratégie, regardez maintenant les projets d’IA que vous avez lancés. Servent-ils surtout à réduire un coût, un délai ou une tâche manuelle ? Certains améliorent-ils directement l’expérience de vos clients ou de vos usagers ? D’autres vous ont-ils ouvert des pistes que vous n’exploriez pas auparavant ?

Il n’existe pas de ratio idéal. Une organisation qui amorce sa démarche aura probablement davantage de projets d’optimisation, et c’est tout à fait normal.

Mais si, avec le temps, presque toutes vos initiatives demeurent concentrées sur la productivité interne, votre stratégie mérite peut-être d’être revue.

Le véritable potentiel de l’IA commence là où l’efficacité cesse d’être une fin en soi et devient le point de départ d’une transformation plus ambitieuse.