Ce premier budget du gouvernement libéral minoritaire et de la première ministre des Finances du Canada s’inscrit dans une volonté de relance économique… et verte!

À l’aube d’une probable élection générale, la ministre des Finances, l’honorable Chrystia Freeland, maintient ouvertes les vannes de l’aide économique avec un plan de relance de 100 G$ sur trois ans, sans pour autant prévoir de mesures à court terme visant à assainir les finances publiques.

Cela se traduit par de nombreux investissements importants où plusieurs contribuables trouveront leur compte, notamment les PME, moteurs économiques au pays.

Stimuler la reprise : quelques mesures phares

Subventions d’urgence aux entreprises

Parmi les mesures touchant les entreprises, notons la prolongation, jusqu’au 25 septembre 2021, de la Subvention salariale d’urgence du Canada, de la Subvention d’urgence du Canada pour le loyer et de la mesure de soutien en cas de confinement. En plus de la prolongation déjà annoncée du Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes, ces prolongations représentent un soutien supplémentaire de 12,1 G$.

Programme d’embauche pour la relance économique

De plus, le gouvernement crée un nouveau Programme d’embauche pour la relance économique, qui s’étendra de juin à novembre 2021 et offrira 595 M$ pour permettre aux entreprises de réembaucher plus facilement les travailleurs qu’elles ont dû congédier ou pour en embaucher de nouveaux.

Programme canadien d’adoption du numérique

Afin de soutenir quelque 160 000 PME canadiennes à investir dans les nouvelles technologies et l’innovation, le fédéral injecte 4 G$. Le Programme canadien d’adoption du numérique permettra également aux entreprises de bénéficier des conseils et de l’aide dont elles ont besoin pour tirer pleinement parti de ces nouvelles technologies. Le programme permettra de former 28 000 Canadiens – une communauté technologique canadienne – et de les intégrer aux PME.

Accélérateur zéro net

En matière de relance verte, le présent budget propose un investissement sans précédent de 5 G$ sur sept ans, à compter de 2021-2022, dans l’accélérateur zéro net. Cette somme s’ajoute aux 3 G$ déjà annoncés par le gouvernement visant à soutenir encore plus d’entreprises à investir pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Quelques mesures fiscales

Sur le plan fiscal en matière de déduction pour amortissement des entreprises, le budget vient autoriser la passation en charges immédiate d’investissements admissibles de sociétés privées sous contrôle canadien jusqu’à concurrence de 1,5 M$, et ce, pour chacune des trois prochaines années. Ces déductions plus importantes aideront 325 000 entreprises à faire des investissements essentiels et à réaliser des économies totales de 2,2 G$ au cours des cinq prochaines années.

Taxe sur les services numériques et sur les biens de luxe

Le budget propose également d’instaurer une taxe sur les services numériques, afin que tous paient leur juste part. Cette taxe de 3 % serait applicable aux revenus tirés des services numériques qui dépendent des contributions en données et en contenu canadiens. Cette mesure permettrait de tirer 3,4 G$ en recettes sur cinq ans, à compter de cette année.
Une nouvelle taxe de luxe voit le jour. Elle s’appliquera sur l’achat de voitures et d’avions privés d’une valeur de plus de 100 000 $ et sur l’achat de bateaux de plaisance d’une valeur supérieure à 250 000 $. Cela devrait rapporter 604 M$ en recette fiscale au gouvernement sur cinq ans.

Finances publiques : état et perspectives

Le déficit 2020-2021 se chiffre maintenant à 354,2 G$, alors qu’il devrait atteindre 154,7 G$ au terme de l’année financière 2021-2022. Le retour à l’équilibre budgétaire n’est pas prévu à moyen terme et le déficit prévu pour l’année financière 2025-2026 pourrait s’établir à 30,7 G$, soit légèrement en deçà du déficit prépandémie qui se chiffrait à 39,4 G$, en mars 2020. La dette fédérale passerait de 1 079 G$ à 1 411  G$ d’ici 2026.

Rappelons que Raymond Chabot Grant Thornton avait recommandé, dans ses soumissions prébudgétaires, des mesures fiscales audacieuses, applicables temporairement, visant à accélérer l’encaissement d’impôts latents, à des taux moindres, qui permettraient entre autres au gouvernement fédéral d’aller chercher des revenus supplémentaires à très court terme, sans augmenter les taxes et les impôts des contribuables canadiens. Ces sommes pourraient être allouées évidemment à la réduction de la dette pandémique.

Pour en savoir plus sur les mesures fiscales annoncées dans le budget fédéral 2021, consultez notre bulletin.

Article suivant

Michel St-Arnaud
Associé | CPA, CA | Certification

La pandémie aurait pu avoir des impacts catastrophiques sur les concessionnaires automobiles, mais le constat est tout autre.

Contrairement aux prévisions du début de la pandémie, où l’on croyait que les concessionnaires automobiles au Québec éprouveraient des difficultés financières, plusieurs concessionnaires ont plutôt affiché des résultats financiers supérieurs, et ce, excluant les subventions salariales qui leur ont été octroyées. Même les concessionnaires qui étaient en difficulté au départ ont finalement été performants.

Cette performance financière démontre à quel point les tendances des consommateurs ont changé pendant la pandémie. Le télétravail, les inquiétudes de distanciation sociale dans les transports en commun et les ventes en ligne semblent stimuler les intentions d’achat au Québec. Ces changements dans le comportement des consommateurs amènent les concessionnaires automobiles à revoir leur plan stratégique pour être prêts à saisir de nouvelles occasions d’affaires.

Achat en ligne et transformation numérique

Les problèmes d’approvisionnement liés à la pandémie ont toutefois causé des soucis aux concessionnaires. Au Québec et au Canada, ils ont connu une baisse de leurs ventes de véhicules neufs. Malgré tout, la vente de véhicules usagés, elle, a connu une forte augmentation au cours de la dernière année, grâce, notamment, au commerce en ligne.

Dans les dernières années, les concessionnaires automobiles ont vu croître fortement leurs ventes par l’entremise du commerce électronique. Entre 2016 et 2019, les ventes en ligne ont augmenté de 168 % pour atteindre 161,3 M$. D’ailleurs, l’achat d’un véhicule pourra bientôt se faire entièrement en ligne au Québec. Le gouvernement est sur le point d’autoriser la signature électronique de l’acte de vente par Internet.

Les consommateurs ont modifié leur comportement et favorisent de plus en plus l’achat en ligne, même pour des items coûteux comme une automobile. La vente en ligne de véhicules neufs et usagés s’est imposée pendant la pandémie, ce qui a accentué le besoin de transformation numérique pour les concessionnaires. Les habitudes d’achat en ligne risquent de demeurer, même lorsque la pandémie sera derrière nous.

L’innovation stratégique et technologique fait partie des solutions que les dirigeants de concessionnaires automobiles doivent mettre de l’avant pour assurer la pérennité de leur commerce. Il devient essentiel de proposer aux consommateurs des outils qui leur permettent de gagner du temps et de faciliter leur expérience d’achat. Les concessionnaires automobiles doivent se distinguer et anticiper les besoins de leur clientèle, et une planification flexible leur permettra de s’ajuster aux désirs mouvants des consommateurs.

De belles occasions de vente et d’achat

Avant la pandémie, plusieurs propriétaires qui n’avaient pas de relève hésitaient à vendre et se demandaient si c’était le bon moment pour le faire. Les résultats financiers supérieurs de la dernière année pour plusieurs concessionnaires automobiles au Québec ont stimulé l’achat et la vente. Il y a maintenant plusieurs occasions d’affaires dans ce marché.

Par ailleurs, malgré la pandémie, on observe une hausse de transactions entre concessionnaires au Québec : 22 transactions recensées entre septembre 2019 et septembre 2020, comparativement à 16 l’année précédente.

Si vendre votre concession est dans vos plans, il est important de planifier adéquatement cette étape. Le processus de vente est complexe et devrait faire l’objet d’une démarche réfléchie. Ce processus requiert un investissement important de temps et d’efforts pour une transaction réussie, au meilleur prix possible, qui favorise la durabilité de l’entreprise. Connaissez-vous la valeur de votre entreprise? Y a-t-il des mesures fiscales à considérer?

Il en va de même si vous êtes un entrepreneur qui cherche à reprendre une entreprise. Avez-vous le capital pour faire une ou des acquisitions? Avez-vous un partenaire légal et comptable pour vous appuyer lors de vos transactions et de l’élaboration d’un plan de croissance?

La pandémie aura ouvert un marché d’opportunités pour les concessionnaires automobiles et vous pouvez bénéficier de ces occasions. Afin de franchir ces étapes en toute sérénité, vous devez être bien préparé.

Les effets de la pandémie ont forcé les concessionnaires automobiles à améliorer la gestion de leurs dépenses, ce qui explique en partie la bonne performance obtenue dans la dernière année, qui vient s’ajouter à celle des années précédentes, qui était aussi positive. La situation est propice pour revoir votre structure corporative, votre organigramme et votre fiscalité pour ainsi être prêt à saisir les occasions qui se présentent pour votre concessionnaire.

15 Avr 2021  |  Écrit par :

Michel St-Arnaud est expert en certification au sein de Raymond Chabot Grant Thornton.

Voir le profil

Article suivant

Jean-François Boudreault
Associé | Conseils en ressources humaines

L’âge de la retraite approche pour une partie des travailleurs. Il est vital pour la pérennité des entreprises d’éviter la perte de ces compétences.

Nous assistons actuellement à un grand changement sur le marché du travail au Québec. Pour la première fois dans l’histoire, les personnes âgées de plus de 65 ans représentent une majorité par rapport aux jeunes de moins de 15 ans au Canada. Les baby-boomers constituent aujourd’hui 27 % de la population, une hausse de 9 % par rapport à 2019. Et, d’ici dix ans, on estime que plus de 20 % des Canadiens auront atteint l’âge de la retraite.

Ces départs viennent accentuer le problème de la pénurie de main-d’œuvre qui sera bien présent pour les années à venir. L’une des façons d’en réduire les impacts est de planifier dès maintenant le transfert de compétences dans vos équipes. Ce transfert doit faire partie d’un plan pour contribuer à la motivation et à la rétention de vos employés.

Bien se préparer pour éviter une perte de productivité

Mieux vous serez préparés, moins le départ de ces employés expérimentés aura de conséquences néfastes. Afin d’éviter une perte de productivité qui peut mener à un ralentissement de croissance pour plusieurs entreprises, il est primordial d’élaborer un plan de transfert optimal de connaissances et de savoir-faire sous différentes formes.

Grâce à certaines stratégies de transfert, il est possible d’assurer le maintien des connaissances acquises à l’interne et ainsi demeurer compétitifs au sein de votre marché de référence.

Le plan de transfert de compétences en quelques étapes

Nous conseillons de mettre en place des processus simples et efficaces de transfert qui vous permettront de conserver votre niveau de performance au sein de l’entreprise.

Avant tout, il faut identifier, classer, modéliser et transférer les éléments d’expertise importants que vous considérez comme indispensables à la pérennité de l’entreprise.

Toutefois, ceci ne doit pas se faire au détriment de la capacité d’autonomie et d’initiative des nouveaux employés. Ce plan de transfert de compétences passe inévitablement par l’identification des connaissances propres à chaque poste et par l’évaluation des risques associés à leur perte.

Voici quelques actions clés pour vous aider à mettre en place votre plan :

  • Identifiez les postes critiques où une perte de connaissances pourrait être un enjeu majeur pour votre entreprise;
  • Définissez clairement vos objectifs et stratégies de transfert de compétences (cartographie des compétences, gestion des risques, perte de productivité, rareté de main-d’œuvre);
  • Développez et encouragez une culture de formation et des habitudes de partage de connaissances, tel que du mentorat (mentorat inversé), parrainage, coaching, etc.;
  • Investissez dans une technologie ou dans des moyens adaptés à votre réalité (plateforme virtuelle, ouvrage, communauté de pratique);
  • Reconnaissez les bons coups et encouragez vos gestionnaires à soutenir les initiatives de transfert de compétences;
  • Misez sur l’engagement et la motivation en implantant une « culture de reconnaissance ».

La culture de reconnaissance a un impact positif sur la mobilisation des équipes lorsqu’elle est vue comme une activité stratégique au sein de l’entreprise. Cette action est considérée comme étant un levier indispensable dans l’atteinte d’objectifs et peut donc être un atout important pour le succès de la mise en place du transfert de compétences.

Formez vos équipes de ressources humaines et de gestionnaires au transfert de compétences et sensibilisez-les aux enjeux et bienfaits de cette stratégie.

La transmission du cœur de l’entreprise

Si le transfert de connaissances de vos employés les plus expérimentés aux nouveaux arrivants est crucial, le processus doit aussi inclure le transfert de la culture de votre entreprise.

L’histoire, les valeurs, la mission et les clients sont des éléments importants qui favoriseront l’engagement de l’employé. En accordant de l’importance à ces éléments, l’employé aura ainsi plus de chances de perdurer dans votre organisation.

Le transfert de compétences est un puissant levier de croissance et un dispositif essentiel pour consolider tout le savoir et le patrimoine immatériel d’une entreprise. Sous-estimer une stratégie de transfert peut s’avérer risqué, car la connaissance constitue aujourd’hui l’actif stratégique de l’organisation, d’où l’importance d’être dirigés par un conseiller externe expérimenté qui saura vous aiguiller objectivement vers les meilleures pratiques adaptées à votre entreprise afin d’assurer le succès de cette transition.

La main-d’œuvre qualifiée est une denrée de plus en plus rare. La perte d’employés-clés et les départs imminents occasionnés par les changements démographiques exercent une pression supplémentaire auprès des entreprises qui doivent surmonter l’enjeu de pénurie de travailleurs.

Encourager vos équipes et vos gestionnaires à développer une culture du partage de compétences permettra à vos collaborateurs de s’épanouir et de se sentir valorisés. Votre organisation en deviendra plus agile et plus performante, ce qui favorisera l’évolution de votre entreprise.

14 Avr 2021  |  Écrit par :

Jean-François Boudreault est associé au sein de Raymond Chabot Grant Thornton. Il est votre expert...

Voir le profil

Article suivant

L’International Accounting Standards Board (IASB) a publié le document Allégements de loyer liés à la COVID-19 au-delà du 30 juin 2021 (modification d’IFRS 16), qui constitue une prolongation de la mesure de simplification offerte dans le cadre de la modification d’IFRS 16 Contrats de location de l’an dernier.

Cette prolongation dure un an; la période d’application s’étend donc désormais jusqu’au 30 juin 2022.

En mai 2020, l’IASB a publié le document intitulé Allégements de loyer liés à la COVID-19 (modification d’IFRS 16) (la « modification de 2020 »). La modification de 2020 ajoutait une mesure de simplification à l’IFRS 16, mesure qui permet aux preneurs de déterminer si un allégement de loyer lié à la COVID-19 constitue une modification du contrat de location. Si cette mesure de simplification est appliquée, un allégement de loyer est traité comme s’il n’était pas une modification du contrat de location.

En raison de l’incidence de la pandémie de COVID-19 sur les affaires partout dans le monde et en réponse aux commentaires des parties prenantes, l’IASB a décidé de prolonger cette mesure d’un an afin d’inclure les allégements récents liés à la COVID-19 qui font diminuer les paiements jusqu’au 30 juin 2022.

La prolongation entre en vigueur pour les exercices ouverts à compter du 1er avril 2021.

Notre réflexion

Nous accueillons favorablement cette récente modification visant à étendre le champ et la date d’application de l’allégement pour une année supplémentaire. Étant donné que la pandémie de COVID-19 est encore très répandue dans le monde, il est raisonnable que les bailleurs continuent à accorder des allégements de loyer aux preneurs pour les paiements de loyers allant au-delà du 30 juin 2021.