« Ayez confiance. » C’est un message d’espoir que Me Lucien Bouchard a transmis aux gens d’affaires lors d’une rencontre avec le président de notre firme.

Tout en reconnaissant que nous traversons une période très difficile, remplie d’incertitude, l’ancien premier ministre du Québec juge que les entrepreneurs et la population en général ont tout lieu de rester optimistes.

« Il va y avoir une reprise qui pourrait être extraordinaire. Si l’on s’assure que les conditions sont mises en place, on bénéficiera d’une vraie relance », a dit Me Bouchard lors de ce tête-à-tête avec Emilio B. Imbriglio, président et chef de la direction de notre firme.

Me Bouchard se garde de prétendre lire dans une boule de cristal, mais, lorsqu’il sera de nouveau possible de socialiser, de travailler davantage en présentiel, de voyager, de faire des sorties culturelles et au restaurant en toute liberté, il prévoit « un mouvement d’enthousiasme » dans la population. « Et ce sera pareil sur le plan économique », a mentionné Me Bouchard, associé au cabinet d’avocats Davies Ward Phillips & Vineberg.

Son message aux entrepreneurs et aux jeunes est clair : il faut avoir confiance, être bien préparé et avoir la capacité de s’adapter. C’est la clé pour affronter les situations difficiles qui ne manquent pas de survenir dans la vie d’une entreprise, a d’ailleurs souligné Emilio B. Imbriglio.

Le Québec et le Canada regorgent de richesses et sont remplis de promesses, a insisté Me Bouchard. « Pour l’avenir de nos jeunes, c’est formidable! » a-t-il lancé.

Bien que notre économie soit en bonne position pour rebondir, il reconnaît que la situation des finances publiques soulève beaucoup de questionnements à l’heure actuelle. La donne a changé avec la pandémie et l’équilibre budgétaire n’est plus la priorité du moment.

« On comprend que les gouvernements sont actuellement incapables de prédire le retour à l’équilibre budgétaire. C’est donc une tout autre sorte de gestion financière qui sera requise au chapitre des finances publiques. Elle ne manquera pas d’être délicate », a-t-il précisé.

« Cela dit, il faut avoir confiance, car, depuis 2008, le monde de la finance internationale a appris à travailler en cohésion. »

Du même souffle, il souhaite que les gouvernements veillent à ne pas compromettre la relance économique en alourdissant le fardeau fiscal des entreprises et des particuliers.

Une leçon de leadership

Selon Me Bouchard, la pandémie de COVID-19 permet d’en apprendre beaucoup sur soi-même et nous rappelle à quel point les relations humaines sont capitales. C’est pourquoi il est essentiel de soigner nos liens avec nos proches et nos collègues. « La qualité de la chimie d’une équipe, c’est fondamental. »

La pandémie fait aussi ressortir toute l’importance du leadership. Me Bouchard salue l’assurance avec laquelle le premier ministre François Legault manœuvre dans cette crise, « qui est très différente de celle du verglas » que Lucien Bouchard a gérée lorsqu’il dirigeait l’État, en janvier 1998.

Pour lui, François Legault est « l’homme de l’heure ». Il était « bien préparé et prêt à assumer ces responsabilités » à la suite de ses expériences dans le secteur privé et en politique, où il a vécu « sa traversée du désert ». Par son niveau de préparation, son ardeur au travail et son sens pratique, M. Legault est un modèle de leadership, estime Me Bouchard.

« Les principales qualités d’un dirigeant d’entreprise, c’est d’être très bien préparé, d’avoir une grande capacité de communication et d’écoute, de rester calme » et de surmonter les difficultés avec une approche stratégique, a rappelé pour sa part Emilio B. Imbriglio.

Plusieurs grands enjeux

La pandémie a accéléré certaines tendances qui émergeaient déjà au sein des entreprises, comme le virage numérique dans le commerce de détail.

« Le virage numérique va s’accroître, c’est inévitable. Mais est-ce que tout le commerce traditionnel va disparaître (au profit du commerce en ligne)? Pas forcément. Il ne faut jamais oublier l’aspect humain », a dit Me Bouchard, qui croit que les consommateurs voudront toujours être conseillés en personne et visualiser certains achats sur place.

Me Bouchard a également abordé plusieurs autres enjeux d’importance lors de notre webinaire, dont les relations canado-américaines. « Il faut rétablir les liens d’amitié (avec les États-Unis), et que cela se traduise par des avantages économiques », a-t-il insisté, en rappelant la bonne entente qui régnait entre le premier ministre Brian Mulroney et les présidents républicains dans les années 1980.

L’environnement est un autre enjeu « critique », selon lui. « Cette préoccupation débouchera sur des solutions qui vont nécessiter des investissements considérables. » Cependant, c’est tout un défi de s’attaquer de front aux enjeux climatiques et de poursuivre en même temps la croissance économique. « Il faudra davantage compter sur la science, car c’est elle qui va nous permettre de développer des énergies vraiment renouvelables et économiques. »

Autre enjeu clé : la diversité. « Nous avons besoin d’immigrants. Il va falloir accepter l’interculturalisme, le pratiquer et le gérer convenablement », a-t-il souligné.

Quant à la présence des femmes dans des postes de décision, il voit des progrès et une réelle volonté de leur faire de plus en plus de place. Néanmoins, il ne pense pas que l’imposition de mesures coercitives (comme des quotas) soit la solution la plus efficace pour augmenter la représentation féminine. Il estime que l’équilibre « va résulter en grande partie de la création d’une masse critique de femmes qualifiées, un phénomène présentement indéniable et extrêmement positif ».

Article suivant

La situation financière de votre entreprise se détériore? Envisagez une restructuration afin de retrouver la voie de la rentabilité.

L’important est de ne pas attendre que la situation dégénère. Soyez proactif et réagissez avant qu’il ne soit trop tard.

Pour réagir de façon appropriée et à temps, vous devez être à l’affût des signaux d’alarme, sans les minimiser. Ces signes avant-coureurs sont multiples : croissance rapide, baisse de rentabilité ou pertes répétées, perte d’un client important, problème de qualité majeur, systèmes financiers peu performants, etc.

Ces événements de vie d’une entreprise, lorsqu’ils ne sont pas traités de manière adéquate, aboutissent à un manque de liquidités, dont les conséquences sont nombreuses :

  • difficulté à payer les factures et les salaires;
  • non-respect des conditions de financement;
  • ratios financiers qui se dégradent;
  • information financière de l’entreprise manquant de précision et qui n’est pas à jour;
  • taux de roulement du personnel en forte augmentation.

Il est important de rester à l’affût des signes avant-coureurs et d’agir le plus promptement possible pour éviter une crise de liquidités majeure. Plus le temps passe, moins il y a d’outils pour aider l’entreprise.

Poser un diagnostic

Avant tout, il faut faire le point et poser un diagnostic réaliste de la situation.

1- Analyser la situation

Analysez la situation opérationnelle par activité ainsi que la structure financière. Cet exercice vous aidera à repérer l’origine de vos problèmes. Il faut tout vérifier, service par service, employé par employé, en révisant au besoin les dépenses, les tâches et les processus opérationnels. Vérifiez également que votre équipement est en bon état de marche et performant.

2- Consulter les employés

N’oubliez pas de consulter vos employés : ils vous renseigneront sur certaines lacunes et vous proposeront des solutions.

3- Établir les prévisions d’encaisse

Ensuite, établissez des prévisions d’encaisse à court terme (trois mois) ainsi que votre capacité d’emprunt. Le nerf de la guerre dans une restructuration, ce sont les liquidités, car elles vous donneront le temps nécessaire pour redresser votre entreprise. Ces prévisions à très court terme sont cruciales. Elles vous indiqueront le délai à l’intérieur duquel vous devrez agir avant que les fonds manquent.

4- Évaluer la viabilité à long terme

Enfin, évaluez la viabilité à long terme de votre entreprise en établissant des prévisions financières mensuelles (pour la première année) et annuelles. Envisagez différents scénarios : ils serviront à déterminer votre marge de manœuvre et à intervenir pour dégager une marge suffisante, au besoin.

Demander de l’aide

Une restructuration est une opération complexe et exigeante. Vous en aurez plein les bras à gérer les urgences et les activités quotidiennes.

Faites-vous accompagner par un expert

Ainsi, il est hautement recommandé de vous faire accompagner par des spécialistes en restructuration. Ils analyseront votre situation avec le recul nécessaire et vous guideront efficacement dans une démarche qui est sans doute nouvelle pour vous.

Entourez-vous d’une équipe de gestion de crise

Parallèlement, formez une équipe de gestion de crise et simplifiez la gouvernance pour être plus agile.

Assurez-vous du soutien de votre banquier

Autre point clé : communiquez rapidement avec votre banquier. Expliquez-lui ce qui se passe et parlez-lui de votre stratégie pour redresser la situation. Assurez-vous d’obtenir son soutien.

Portez attention à vos partenaires

De même, portez une attention spéciale aux relations et aux communications avec vos fournisseurs, vos clients et vos employés. Ce sont des acteurs clés dans la réussite de votre restructuration.

Les clés de la réussite d’une restructuration incluent la rapidité des actions, le fait de ne pas être complaisant et de s’attaquer aux vrais problèmes, ainsi que la fluidité des communications avec tous les intervenants.

Mesures de restructuration

Ensuite, vous devrez élaborer et mettre en œuvre diverses mesures de redressement. Elles sont de nature opérationnelle ou financière.

Mesures opérationnelles :

  • Révision du plan d’affaires;
  • Réduction des dépenses, en passant au peigne fin chaque service de l’entreprise. Attention de bien analyser l’impact de chaque réduction. Par exemple, quel sera l’effet d’une diminution de votre budget de publicité sur vos ventes?
  • Fermeture des divisions non rentables, après une analyse détaillée de la rentabilité de chacune de celles-ci;
  • Analyse de la rentabilité des contrats en vue de résilier ou de modifier ceux qui ne sont pas rentables. Par exemple, vous pourriez réduire le nombre de produits vendus à un client pour ne conserver que ceux qui sont rentables;
  • Abandon d’un produit ou d’un service non rentable ou marginal pour vos objectifs d’affaires;
  • Révision de vos processus opérationnels;
  • Renégociation des baux de vos locaux;
  • Négociation de nouvelles conditions d’emploi ou conventions collectives avec les employés.

Pour que ces mesures soient efficaces, établissez un plan d’action et des objectifs précis, faites des suivis périodiques et modifiez votre plan au besoin.

Notez que les mises à pied, ainsi que la résiliation d’ententes commerciales ou de baux commerciaux, peuvent être très coûteuses et compromettre la restructuration de vos activités.

Mesures financières :

  • Révision de la gestion du fonds de roulement afin de dégager des liquidités rapidement pour avoir le temps de restructurer l’entreprise. Cherchez à allonger les délais de paiement aux fournisseurs et à réduire les délais de paiement de vos clients (par exemple, en leur offrant des rabais);
  • Restructuration de la dette, en renégociant le remboursement des prêts sur une plus longue période et les taux d’intérêt;
  • Vente de surplus d’actifs et liquidation de stocks excédentaires.

Deux approches de restructuration

Il faut s’entendre avec ses créanciers plutôt que de faire faillite si l’on veut assurer la continuité de l’entreprise.

Deux approches sont possibles :

  • l’approche informelle, hors des procédures légales;
  • l’approche formelle, dans le cadre de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité (LFI) ou de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

Approche informelle

  • Les procédures sont confidentielles. Il est donc possible de négocier un accord avec un créancier sans que les autres créanciers sachent les conditions de l’entente;
  • Elle s’applique à des situations simples;
  • Elle consiste à convenir d’arrangements avec un seul ou un petit groupe de créanciers aux intérêts similaires. Par exemple, cela peut être la renégociation de contrats;
  • L’entreprise a un plan d’affaires et de réorganisation détaillé et complet (échéancier, coûts de la restructuration, etc.).

Approche formelle

  • L’entreprise doit être insolvable, mais avoir le potentiel de redevenir rentable grâce à un plan de redressement. Être insolvable signifie ne plus satisfaire à ses obligations lorsqu’elles arrivent à échéance, ou avoir un passif plus élevé que l’actif;
  • Les procédures sont publiques et encadrées par la LACC (pour les entreprises qui doivent plus de 5 M$ à leurs créanciers) ou la LFI;
  • Cette approche permet de protéger vos actifs de toute saisie par vos créanciers;
  • Pour recourir à l’une de ces lois, il faut faire appel à un syndic autorisé en insolvabilité, qui vous accompagnera lors des procédures.

Le dépôt des documents légaux nécessaires par le syndic déclenche automatiquement un gel des passifs et des procédures des créanciers. Vous aurez alors le temps d’élaborer un plan de restructuration avec l’aide du syndic.

Vous établirez aussi une proposition ou un arrangement avec vos créanciers. En moyenne, les propositions acceptées représentent de 8 % à 10 % des sommes dues.

La proposition est ensuite soumise au vote des créanciers (seuil de 50 % + 1 en nombre et les deux tiers en valeur des créances) pour que la proposition soit acceptée. La proposition lie l’ensemble des créanciers. Précisons qu’une forte majorité des propositions sont acceptées.

Si la proposition est acceptée, les administrateurs pourraient ne plus être responsables des dettes gouvernementales impayées (taxes de vente, etc.).

Vous avez des questions ou vous avez besoin de conseils pour redresser la situation financière de votre entreprise? Communiquez avec nos experts dès aujourd’hui.

Article suivant

Investisseurs, clients et gouvernements sont de plus en plus exigeants : les entreprises doivent placer le développement durable au coeur de leur modèle d’affaires.

Une étude interne récente de Grant Thornton International Business Report (IBR) met en lumière les préoccupations des entreprises en matière d’environnement et de développement durable. Quels sont les bénéfices et les mesures concrètes que les entreprises peuvent prendre en faveur d’une approche plus respectueuse de l’environnement?

Au cours de la dernière décennie, le développement durable est devenu de plus en plus important dans le monde entier. Il influence non seulement le quotidien des individus, mais aussi les politiques gouvernementales et le mode opérationnel des entreprises, ainsi que leurs stratégies d’avenir.

La pandémie qui sévit actuellement représente un défi de taille pour toutes les entreprises. Or, en dépit de la COVID-19 et de ses conséquences, jamais il n’a été aussi urgent de prendre des mesures en faveur du développement durable.

« Un consensus se dégage sur l’importance d’agir afin de préserver notre environnement. Intégrer un plan de développement durable à sa stratégie d’entreprise est devenu un incontournable pour la pérennité des organisations et pour conserver la vitalité de notre économie. Il est aussi de la responsabilité des leaders d’entreprises d’influencer toutes les parties prenantes. C’est d’ailleurs l’occasion pour les entreprises d’ici de développer de nouveaux marchés », rappelle Emilio B. Imbriglio, président et chef de la direction de Raymond Chabot Grant Thornton.

De son côté, Linda Mannerby, responsable du développement durable à Grant Thornton Suède explique que « les entreprises qui comprennent les enjeux et les risques mondiaux, adaptent leurs modèles économiques et contrôlent leur impact commercial (positif comme négatif) ont de meilleures chances de survivre à long terme ».

Le développement durable chez les moyennes entreprises

De toute évidence, le développement durable est devenu un axe stratégique pour les entreprises de premier ordre. Conformément aux objectifs de développement durable des Nations Unies, des entreprises telles que Shell, Unilever, Microsoft, Apple et American Airlines, pour n’en citer que quelques-unes, ont récemment déclaré vouloir atteindre zéro émission nette de dioxyde de carbone au cours des prochaines décennies. L’étude d’IBR a examiné dans quelle mesure les moyennes entreprises adhèrent au développement durable.

Les résultats montrent qu’une grande partie des moyennes entreprises à travers le monde sont sensibles à cette question : un peu moins de la moitié d’entre elles (48 %) pensent que le développement durable aura un impact financier positif net sur leur activité, et un pourcentage similaire (47 %) s’attend à ce qu’une approche durable permette d’améliorer l’efficacité opérationnelle et de réduire les coûts pour leur organisation. En revanche, 43 % des répondants estiment que la réussite financière et le développement durable sont aussi importants l’un que l’autre.

Les moyennes entreprises sont manifestement conscientes de la valeur grandissante des entreprises respectueuses de l’environnement, mais les données suggèrent également que beaucoup ne savent pas comment concrétiser leur engagement en faveur du développement durable; 48 % des répondants conviennent que la plupart des entreprises de leur envergure ignorent par où commencer en ce qui concerne les évaluations de durabilité.

Autre constatation importante : les entreprises des marchés émergents priorisent davantage les enjeux du développement durable que leurs homologues des économies développées, et s’attendent également à des retombées financières plus favorables découlant de l’intégration du développement durable.

Pourquoi opter pour des solutions durables?

Un des facteurs clés qui incitent les moyennes entreprises à faire du développement durable un principe stratégique directeur est le potentiel de croissance que ce type d’approche peut engendrer.

L’une des principales motivations qui poussent les entreprises à intégrer le développement durable à leur stratégie est la recherche d’investissements. En effet, d’année en année, les investisseurs du monde sont de plus en plus nombreux à investir en fonction de paramètres liés au développement durable. Nombre d’investisseurs et de banques recourent également au développement durable pour évaluer l’approche d’une entreprise en matière de gestion des risques.

Cela pourrait être l’un des facteurs qui expliquent que les entreprises des économies émergentes sont plus susceptibles de privilégier le développement durable.

Au gouvernement du Québec, un projet de loi serait en cours d’élaboration avec l’objectif d’introduire des critères écologiques dans ses futurs appels d’offre, selon ce qu’aurait mentionné récemment la présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel. Ces critères restent à définir, mais il s’agit là d’un indicateur supplémentaire que l’environnement est un enjeu dont les entreprises doivent tenir compte dès maintenant dans leur stratégie de croissance. Cet élément devient incontournable pour une organisation afin de demeurer compétitive.

L’initiative du gouvernement vient faire écho au Plan pour une économie verte 2030 présenté en mars 2021 et qui confirme un consensus sur l’importance d’agir afin de préserver notre environnement et, par ricochet, conserver une économie viable.

Le fait d’intégrer le développement durable à sa stratégie d’entreprise favorise également l’innovation et, par conséquent, la croissance de l’entreprise, explique Katerina Katsouli, directrice de l’ESG et du développement durable à Grant Thornton Grèce. « L’innovation stimule les ventes et contribue fortement à la croissance des entreprises. » Les entreprises socialement et écologiquement responsables peuvent établir un point de différenciation clair au niveau de la marque, ce qui les protège des concurrents moins coûteux. « Ces entreprises ont également beaucoup à gagner en termes de réputation. Elles parviennent mieux à établir une relation de confiance avec les parties prenantes, à obtenir des recommandations volontaires de la part des clients et à se protéger des scandales, des défis réglementaires et des autres atteintes à la réputation. »

Les conséquences de la démarche axée sur le développement durable

Tandis que la tendance vers le développement durable gagne du terrain, explique Emma Verheijke, partenaire-conseil en matière de développement durable et d’impact à Grant Thornton Pays-Bas, les entreprises ne peuvent tout simplement pas se permettre d’être à la traîne.

« Ce que nous constatons aux Pays-Bas et dans toute l’Europe, c’est que de plus en plus de facteurs viennent accélérer cette transition, des finances et des employés aux règles des adjudications publiques, en passant par les impressions des clients. Si vous refusez cette transition et que vous ne vous engagez pas dans le développement durable, votre entreprise pourra-t-elle se montrer à la hauteur de l’avenir? Serez-vous encore debout dans cinq ans? »

« Je ne suis pas certaine que ce concept soit encore bien ancré, et je crois que beaucoup d’entreprises ne tarderont pas à faire les frais de leur retard quant à cette transition. Le développement durable ne relève plus d’un gentil projet marginal : il fait partie intégrante de la stratégie de base d’une entreprise. Il touche vos risques, vos occasions d’affaires, votre planification à long terme, la façon dont vous traitez votre personnel, vos ressources, vos fournisseurs, sans oublier la demande des consommateurs. Les entreprises qui comprennent cela et qui anticipent ces enjeux sont celles qui auront le plus de valeur demain », ajoute Emma Verheijke.

En effet, selon l’IBR, près des deux tiers (61 %) des moyennes entreprises considèrent que les tendances mondiales en matière de développement durable exigeront de modifier fondamentalement les modes de fonctionnement dans leur secteur.

« Devenir plus écologique en matière de gestion des ressources a pour conséquence indirecte de gagner en efficacité et de réduire les coûts. Par exemple, lorsque vous faites l’effort de réduire la quantité de matériaux utilisés ou de chercher des solutions pour limiter le gaspillage », ajoute Valentina Yakhnina, responsable du développement durable chez Grant Thornton Israël.

Les obstacles à la mise en place d’un système plus respectueux de l’environnement

Pour bien des moyennes entreprises, l’investissement financier nécessaire à la mise en œuvre d’un programme de développement durable est un obstacle majeur, obstacle qui s’est aggravé avec les pressions financières liées à la COVID-19.

Selon Julia Höglund, conseillère en développement durable chez Grant Thornton Suède : « Le plus grand défi est le court terme. Même sans le vouloir, nous baignons dans un système où la pression est forte pour atteindre des objectifs financiers trimestriels, et cela demeure le moteur du changement au sein des entreprises. En général, les clients nous interrogent quant aux bénéfices liés à leur investissement. Il est quelquefois difficile de répondre à cette question sur le plan financier, puisqu’elle dépend d’un grand nombre de facteurs mondiaux et de facteurs de consommation. En revanche, nous pouvons mesurer les bénéfices des activités ESG (environnementales, sociales et de gouvernance), qui peuvent avoir un impact positif sur les résultats financiers généraux. »

Déterminer la valeur

Sue Almond, responsable mondiale de la certification chez Grant Thornton, indique que les résultats de l’IBR, qui ont révélé que nombre d’entreprises associent étroitement le développement durable et les résultats financiers, sont très prometteurs. « Les résultats financiers de l’entreprise sous-tendent sa propre durabilité. Ainsi, si les actions en faveur du développement durable sont clairement reliées aux résultats financiers généraux, vous pouvez faire ce constat désormais incontournable en affaires que c’est par ces actions qu’on gagne les cœurs et les esprits », explique-t-elle.

Markus Hakansson, responsable du conseil en matière de développement durable chez Grant Thornton Suède, ajoute : « En tant qu’entreprise, votre capacité à créer de la valeur ne repose pas uniquement sur des facteurs financiers. Les facteurs non financiers (sociaux et environnementaux) représentent 80 % de la capacité de l’entreprise à créer de la valeur et, en définitive, la valeur, c’est de l’argent. Or, cette valeur, le savoir des employés ou le capital structurel, peut demeurer dans l’entreprise pendant de nombreuses années avant de se transformer en trésorerie. La compréhension de ce concept de développement durable peut être un problème pour le conseil d’administration et les propriétaires ».

Premiers pas vers le développement durable

Selon Julia Höglund, la clé pour déterminer les objectifs de durabilité d’une entreprise est de créer un dialogue avec les parties prenantes. « Le but est de découvrir ce que les parties prenantes attendent réellement », explique-t-elle. « Ces parties prenantes comprennent les investisseurs, les créanciers, les clients, les employés et le grand public. »

Selon l’IBR, 49 % des moyennes entreprises s’attendent à subir plus de pression de la part de leurs employés actuels et futurs pour devenir plus environnementalement responsables dans l’année à venir, tandis que 55 % s’attendent à subir plus de pression de la part de leurs clients.

Parallèlement, selon Linda Mannerby, les entreprises doivent évaluer leur position actuelle vis-à-vis de l’environnement et de la société.

« Il faut comprendre où se trouvent les impacts positifs et négatifs », explique-t-elle. « Un des moyens les plus simples consiste à cartographier votre chaîne de valeur : ce type d’analyse d’impact peut vous aider à atteindre les membres du conseil d’administration, à les sensibiliser et à identifier les risques. »

« Dès le départ, les entreprises doivent être claires quant à leurs intentions en matière de développement durable, explique Emma Verheijke. S’agit-il de conformité, de communication, de financement, d’attirer et de retenir les employés, ou de toutes ces réponses? C’est ce qui va dicter la direction que vous allez prendre. »

Une fois les objectifs et les domaines d’impact significatifs établis, les entreprises peuvent décider des rapports et des cadres d’évaluation qui leur conviennent le mieux, ajoute-t-elle, plutôt que d’avancer de façon aléatoire.

Le développement durable au centre de la stratégie

En définitive, selon Markus Hakansson, les questions de durabilité devraient être placées au centre de toutes les décisions prises en entreprise. « Il ne s’agit pas seulement d’intégrer le développement durable dans le modèle d’entreprise, mais également dans la stratégie, les tactiques et les activités de cette dernière », explique-t-il.

« Idéalement, chaque décision au niveau tactique, opérationnel et stratégique devrait être prise sur la base du bilan sur trois plans : en tenant compte de son impact environnemental, social et financier. »

Article suivant

Ce premier budget du gouvernement libéral minoritaire et de la première ministre des Finances du Canada s’inscrit dans une volonté de relance économique… et verte!

À l’aube d’une probable élection générale, la ministre des Finances, l’honorable Chrystia Freeland, maintient ouvertes les vannes de l’aide économique avec un plan de relance de 100 G$ sur trois ans, sans pour autant prévoir de mesures à court terme visant à assainir les finances publiques.

Cela se traduit par de nombreux investissements importants où plusieurs contribuables trouveront leur compte, notamment les PME, moteurs économiques au pays.

Stimuler la reprise : quelques mesures phares

Subventions d’urgence aux entreprises

Parmi les mesures touchant les entreprises, notons la prolongation, jusqu’au 25 septembre 2021, de la Subvention salariale d’urgence du Canada, de la Subvention d’urgence du Canada pour le loyer et de la mesure de soutien en cas de confinement. En plus de la prolongation déjà annoncée du Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes, ces prolongations représentent un soutien supplémentaire de 12,1 G$.

Programme d’embauche pour la relance économique

De plus, le gouvernement crée un nouveau Programme d’embauche pour la relance économique, qui s’étendra de juin à novembre 2021 et offrira 595 M$ pour permettre aux entreprises de réembaucher plus facilement les travailleurs qu’elles ont dû congédier ou pour en embaucher de nouveaux.

Programme canadien d’adoption du numérique

Afin de soutenir quelque 160 000 PME canadiennes à investir dans les nouvelles technologies et l’innovation, le fédéral injecte 4 G$. Le Programme canadien d’adoption du numérique permettra également aux entreprises de bénéficier des conseils et de l’aide dont elles ont besoin pour tirer pleinement parti de ces nouvelles technologies. Le programme permettra de former 28 000 Canadiens – une communauté technologique canadienne – et de les intégrer aux PME.

Accélérateur zéro net

En matière de relance verte, le présent budget propose un investissement sans précédent de 5 G$ sur sept ans, à compter de 2021-2022, dans l’accélérateur zéro net. Cette somme s’ajoute aux 3 G$ déjà annoncés par le gouvernement visant à soutenir encore plus d’entreprises à investir pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Quelques mesures fiscales

Sur le plan fiscal en matière de déduction pour amortissement des entreprises, le budget vient autoriser la passation en charges immédiate d’investissements admissibles de sociétés privées sous contrôle canadien jusqu’à concurrence de 1,5 M$, et ce, pour chacune des trois prochaines années. Ces déductions plus importantes aideront 325 000 entreprises à faire des investissements essentiels et à réaliser des économies totales de 2,2 G$ au cours des cinq prochaines années.

Taxe sur les services numériques et sur les biens de luxe

Le budget propose également d’instaurer une taxe sur les services numériques, afin que tous paient leur juste part. Cette taxe de 3 % serait applicable aux revenus tirés des services numériques qui dépendent des contributions en données et en contenu canadiens. Cette mesure permettrait de tirer 3,4 G$ en recettes sur cinq ans, à compter de cette année.
Une nouvelle taxe de luxe voit le jour. Elle s’appliquera sur l’achat de voitures et d’avions privés d’une valeur de plus de 100 000 $ et sur l’achat de bateaux de plaisance d’une valeur supérieure à 250 000 $. Cela devrait rapporter 604 M$ en recette fiscale au gouvernement sur cinq ans.

Finances publiques : état et perspectives

Le déficit 2020-2021 se chiffre maintenant à 354,2 G$, alors qu’il devrait atteindre 154,7 G$ au terme de l’année financière 2021-2022. Le retour à l’équilibre budgétaire n’est pas prévu à moyen terme et le déficit prévu pour l’année financière 2025-2026 pourrait s’établir à 30,7 G$, soit légèrement en deçà du déficit prépandémie qui se chiffrait à 39,4 G$, en mars 2020. La dette fédérale passerait de 1 079 G$ à 1 411  G$ d’ici 2026.

Rappelons que Raymond Chabot Grant Thornton avait recommandé, dans ses soumissions prébudgétaires, des mesures fiscales audacieuses, applicables temporairement, visant à accélérer l’encaissement d’impôts latents, à des taux moindres, qui permettraient entre autres au gouvernement fédéral d’aller chercher des revenus supplémentaires à très court terme, sans augmenter les taxes et les impôts des contribuables canadiens. Ces sommes pourraient être allouées évidemment à la réduction de la dette pandémique.

Pour en savoir plus sur les mesures fiscales annoncées dans le budget fédéral 2021, consultez notre bulletin.