Publié le 2 février 2026
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Pour une agilité accrue et des décisions rapides, basées sur des données fiables, la performance doit être gérée de façon globale et continue.
C’est d’autant plus vrai que les organisations évoluent dans un contexte où les repères traditionnels sont bouleversés. La pénurie de main-d’œuvre, la pression sur les coûts, les transformations numériques et les exigences réglementaires créent une instabilité qui affecte autant les grandes structures publiques que les entreprises privées.
- Pourquoi la gestion intégrée de la performance est-elle essentielle?
- Quelles sont les clés pour une gestion de performance efficace?
- Quels sont les avantages d’une gestion de performance coordonnée?
- Quelles sont les conditions de succès?
Pourquoi la gestion intégrée de la performance est-elle essentielle?
La gestion intégrée de la performance est un processus collectif et structuré, plutôt qu’une série d’initiatives isolées. Elle permet d’aligner les efforts de tous les niveaux de l’organisation vers les objectifs et priorités organisationnelles.
Quelles sont les clés pour une gestion de performance efficace?
Leadership partagé
La performance n’est pas l’affaire d’un seul service, mais de toute l’organisation.
Données fiables et pertinentes
Des données fiables sont nécessaires pour soutenir une prise de décision éclairée.
Culture d’amélioration continue
L’amélioration continue doit être intégrée dans la culture d’entreprise et présente dans les pratiques quotidiennes, à tous les niveaux de l’organisation, du stratégique à l’opérationnel.
Mise en place de mécanismes structurants
Des mécanismes tels que des salles de pilotage (stratégique, tactique et opérationnelle) assurent l’alignement de la gestion de performance avec les orientations et objectifs organisationnels.
Ce mécanisme de gestion de la performance favorise la transparence, la responsabilisation et l’intelligence collective. Il permet de passer d’une logique de reddition de comptes à une logique de pilotage et d’amélioration continue.
Que sont les salles de pilotage?
Ces espaces collaboratifs, physiques ou numériques, sont consacrés à la gestion intégrée de performance. Les salles de pilotage sont reliées entre elles par un mécanisme de communication et de résolution de problèmes.
- Salle stratégique: vision globale de la performance de l’organisation, alignée avec les orientations et les priorités de l’organisation.
- Salle tactique: suivi des projets structurants, des indicateurs et des enjeux par direction. Déclinaison de la salle stratégique. Oriente les priorités et favorise la cohérence des opérations.
- Salle opérationnelle (ou station visuelle opérationnelle): suivi de la performance de ce qui crée de la valeur pour l’organisation, soit en ce qui concerne les opérations de l’organisation.
Quels sont les avantages d’une gestion de performance coordonnée?
Une gestion intégrée de la performance, mise en œuvre et coordonnée par le biais d’une structure de gestion formelle et rigoureuse, génère des avantages concrets qui créent de la valeur.
Alignement stratégique
Toutes les actions sont alignées sur la vision, les objectifs et les priorités stratégiques.
Agilité accrue
Vous pouvez ajuster rapidement les priorités, grâce à la centralisation et l’actualisation des informations, à la visualisation des écarts de performance par tous les acteurs de l’organisation et à la tenue de rencontres structurées fréquentes.
Meilleure communication
Les salles de pilotage favorisent la communication entre les équipes (direction, cliniciens, gestionnaires). Elles mettent fin aux cloisonnements et permettent une compréhension commune des enjeux.
Mobilisation des équipes
La gestion intégrée de performance permet une implication active dans la recherche de solutions et la prise de décision. Elle facilite l’engagement de tous les acteurs par la délégation de certaines responsabilités (ex.: plan d’action).
Climat de travail favorisant la confiance
Cette façon de faire développe une culture d’amélioration continue et réduit le stress lié à l’incertitude grâce à une vision claire et commune. Les équipes se sentent responsabilisées et valorisées, ce qui favorise la rétention et l’engagement.
Quelles sont les conditions de succès pour l’intégration réussie d’un suivi de performance global?
Leadership fort et engagement
Les gestionnaires de tous les niveaux de l’organisation doivent croire en la démarche et démontrer leur engagement. Sans leadership fort, le système ne peut s’ancrer.
Culture de collaboration et d’amélioration continue
Favoriser un climat où les problèmes sont vus comme des occasions d’amélioration, sans blâme, encourage la participation active des équipes.
Clarté des rôles et responsabilités
Il faut s’assurer d’éviter les zones grises et de déléguer les responsabilités aux membres concernés des équipes.
Données fiables et accessibles
Les indicateurs doivent être pertinents, à jour, compréhensibles, accessibles et de qualité.
Formation et accompagnement des gestionnaires
Des formations adéquates et de l’accompagnement doivent être prévus pour développer les compétences d’animation, d’analyse et être dans une démarche d’amélioration continue.
Fréquence et rigueur des rencontres
Afin de maintenir l’agilité, il vaut mieux prévoir des rencontres plus courtes, mais plus fréquentes.
Ajustement en continu
Cette méthode permet de piloter la mise en œuvre à petite échelle, avec quelques indicateurs, de s’ajuster en continu, de gagner en compétences et en habiletés avant la mise en œuvre à plus grande échelle.
Dans un contexte marqué par l’incertitude et la rareté des ressources, la gestion intégrée de la performance s’impose comme un levier essentiel pour assurer la cohérence et l’agilité des organisations. Elle permet de passer d’une approche en vase clos à une vision globale, où chaque niveau contribue à des objectifs communs.
Une saine gestion intégrée de la performance ne repose pas seulement sur la mise en place des mécanismes intégrés de gestion, tels que les salles de pilotage, mais elle requiert également l’acquisition d’habiletés et d’une maturité de gestion suffisante, la présence d’une culture de mesure robuste, ainsi qu’une culture d’amélioration continue vivante et pérenne.
Cet article a été rédigé en collaboration avec Sarah Forget-Thibodeau, conseillère principale en conseil en management au sein de Raymond Chabot Grant Thornton.