26 Mar 2012

Les niveaux de stress ressentis par les chefs d’entreprise ont connu leur plus faible augmentation depuis 2005, selon les recherches mondiales menées auprès de 6 000 sociétés et présentées dans l’International Business Report (IBR) de Grant Thornton. Les économies en crise et les perspectives encore incertaines incitent bon nombre de personnes à se demander si les chefs d’entreprise gèrent leurs objectifs de façon à alléger le stress, s’ils ont mis un nouveau frein à la croissance ou s’ils ont appris à mieux gérer les défis auxquels ils font face.

En 2010, un pourcentage net de 45 % des chefs d’entreprise affirmaient avoir connu une augmentation des niveaux de stress au cours de 12 mois précédents, mais ce chiffre a chuté à seulement 28 % en 2011. D’ailleurs, la tendance se maintient partout dans le monde, un pourcentage net de 21 % des chefs d’entreprise en Amérique du Nord faisant état d’une augmentation du niveau de stress dans l’année, comparativement à 35 % en 2010. L’Asie-Pacifique est la région connaissant les niveaux de stress les plus élevés (un pourcentage net de 44 % des entreprises de la région ont enregistré une hausse au cours des 12 derniers mois), ce qui, néanmoins, constitue une baisse de 58 % par rapport à 2010. Même pour une Europe en difficulté, où se trouve le centre de la turbulence économique, le taux d’augmentation net du niveau de stress net est passé de 40 % en 2010 à 22 % cette année.

Selon Ed Nusbaum, PDG de Grant Thornton International : « Face à une crise économique qui se poursuit, la plupart des chefs d’entreprise ont appris à mieux gérer les défis qu’ils doivent relever, y compris la gestion du stress, en ajustant les mesures de rendement et les objectifs de façon plus réaliste. C’est aussi vrai pour les économies des pays BRIC, en plein essor, que pour l’Europe en difficulté.

Nous constatons que nos clients à l’échelle planétaire gèrent de façon plus efficace la volatilité et l’incertitude économique. Les entreprises ont également appris à mieux analyser les risques, en les intégrant à leur rendement, et elles établissent maintenant des objectifs plus réalistes qu’auparavant. Bien entendu, certaines sociétés réussissent mieux malgré le contexte économique peu reluisant. »

La question du stress au travail a été soulignée récemment lorsqu’António Horta-Osório, PDG du Lloyds Banking Group au Royaume-Uni, a été obligé de prendre un congé de presque trois mois en raison d’une maladie attribuable au stress.

L’IBR révèle que l’atteinte des objectifs de rendement est de loin le plus grand problème des entreprises. À l’échelle mondiale, 30 % des chefs d’entreprise la considèrent comme étant une source principale de stress au travail, tout comme le font 37 des 40 économies comprises dans le sondage. Le stress lié au volume des communications, aux politiques de bureau (11 %) et à l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle (9 %) est beaucoup moins mentionné.

Le Professeur John Maule, expert en matière de recherches liées aux décisions à l’École de gestion de Leeds University, au Royaume-Uni, s’est exprimé à ce sujet : « Les exigences accrues qui sont imposées aux gestionnaires pendant les périodes de volatilité économique peuvent faire augmenter les niveaux de stress. Toutefois, les personnes essaient toujours de gérer proactivement ces exigences afin de réduire le niveau de stress. Étant donné qu’elles subissent les tensions découlant du contexte commercial externe, elles doivent rechercher la solution à l’interne.

La réalisation des objectifs de rendement étant la source de stress la plus importante pour les propriétaires d’entreprises, ces derniers peuvent, en limitant la portée des objectifs, atténuer l’écart entre ce qu’ils souhaitent réaliser et ce qu’ils parviennent réellement à accomplir. Voilà une stratégie efficace pour réduire le stress. Cependant, lorsqu’on diminue les attentes en matière de rendement, cela se traduit par une baisse de l’activité économique, et ce, au moment où le besoin est le plus grand. »

Selon les recherches, la pratique d’un sport ou l’entraînement constitue la principale façon d’évacuer le stress chez les chefs d’entreprise. À l’échelle planétaire, 62 % des répondants réduisent leur stress de cette façon. Il est intéressant, toutefois, de remarquer que cela varie de 78 %, en Amérique du Nord, à seulement 40 %, dans les économies des pays BRIC. Les loisirs constituent d’autres façons courantes de gérer le stress, à l’intérieur (54 %) comme à l’extérieur (46 %) de la maison. Les entreprises (35 %) mentionnent également le fait de déléguer des tâches et d’avoir des heures régulières de travail.

Néanmoins, selon l’IBR, seulement 42 % des chefs d’entreprises prennent des vacances dans le but d’évacuer leur stress, et ce choix est suivi de la pratique d’un sport ou de l’entraînement (62 %), et des divertissements à la maison (54 %). Les points précédents contrastent avec la nette corrélation qui existe entre le nombre de congés pris par les chefs d’entreprise et leur niveau de stress (tel qu’il est illustré ci-dessous).

Les pays où les gens d’affaires prennent le moins de congés (par ex., le Japon, la Chine continentale et la Thaïlande) présentent les plus fortes augmentations du niveau de stress. Inversement, les chefs d’entreprise des Pays-Bas, de la Russie et du Danemark ont pris le plus de congés en 2011 et signalaient avoir les plus faibles taux d’augmentation de stress.

Ed Nusbaum ajoute : « Les résultats prouvent clairement que le fait de prendre des vacances peut diminuer les répercussions du stress sur les chefs d’entreprise. Les clients potentiels en pleine croissance ont besoin d’une direction forte et bien concentrée, nous leur recommandons donc de prendre un certain recul pour réfléchir et refaire le plein d’énergie afin d’entrevoir la prise de décisions sous un autre angle. »

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Notes à l’intention des journalistes
L’International Business Report (IBR) de Grant Thornton présente des observations sur les points de vue et les attentes de plus de 11 500 entreprises par année à l’échelle de 40 économies. Ce sondage unique s’inspire des données sur les tendances au cours de 20 ans pour la plupart des participants et au cours de neuf ans pour bon nombre des économies non européennes. Pour de plus amples renseignements, veuillez visiter la page suivante : www.internationalbusinessreport.com.