Jean-François Boudreault
Associé | Conseils en ressources humaines

Malgré un contexte difficile pour les entreprises, il est encore possible de faire valoir à votre employeur des compétences qui sont recherchées.

La situation des derniers mois a donné plusieurs maux de tête aux organisations. Une multitude de secteurs tournent au ralenti, certaines entreprises ont fermé, d’autres redémarrent progressivement. Cependant, de façon générale, la grande majorité des organisations ont souffert. La plupart d’entre elles ont été contraintes de réduire leurs dépenses, de revoir leur budget de fonctionnement, de mettre sur la glace des projets d’investissement, de procéder à certains gels de salaires, d’embauche ou de promotion. Bref, les conditions optimales ne sont certainement pas réunies pour se négocier une augmentation en cette période d’incertitude, pensez-vous.

Détrompez-vous, l’occasion est peut-être propice. Pour ce faire, vous devrez renforcer votre position et travailler votre stratégie d’attaque. Voici quelques repères :

1. Connaitre votre valeur sur le marché

Avant de déposer une demande d’augmentation salariale, il serait intéressant de faire une petite introspection. Voici quelques questions pour alimenter votre réflexion :

  • Mes responsabilités répondent-elles à mes besoins?
  • Suis-je toujours aussi motivé à exécuter mes tâches?
  • L’entreprise et le gestionnaire répondent-ils à mes attentes?

Dites-vous qu’une augmentation salariale n’améliorera pas votre qualité de vie au travail, et ne renforcera pas votre sentiment d’appartenance ou votre bonheur. Faites cette démarche pour les bonnes raisons.

Connaissez-vous votre valeur théorique sur le marché? La valeur théorique représente ce qui est habituellement payé pour un salaire et une expérience similaire sur un marché comparatif.

Il existe plusieurs façons de recenser cette information. Si vous faites partie d’un ordre professionnel, vous recevez probablement des études salariales qui peuvent vous donner une orientation. Autrement, des sondages publics ou une base de référence se trouvent assez facilement sur le web. Des firmes de recrutement détiennent également plusieurs informations sur le marché et pourront vous aider en ce sens.

Lorsqu’une personne accepte un nouvel emploi ou accède à une promotion, c’est souvent pour elle l’occasion d’obtenir une augmentation salariale. Alors, comment doit-on s’y prendre pour créer le même effet de levier lorsque nous sommes en selle depuis un certain temps ?

2. Souligner la richesse de vos contributions

Transposez-vous dans les souliers du gestionnaire. Il vous faut construire un argumentaire, et surtout, le présenter intelligemment au moment propice. Vous devrez être en mesure d’expliquer clairement votre apport à l’organisation et de démontrer de façon concrète votre plus-value en tant que travailleur.

  • Qu’apportez-vous?
  • Comment contribuez-vous à la croissance et à l’enrichissement?
  • Quelles sont les économies engendrées par certains projets que vous avez réalisés?
  • Quels sont vos bons coups?

Pensez à tous les projets auxquels vous avez participé, aux contrôles internes que vous avez mis en place et qui ont permis d’éviter le pire, au rayonnement que vous donnez à l’organisation qui lui permet de se positionner, à l’expérience que vous faites vivre aux clients qui en redemandent.

Bref, soulignez la valeur de vos contributions et de vos projets. N’oubliez pas que le gestionnaire pense coûts-bénéfices. Surtout, évitez l’argumentaire du type : je suis « sous-payé », ou encore « je mérite ça, depuis le temps que je fais ce travail ». Voyez plus loin et soyez stratégique dans votre approche.

3. Valoriser vos compétences et votre savoir

Il existe une multitude de compétences susceptibles d’être mises en avant, et il n’est pas question de les choisir au hasard. N’oubliez pas que vous devrez justifier chacune d’entre elles au moment de l’entretien et en être convaincu si un débat d’idées s’installe.

En premier lieu, il convient de distinguer les compétences des qualités. Il s’agit bien de deux notions différentes. Les compétences professionnelles correspondent à un savoir-faire spécifique, acquis au cours d’une expérience ou validé par un diplôme.

Les qualités sont des traits de personnalité ou de caractère. Interrogez-vous sur les aptitudes particulières dont vous avez fait preuve pour mener à bien vos projets et vos mandats. Ceci vous indiquera vos qualités et vos talents personnels.

Les professionnels de l’informatique peuvent faire valoir à leurs gestionnaires que leurs compétences et leur expertise sont nécessaires et de plus en plus précieuses pour assurer la continuité des activités et la sécurité de l’entreprise pendant et après la pandémie actuelle. Sans eux, une grande majorité aurait été dans le brouillard avec cette vague de télétravailleurs.

Par exemple, plusieurs études ont démontré que les entreprises n’étaient pas outillées pour faire face à une cyberattaque. Les professionnels ayant des compétences en matière de cybersécurité devraient souligner la valeur qu’ils apportent à l’organisation à l’ère du travail à distance, d’autant plus qu’il est difficile pour de nombreuses organisations de recruter et de retenir des personnes ayant ces compétences.

4. Élaborer une stratégie et conserver des options

Soyez stratégique dans votre timing. Dites-vous que le pire moment pour négocier une augmentation est lors de l’évaluation annuelle, alors que la majorité de vos collègues sont également en mode « négo ».

Prenez les devants et essayez de contrôler les paramètres du jeu. Appuyez-vous sur les données que vous avez fait ressortir et bonifiez avec vos bons coups et ce qui vous rend unique, voire magique.

N’oubliez pas que la négociation est un art. Votre stratégie devra être élaborée en pensant qu’elle sera malmenée lors du débat. Gardez-vous quelques munitions pour attaquer de côté si un élément clé se voit rejeter.

Soyez prêt à pivoter vers d’autres possibilités si une augmentation n’est réellement pas possible. Par exemple, vous pouvez utiliser des bénéfices tels que les options d’achat d’actions, des jours de vacances supplémentaires, une allocation de dépenses discrétionnaire, un horaire flexible, une allocation de voiture, un stationnement payé, une bonification de l’assurance collective ou une bonification discrétionnaire.

5. Rester positif

Malgré les obstacles potentiels et vos perceptions, dites-vous que les organisations ont toujours intérêt à reconnaître leurs employés ayant des compétences essentielles au bon fonctionnement des opérations et à les rémunérer à leur juste valeur, d’autant plus que bon nombre de ces employés sont susceptibles de traverser la clôture s’ils se sentent exploités ou non valorisés. N’hésitez pas à faire savoir à votre gestionnaire que l’organisation vous tient particulièrement à cœur et que vous souhaitez y créer de la valeur.

Demander une augmentation est une partie importante du processus de perfectionnement professionnel, mais le moment pour le faire est crucial. Si votre demande est refusée, les raisons se justifient sûrement, et pour vous, ce n’est pas une finalité.

Se lever chaque jour avec le sourire aux lèvres, aimer ce que vous faites comme travail et avoir le sentiment de contribuer à l’organisation est souvent plus gratifiant qu’une augmentation de salaire.

Continuez d’exceller dans votre travail, de vous développer, d’évaluer votre motivation et vos objectifs, et d’examiner les raisons pour lesquelles vous méritez une augmentation. Si vous poursuivez votre travail avec enthousiasme et pour les bonnes raisons, ces efforts seront reconnus et vous pourrez revenir avec une nouvelle stratégie d’approche dans quelques mois.

24 Août 2020  |  Écrit par :

Jean-François Boudreault est associé au sein de Raymond Chabot Grant Thornton. Il est votre expert...

Voir le profil

Article suivant

La situation stratégique de Montréal et les compétences technologiques de ses habitants, combinées à l’approche ouverte du Canada en matière de commerce international, font de la ville un point d’accès idéal pour l’Amérique du Nord, mais aussi pour le reste du monde.

« Le commerce international est au cœur de la stratégie de croissance de Montréal », affirme Valérie Verdoni, directrice principale chez Raymond Chabot Grant Thornton, et directrice du Centre d’affaires internationales de la firme.

Elle continue : « Les accords de libre-échange que le Canada a conclu avec ses voisins en Amérique du Nord, avec l’Union européenne et avec d’autres groupes de pays dans le monde entier, nous donnent accès à plus de 50 économies représentant environ 1,5 milliard de consommateurs. Au sein du Canada, Montréal offre un large éventail d’avantages et de mesures incitatives pour les entreprises internationales ».

Il s’agit notamment de son excellente situation stratégique en ce qui a trait au transport routier et ferroviaire ainsi qu’au transport aérien de marchandises et de passagers, de son infrastructure commerciale de classe mondiale et, ce qui est peut-être encore plus convaincant, de son capital humain de haut niveau.

Un ensemble de connaissances de classe mondiale

« L’accès à des travailleurs qualifiés à Montréal est probablement l’une des principales raisons pour lesquelles les entreprises déménagent ici, explique Valérie Verdoni. Avec 11 établissements universitaires et plus de 60 établissements collégiaux, la ville offre un large éventail de talents, en particulier dans le domaine des technologies.

Le Canada est un pays favorable à l’immigration : de nombreuses personnes viennent ici pour terminer leurs études, et au lieu de retourner ensuite dans leur pays d’origine, la plupart d’entre elles décident de rester en raison de la qualité de vie à Montréal. Le bassin de talents ainsi créé est donc formidable ».

Le secteur des technologies est devenu la plus grande source de possibilités économiques de la ville, selon Valérie Verdoni; il a profité d’un soutien considérable de la part des gouvernements fédéral et provincial.

« Montréal a été désignée comme le siège de la supergrappe SCALE.AI, une initiative fédérale mise en place par le gouvernement pour augmenter le nombre d’emplois dans l’industrie des technologies, mais aussi pour inciter les entreprises à innover dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Le secteur des jeux vidéo est lui aussi florissant, et plusieurs des plus grandes entreprises technologiques du monde se sont installées ici, comme Google et Facebook. »

De plus, le Canada et, particulièrement, le Québec, sont reconnus au niveau international comme d’excellents endroits où mener des activités de recherche scientifique et de développement expérimental, car les gouvernements fédéral et provincial y offrent des incitatifs fiscaux considérables et très attrayants aux entreprises qui mènent des activités de recherche et développement.

Le bon environnement au bon endroit

L’attrait de Montréal est en partie dû à son patrimoine culturel. En tant que plus grande ville d’un Québec francophone, elle offre un environnement cosmopolite et accueillant pour les expatriés. Valérie Verdoni souligne que, bien que des mesures soient en place pour protéger la langue française dans la région, l’anglais est largement utilisé dans le cadre des affaires.

Le coût relativement faible de la création et de la gestion d’une entreprise à Montréal est un autre facteur qui les attire, ajoute-t-elle.

« En comparaison aux autres grandes villes d’Amérique du Nord, les loyers des bureaux et des immeubles résidentiels sont très abordables, alors que les salaires, même dans les secteurs à forte croissance comme celui des technologies, sont particulièrement concurrentiels du point de vue de l’employeur. En plus des faibles coûts de l’électricité, en particulier pour les gros clients, il existe des incitatifs fiscaux importants, comme des crédits pouvant aller jusqu’à 30 % sur les dépenses de recherche et développement. »

Selon Valérie Verdoni, les gouvernements fédéral, provincial et municipal, en collaboration avec le secteur privé, font des efforts concertés pour attirer des entreprises internationales à Montréal, principalement par l’entremise de l’agence de promotion économique Montréal International.

« Il existe également un certain nombre de programmes intéressants mis en place pour aider les entreprises locales à maximiser les possibilités d’exportation, comme Export Québec et CanExport ».

Sa capacité à offrir aux entreprises d’une multitude de secteurs la possibilité de commercer librement avec les économies d’Amérique du Nord, d’Europe et du Pacifique, ainsi que son environnement d’affaires abordable et sa main-d’œuvre hautement qualifiée, font de Montréal l’endroit idéal pour les entreprises de tous types et de toutes tailles, à toutes les étapes de leur développement.

Une passerelle vers l’Amérique du Nord et le monde

L’environnement d’affaires accueillant et ouvert de Montréal en fait la passerelle idéale pour les entreprises qui souhaitent prendre de l’expansion en Amérique du Nord ou faire du commerce sur plusieurs territoires. Pour en savoir plus sur l’établissement de votre entreprise ici, communiquez avec Valérie Verdoni.

Article suivant

Robert Pouliot
Conseiller | Conseils financiers

Des changements au Code civil du Québec obligent les syndicats de copropriétés divises à se conformer à de nouvelles exigences.

Afin de bien protéger votre copropriété en cas d’incident ou de sinistre, vous devez connaître ces obligations et vous y préparer adéquatement.

Nouvelles dispositions : mieux protéger les copropriétaires

Pour les assureurs, il est nécessaire de distinguer la valeur d’une propriété lors de sa construction initiale et la valeur ajoutée grâce aux améliorations apportées par les copropriétaires d’une unité.

Afin de mieux protéger les copropriétaires, le gouvernement impose donc désormais la création d’un registre des parties privatives qui n’ont reçu aucune amélioration locative donnant lieu à une plus-value. C’est ce qu’on appelle les « unités de référence ». La valeur d’une unité de référence est déterminée selon son état d’origine ou « de base » et correspond aux coûts actuels de reconstruction.

Le but de cette disposition est de rendre identifiables les améliorations apportées par les copropriétaires et ainsi d’établir si un changement apporté par un copropriétaire constitue une amélioration locative ou un simple remplacement d’une composante en fin de vie utile par une autre similaire.

Sans cette description ou fiche technique d’une unité de référence, la loi présume que les parties privatives ne comportent aucune amélioration. Et donc, en l’absence du registre, l’assureur pourrait ne pas payer pour des améliorations réalisées par les copropriétaires.

Dans l’éventualité où des améliorations locatives auraient pour effet d’augmenter la valeur de ladite unité, le propriétaire a l’obligation de souscrire personnellement à une assurance pour protéger la valeur des améliorations. Un second rapport descriptif, ou une fiche technique détaillant les modifications à l’unité, est alors requis.

En ce qui a trait à la valeur de reconstruction d’une unité de référence, celle-ci est assumée par l’assurance détenue par le syndicat des copropriétaires.

Valeur de reconstruction de l’immeuble : une évaluation professionnelle tous les cinq ans

Autre changement à la loi qui entrera en vigueur au plus tard le 13 juin 2022 : tout syndicat de copropriété doit posséder une couverture d’assurance suffisante pour assurer la valeur de reconstruction intégrale de l’immeuble. Dans la nouvelle mouture de l’article 1073 du Code civil du Québec et selon le décret 442-2020, les syndicats ont l’obligation d’engager un membre de l’Ordre des évaluateurs agréés du Québec pour exécuter l’évaluation du coût de reconstruction de l’immeuble.

De plus, la valeur de reconstruction devra inclure les taxes, les frais de déblai et les honoraires des différents professionnels agissant dans le cadre de la reconstruction. Une mise à jour de l’évaluation professionnelle tous les cinq ans est également requise. Ces mises à jour devront être transmises aux assureurs afin d’indexer le coût de reconstruction à sa valeur réelle.

Soyez bien outillés et bien conseillés

Malheureusement, il arrive trop souvent que certains syndicats de copropriétaires soient sous-assurés et subissent les conséquences d’un sinistre occasionnant une perte totale ou partielle. En tant que copropriétaire ou représentant d’un syndicat de copropriété, il est impératif d’être au courant des lois en vigueur et des répercussions possibles.

Notre équipe en évaluation immobilière est là et saura vous accompagner afin que vous respectiez les nouvelles exigences de la loi et, bien sûr, que vous soyez assuré adéquatement. Grâce à nos compétences et à notre vaste expérience, nous produirons les rapports requis pour la valeur de reconstruction d’un immeuble, d’une unité de référence ou d’améliorations locatives effectuées à une unité privée.

Nos professionnels qui exercent dans le domaine de l’évaluation immobilière depuis de nombreuses années sont également en mesure de vous accompagner dans le cadre d’autres projets tels que :

  • propriétés commerciales, industrielles et résidentielles,
  • immeubles locatifs (quatre logements et plus),
  • fermettes,
  • résidences pour personnes âgées,
  • terrains vagues.

Quel que soit le projet immobilier, de copropriété ou non, de nature résidentielle, commerciale ou industrielle, nos professionnels prodigueront des recommandations adaptées à vos besoins.

De plus, nous sommes sensibles aux délais auxquels vous faites face et c’est pourquoi nous sommes en mesure de répondre efficacement à vos demandes.

N’hésitez pas à communiquer avec nous afin d’avoir davantage d’explications quant à vos obligations en lien avec la nouvelle loi (projet de loi 141 adopté) ou tout autre projet immobilier.

Cet article a été rédigé en collaboration avec Daniel Bouchard, évaluateur agréé.

19 Août 2020  |  Écrit par :

Robert Pouliot est évaluateur et consultant en immobilier au sein de Raymond Chabot Grant Thornton....

Voir le profil

Article suivant

Marie-Pierre Gérard
Directrice principale | PhD Mathématiques computationnelles | Conseils numériques et technologiques

La pandémie oblige de nombreuses entreprises à accélérer leur virage numérique. Comment l’intelligence artificielle peut-elle leur venir en aide?

Avec des effectifs moins disponibles et une distance qui ajoute de la complexité au quotidien, plusieurs PME ont dû revoir leur plan d’affaires et accélérer leur transformation numérique, tout en assurant la continuité des services auprès de la clientèle. L’automatisation des processus d’affaires peut contribuer à leur efficience, à condition d’avoir la bonne approche.

L’automatisation des processus d’affaires : oui, mais…

Pour un grand nombre de joueurs de l’industrie financière, les projets de transformation numérique pour les lignes d’affaires avaient commencé avant la pandémie par une approche classique d’automatisation des processus d’entreprise (BPA), parfois même pour des projets complexes.

Ces projets nécessitaient invariablement une longue feuille de route et le parcours était semé d’embûches. L’évaluation du rendement se basait parfois sur des hypothèses, dont les données pouvaient varier notablement à court et à moyen terme et, ainsi, rendre la solution cible caduque.

Dans les deux dernières années, l’intégration de solutions d’intelligence artificielle s’est invitée dans l’automatisation des processus d’entreprise. Dans les institutions financières, par exemple, on tentait de prédire des comportements d’usagers, de prescrire des actions anticipées, d’accélérer le traitement de documents ou d’augmenter le nombre de nouveaux clients.

Ainsi, plusieurs entreprises s’embarquaient dans des processus de transformation beaucoup trop lourds, sans résultats tangibles et bien trop coûteux. À cela s’ajoutait une certaine frustration de la part des promoteurs et des équipes opérationnelles. Ils percevaient que les solutions d’analytique avancée et d’intelligence artificielle s’intégraient mal au quotidien d’une équipe. Cette perception a empêché les petites entreprises d’investir dans leur transformation numérique.

Toutefois, la situation actuelle a poussé les entreprises à exiger davantage, à maîtriser le rendement à plus courte échéance. Tous nos clients nous le disent : ils n’ont plus le choix de moderniser leur infrastructure, de rationaliser leur processus d’affaires et de valoriser leurs données. L’automatisation des processus d’affaires et la méthodologie de réalisation doivent être pragmatiques.

Démystifier la complexité de l’automatisation des processus d’affaires pour les PME

L’approche a changé et les entreprises souhaitent mettre en place des initiatives d’automatisation de façon raisonnée, itérative, et pour lesquelles chaque dollar investi garantit un résultat tangible dans le quotidien des équipes.

Les facteurs de succès sont les suivants :

  • Une approche itérative et portable, processus par processus;
  • Une feuille de route simple décrivant le processus existant, les fonctionnalités qui seront automatisées et la raison de ce changement;
  • La visualisation rapide du bénéfice par le promoteur à travers une démonstration de faisabilité intégrant la couche de présentation des données d’affaires;
  • Une solution d’automatisation augmentée par l’intelligence artificielle, développée et testée dans les règles de l’art et mise en production au bout de quelques mois.

Par exemple, une compagnie d’assurance pourra faire le choix d’automatiser d’abord le traitement, le suivi et la mise à jour des contrats, plutôt que d’automatiser de bout en bout le processus de réclamations.

Dans un souci d’efficacité et de réduction des erreurs humaines, certains clients, comme des cabinets d’avocats ou des directions de ressources humaines de grandes entreprises, choisissent d’automatiser la partie répétitive du processus de vérification, de recherche ou de traitement des documents papier. Les techniques de reconnaissance optique de caractères (OCR) sont ensuite utilisées pour améliorer les solutions robotiques afin de fluidifier, d’accélérer et de fiabiliser les traitements. Ainsi, les équipes peuvent investir leur temps dans des tâches à valeur ajoutée.

Les projets de transformation numérique pour les PME atteignent le succès en équilibrant l’automatisation orientée vers les processus et l’intelligence artificielle axée sur les données. Ainsi, ils obtiennent des résultats tangibles et facilitent l’intégration opérationnelle des processus automatisés.

En résumé, l’accès à la donnée, son interprétation et sa structuration ainsi que la mise en place d’automatisation des tâches humaines répétitives permettent d’optimiser le processus d’affaires préalablement spécifié. Cette robotisation sera codée en termes de logiques traduisant des règles d’affaires. Cette donnée valorisée facilitera ensuite de façon optimale l’apposition d’un modèle d’apprentissage.

Ensuite, le développement de cette automatisation par un modèle d’intelligence artificielle nécessitant un entraînement spécifique permettra de prendre en charge une analyse plus ou moins complexe, comme la lecture de documents, et d’extraire les informations pertinentes des données semi-structurées. Le modèle déchiffrera correctement les informations à extraire à partir d’une variété de types et de formats de documents.

Fédérer et former les équipes pour travailler avec ces nouveaux modèles

Ces modèles novateurs sont extrêmement performants, mais nécessitent que l’équipe opérationnelle accepte et accueille ces nouveaux joueurs dans leur quotidien. La pédagogie et un effort accru pour rendre la solution opérationnelle dans son intégralité, c’est-à-dire de son utilisation quotidienne à sa maintenance, sont des facteurs clés de succès.

Tout doit être connu et inclus : l’apprentissage de l’équipe, la connaissance de ce que le robot fait et ne fait pas, les programmes d’exécution, la gestion des erreurs, les nouveaux gestes des membres de l’équipe, etc. Une routine doit être établie, tant au sein de l’équipe commerciale qu’avec les services informatiques et de soutien.

La réussite d’un tel projet est fondamentalement axée sur l’image d’ensemble. L’automatisation est utilisée là où c’est nécessaire et où la preuve de valeur est ciblée et rapide. En même temps, elle permet l’intégration de technologies plus complexes comme l’intelligence artificielle (machine learning, traitement du langage naturel, capacité interactive) et augmente le degré d’efficacité des personnes impliquées dans le procédé. Le choix du processus à entamer n’est pas nécessairement compliqué. Intégrer l’automatisation augmentée et la faire adopter par l’équipe reste le point de vigilance.

Même si les entreprises ont dû repenser leurs stratégies d’affaires afin de survivre à la pandémie, celle-ci les a contraintes à se recentrer sur l’essentiel et sur l’obtention de résultats mesurables. Le virage numérique par le biais de l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’automatisation des processus d’affaires est une solution viable et performante, non seulement pour les grandes entreprises, mais particulièrement pour les PME.

19 Août 2020  |  Écrit par :

Marie-Pierre Gérard est experte en conseils numériques au sein de Raymond Chabot Grant Thornton.

Voir le profil