Jean-François Boudreault
Associé | Conseils en ressources humaines

Les progrès technologiques, sociaux et environnementaux incitent les organisations à revoir leurs critères d’embauche. Quels sont les plus importants?

Déjà aux prises avec des enjeux de main-d’œuvre, les employeurs sont également touchés par les changements qui s’effectuent au sein de nos sociétés, les obligeant à repenser leur manière de faire et à s’organiser différemment à l’aide de leurs ressources internes.

Dans un tel contexte, certains atouts sont davantage mis en valeur au sein du personnel. Afin d’aider les organisations à adapter leur approche, à conserver une longueur d’avance et à assurer stabilité et prospérité dans un marché hautement compétitif, nous avons défini les cinq compétences à favoriser dans le processus de recrutement et de formation d’employés.

1. Adaptabilité et résolution de problèmes complexes

Dans un monde en constante évolution, la capacité à s’adapter est plus importante que jamais. Les dirigeants d’entreprise, les gestionnaires et les employés de première ligne doivent reconnaître mais aussi anticiper les changements soudains, prendre des mesures immédiates et proposer des solutions viables pour surmonter les obstacles.

La pandémie est un bon exemple qui démontre que la pensée adaptative est cruciale à la continuité des affaires. Une majorité des commerces de détail se sont numérisés (commande en ligne, site transactionnel) pour continuer de servir leurs clients, et de nombreuses entreprises ont dû jongler du jour au lendemain avec des employés en télétravail. Une réponse aussi rapide face aux changements externes leur a permis non seulement de stabiliser leurs activités à court terme, mais aussi de prospérer à long terme. Acquérir et développer des compétences en lien avec la capacité d’adaptation peut vous aider à surmonter les difficultés, à continuer d’avancer et à prospérer malgré tous les défis.

2. Intelligence collaborative et communicationnelle

L’intelligence sociale représente un ensemble de capacités diverses qui déterminent les interactions sociales au travail ou à la maison. On parle ici de la capacité à comprendre le comportement des autres, son propre comportement et la capacité d’agir dans certaines conditions. En outre, l’intelligence sociale est directement liée à la communication et à l’empathie, les compétences générales les plus demandées aujourd’hui.

Une communication efficace entre les employés a toujours fait partie intégrante d’une collaboration d’équipe réussie. Aujourd’hui, avec le télétravail qui prend davantage de place, il est vital pour les entreprises d’assurer une collaboration virtuelle suffisante. Par conséquent, elles devront promouvoir et encourager l’intelligence sociale parmi leurs équipes afin d’améliorer la cohésion et atteindre les objectifs souhaités.

3. La pensée critique

Comme nous vivons sans cesse des transformations de tout genre, une des compétences les plus recherchées sur le marché du travail est sans nul doute la pensée critique. Cette aptitude permet d’analyser et de classer les informations importantes de manière objective. Certains employeurs pensent qu’un employé devrait accepter et exécuter toutes les tâches et décisions sans jamais se questionner ou faire objection. Au contraire, l’employé doit être en mesure de comprendre le but ou l’objectif d’une action, faire preuve d’objectivité face au moyen choisi et remettre en question certaines décisions ou actions s’il juge qu’il serait plus efficace de faire autrement.

Devant cette quantité phénoménale d’informations que nous absorbons, il est important de savoir exercer son esprit critique. Cette compétence se trouve à la base de l’innovation et est directement liée à la capacité à résoudre des problèmes. Lorsqu’elle est correctement cultivée et utilisée au travail, elle peut aider les équipes à surmonter les obstacles et à atteindre les objectifs fixés.

4. L’intelligence émotionnelle

Vos ressources humaines sont au cœur de toute transformation réussie, qu’elle soit technologique, organique ou autre. Il n’y a pas si longtemps, les critères de recrutement étaient basés quasi exclusivement sur les aptitudes intellectuelles acquises et le savoir-faire technique. L’employeur privilégiait les personnes qui présentaient de bons résultats académiques et qui possédaient de l’expérience dans leur domaine d’affaires. Sans toutefois négliger ces deux compétences, l’attention est désormais davantage orientée vers les qualités personnelles.

En interdépendance avec l’intelligence rationnelle qui analyse les informations reçues, l’intelligence émotionnelle permet d’orienter ses pensées et son comportement en fonction de ses propres émotions et de reconnaître celles des autres pour ainsi favoriser les relations et le travail d’équipe. L’intelligence émotionnelle favorise également la capacité à prendre du recul dans diverses situations, permettant ainsi de trouver une réponse adaptée et efficace. Ceux qui possèdent et maîtrisent cette dimension gèrent plus facilement les conflits et les situations difficiles, créent des liens et communiquent plus facilement, gèrent mieux leur niveau de stress et gagnent plus naturellement le respect de leurs pairs.

5. L’intelligence créative

Pour demeurer compétitive, une entreprise doit faire preuve d’innovation. Pour ce faire, elle a besoin de collaborateurs capables de se projeter, de proposer des idées et solutions novatrices. L’intelligence créative permet de résoudre des problèmes complexes, d’évoluer avec les besoins de la clientèle et même d’adopter des propositions inédites et de saisir les occasions d’affaires qui se présentent.

Les individus dotés de cette compétence ne se contentent pas de ce qui a été fait auparavant, mais font preuve d’une imagination féconde et porteuse. Cette aptitude se caractérise par une propension à :

  • avoir une vision élargie;
  • réfléchir autrement, sortir des sentiers battus;
  • créer des liens entre les idées, les personnes et les projets;
  • s’adapter;
  • proposer des solutions non conventionnelles;
  • être proactif.

Les entreprises qui savent intégrer des individus dotés de ces qualités dans leur équipe se démarquent de leurs compétiteurs, surtout si elles exercent leurs activités dans un secteur hautement concurrentiel ou au sein de marchés saturés.

Plusieurs bouleversements transforment actuellement la nature du travail et la façon de faire des affaires. Les organisations qui miseront sur le développement de leurs ressources ou qui recruteront des employés aux qualités diverses en sortiront évidemment plus fortes. Pour plusieurs types d’emploi, les compétences dites « soft skills », telles que le savoir-être, priment désormais sur le savoir-faire. Les qualités humaines, plus encore que les qualités techniques, sont devenues indispensables pour séduire un futur employeur, exceller en management ou même réussir son parcours professionnel.

Pour apprendre à reconnaître ces compétences chez les individus et les développer au sein de votre organisation, faites-vous accompagner par un expert. Communiquez avec notre équipe si vous avez besoin de plus d’informations.

18 Nov 2021  |  Écrit par :

Jean-François Boudreault est associé au sein de Raymond Chabot Grant Thornton. Il est votre expert...

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L’équipe IFRS de Grant Thornton International a publié le bulletin Insights into IFRS 8 – Principles in brief (en anglais seulement).

Des comptes de gestion de haute qualité sont essentiels pour les entités qui exercent leurs activités au sein de divers types d’entreprises, d’emplacements géographiques, d’environnements réglementaires, de contextes économiques ou de marchés. Ils permettent à la direction de faire un suivi de la performance, d’affecter les ressources et d’élaborer des stratégies d’affaires et de marché.

Pour une entité cotée en bourse, la norme IFRS 8 Secteurs opérationnels exige que la majeure partie de ces informations de gestion soient publiées à l’externe, afin que les investisseurs, les analystes et les autres utilisateurs des états financiers de cette entité puissent examiner les activités selon le même point de vue que la direction.

La série Insights into IFRS 8 aborde les principales questions de mise en œuvre, fournit des indications en matière d’interprétation pour certains aspects problématiques et présente plusieurs exemples illustrant les exigences de la norme.

Ce document d’introduction résume les exigences et le champ d’application d’IFRS 8, puis explique les étapes clés pour déterminer les secteurs à présenter.

Consultez notre Alerte du conseiller.

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L’IFRS Foundation annonce la création d’un conseil des normes internationales d’information sur la durabilité (ISSB).

L’IFRS Foundation a annoncé trois mesures importantes visant à fournir aux marchés financiers mondiaux des informations de haute qualité sur les changements climatiques et sur d’autres questions en matière de développement durable :

  • La création d’un conseil des normes internationales d’information sur la durabilité (International Sustainability Standards Board – ISSB);
  • La fusion du Climate Disclosure Standards Board (CDSB) et de la Value Reporting Foundation (VRF) – qui chapeaute le cadre de référence sur l’information intégrée et les normes du Sustainability Accounting Standards Board (SASB) – d’ici juin 2022;
  • La publication d’un prototype de norme sur la présentation d’informations générales liées aux changements climatiques, élaboré par le groupe de travail sur la préparation technique (Technical Readiness Working Group – TRWG).

Consultez notre Alerte du conseiller pour connaître les détails.

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Marie-Josée Blanchet
Directrice principale | Co-leader de la pratique Tourisme-Loisirs-Culture | MBA | Conseil en transformation des affaires

La pénurie de main-d’œuvre touche particulièrement le secteur touristique, un pan important de notre économie. Que faire devant cet enjeu qui ne se résorbera pas à court terme et quelles sont les solutions pour votre organisation?

Le secteur touristique est en forte croissance. Il représente au Québec 14 milliards de dollars de revenus, 30 000 entreprises et environ 400 000 emplois directs et indirects.

Cette croissance est toutefois ralentie par le manque de personnel. La pénurie de main-d’œuvre constitue un défi depuis plusieurs années en raison, entre autres, du manque d’attractivité des emplois lié aux salaires jugés insuffisants, des conditions de travail difficiles, du vieillissement de la population. Il semble que la pandémie ait aggravé ce problème.

Afin de poursuivre vos activités au cours des prochaines années, vous devrez sans doute
envisager une transformation de votre modèle d’affaires.

Comment ajuster votre modèle d’affaires?

Il existe bien sûr des solutions à moyen et à long terme qui peuvent résoudre une partie du problème : investir dans l’automatisation et se tourner vers le recrutement international, notamment.

À plus court terme, les PME du secteur touristique peuvent élargir le bassin de candidats en encourageant les aînés à demeurer au travail ou les retraités à y revenir et utiliser les programmes de subventions salariales pour intégrer les jeunes et les personnes handicapées.

Ça ne suffira pas pour beaucoup d’entreprises et vous devrez trouver des réponses personnalisées.

Afin de vous orienter vers la meilleure solution pour vous, vous devrez d’abord émettre un diagnostic de votre situation et vous poser les bonnes questions. Quel est votre objectif? Quelle sera votre proposition de valeur? Avec quel partenaire allez-vous l’offrir? Voici quelques éléments à examiner dans le but d’adapter votre modèle d’affaires à cette réalité.

Améliorer l’expérience client, un élément à la fois

Vos clients sont au centre de vos affaires. Afin de conserver une expérience client optimale malgré le manque de main-d’œuvre, vous devez d’abord identifier vos points de contact avant, pendant et après la rencontre avec le consommateur. Trouvez ensuite des façons de contourner les problèmes, un élément à la fois. Voici quelques pistes :

  • Améliorer votre gestion du site web et votre présence sur les réseaux sociaux, en sous-traitant si nécessaire.
  • Optimiser votre plateforme de réservation.
  • Prioriser l’accueil en personne, la clientèle y étant très sensible.
  • Gérer le stationnement à l’aide d’une borne.
  • Créer des forfaits pour favoriser le télétravail et les longs séjours de la clientèle.
  • Proposer une offre alléchante en basse saison, période où il est moins difficile de trouver du personnel.
  • Axer l’offre sur la clientèle d’affaires en semaine et, dans un tel cas, restez fermé les fins de semaine.

Porter attention à l’expérience de vos employés

Bien sûr, vous devez faire le même exercice en ce qui concerne les points de contact avec vos employés. Comment les attirer et leur donner envie de rester?

  • Améliorer le processus d’intégration: assurez-vous du bien-être des nouveaux employés, donnez-leur de la rétroaction.
  • Favoriser l’engagement : bâtissez des relations solides avec vos employés, soulignez leurs bons coups.
  • Enrichir les tâches des employés : des travailleurs qui peuvent se perfectionner vont avoir envie de rester au sein de votre entreprise.
  • Réduire les heures ou les jours d’ouverture : cela permet aussi de favoriser la conciliation travail-vie personnelle.
  • Offrir un horaire allégé pour les étudiants durant les périodes d’examens.
  • Se positionner comme un employeur de choix et le faire savoir : participez à des foires d’emplois, rédigez des offres attrayantes sur les réseaux sociaux.

Intégrer les solutions numériques et technologiques

On parle souvent d’automatisation, et c’est un point important, qui ne doit toutefois pas se faire au détriment de l’expérience client. L’humain est au cœur des relations et des échanges touristiques enrichissants.

Il faut intégrer la technologie de façon intelligence afin de pallier la pénurie de main-d’œuvre tout en améliorant la productivité et en réduisant le temps consacré à des tâches répétitives, ce qui amènera vos employés à passer plus de temps avec les clients. Pensez à vous former et à former vos employés à l’utilisation d’outils numériques d’inventaire, de transactions et de gestion d’horaires. Privilégiez les outils numériques conviviaux, prisés par la jeune génération… et par tout le monde, en fait!

Revenir à des modèles d’affaires qui nécessitent moins de main-d’œuvre

Est-il nécessaire de toujours augmenter son chiffre d’affaires, d’être toujours en croissance? Small is beautiful deviendra peut-être le nouveau mot d’ordre en tourisme. Précisez qui est votre clientèle cible, à la source de votre rentabilité, et concentrez vos efforts sur celle-ci.

Par exemple, vous choisirez peut-être, comme restaurateur, de ne plus offrir de dîners pour vous consacrer aux soupers, ou de vous positionner comme resto de quartier ouvert en semaine, mais fermé les fins de semaine. Ou alors, vous déciderez peut-être, comme hôtelier, de viser uniquement la clientèle d’affaires, ce qui vous évitera d’être ouvert sept jours sur sept.

Le statu quo n’est pas possible. Les propriétaires de PME touristiques et leurs employés sont déjà épuisés. Ce n’est pas viable à long terme. L’objectif ultime n’est pas d’ouvrir le plus longtemps possible. C’est d’offrir une bonne expérience client et une bonne expérience employé, et ce, en accord avec les meilleures pratiques en développement durable.

Le secteur doit se concerter

Les organisations en tourisme doivent repenser leurs stratégies marketing, leurs publics cibles et leur offre afin de répondre aux besoins des PME tout en assurant une relance viable. Elles doivent favoriser le travail d’équipe et le partage de ressources d’ici et d’ailleurs, afin de stimuler la créativité et de générer de nouvelles idées.

On a beau dépenser de l’argent pour faire la promotion d’une région, il faut s’assurer que les hôteliers ou les PME ont la capacité nécessaire pour recevoir les touristes. Il serait plus efficace, par exemple, de les répartir dans des régions moins fréquentées, de les inciter à vous visiter en basse saison, de réduire le partage de contenu et la publicité sur les lieux déjà très courus.

Développez des partenariats locaux pour faciliter la visibilité et la notoriété de votre région. Incluez des activités culturelles, des explorations et des expériences éducatives dans votre offre. La créativité des prestataires de services joue un rôle important dans le choix des touristes et permet aux entreprises de diversifier leur offre et de mieux gérer le flux touristique.

L’économie circulaire est une tendance intéressante à favoriser. On peut penser, entre autres, à des publicités communes ou à de la vente croisée avec un partenaire qui a une offre complémentaire à la nôtre. Ce modèle gagne en popularité, puisqu’il permet de partager des ressources humaines et matérielles, donc d’éviter des pertes et de gagner en efficience.

Par où commencer? Vous devez avant tout dresser un portrait de votre organisation et de son environnement, connaître l’état des lieux. Un bon diagnostic vous aidera à repenser votre modèle d’affaires, à établir un plan d’action et à prioriser les actions selon votre échéancier et votre situation.

17 Nov 2021  |  Écrit par :