Publié le 19 mars 2026
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Budget du Québec 2026: un budget non électoraliste dans un contexte toujours incertain
Le huitième et dernier budget du ministre des Finances du Québec, Éric Girard, avant le grand rendez-vous électoral de l’automne, est élaboré dans un contexte d’incertitudes. Ce budget résistera-t-il aux priorités du prochain chef, même si des sommes budgétaires sont réservées à cette fin, ou d’un prochain gouvernement?
Les enjeux liés au commerce continental, particulièrement ceux résultant des conclusions de l’examen de l’ACÉUM, exigeront-ils un ajustement rapide des finances publiques pour appuyer plus vigoureusement les secteurs d’activité les plus fortement touchés? Plusieurs questions se posent.
Malgré de tels impondérables, le présent budget se veut « sobre, ciblé et responsable », aux dires du ministre des Finances. Le budget ne fait donc pas de cadeaux fiscaux aux contribuables.
Les finances publiques restent au rouge pour au moins cinq ans
La mise à jour économique de l’automne dernier prévoyait un déficit de l’ordre de 12,3 G$ pour le présent exercice financier, ce qui était en deçà de la somme record de 13,6 G$ annoncée dans le précédent budget pour cet exercice. Aujourd’hui, malgré une économie qui tourne plus au ralenti, le gouvernement maintient la prévision d’un retour à l’équilibre budgétaire en 2029-2030 et anticipe un déficit sous la barre des 10 G$ d’ici la fin de l’exercice en cours, soit 9,9 G$, après versement au Fonds des générations.
Pour l’exercice 2026-2027, le déficit s’établirait à 8,6 G$, soit un montant inférieur au 9,5 G$ que prévoyait le budget 2025.
Des mesures de soutien pour nos entreprises
Pour stimuler la croissance des moteurs économiques, certaines mesures sont annoncées dès maintenant et d’autres, possiblement importantes, pourraient voir le jour après l’élection de la nouvelle ou du nouveau premier ministre, le 12 avril prochain. À cette fin, le budget maintient, entre autres, une provision pour éventualités de 8 G$ sur cinq ans, dont 2 G$ pour l’exercice financier 2026-2027. Ces sommes pourraient également être utilisées par le prochain chef du gouvernement pour parer les contrecoups économiques et commerciaux, ou encore pour répondre à d’autres engagements prioritaires.
Quant aux mesures budgétaires visant à permettre aux organisations de croître et d’innover, une somme de plus de 1,7 G$ sur cinq ans est accordée pour accélérer la transformation économique du Québec, soit:
- près de 700 M$ pour soutenir l’adaptation des entreprises au nouveau contexte économique en assurant un environnement d’affaires compétitif et favorable à la réalisation des projets d’investissement dans les secteurs d’avenir ainsi qu’un écosystème attractif et performant favorisant les investissements en recherche et en innovation;
- plus de 580 M$ pour agir en faveur des PME de toutes les régions en contribuant à leur essor économique, en accélérant le développement du secteur touristique, en soutenant le développement du secteur bioalimentaire et en appuyant les entreprises et les communautés forestières;
- près de 430 M$ pour appuyer l’essor de notre secteur culturel en répondant aux défis du secteur audiovisuel, en assurant la pérennité de l’écosystème médiatique québécois et en promouvant les contenus culturels québécois.
De plus, le gouvernement se donne une capacité d’intervention additionnelle qui pourra atteindre 2 G$, au moyen de ses fonds d’investissement, pour le maintien des sièges sociaux au Québec et le développement de la filière des minéraux critiques et stratégiques.
… et une injection d’argent neuf dans les infrastructures
Avec le double objectif de soutenir l’économie et de doter le Québec d’infrastructures publiques modernes et en bon état, le gouvernement prévoit premièrement, d’accélérer, avec plus de 5 G$ sur six ans, le Programme québécois des infrastructures (PQI). Cela se traduirait ainsi :
- De 2025-2026 à 2030-2031, les investissements s’élèveront à 108 G$, soit 5,2 G$ de plus que la somme prévue dans le budget de mars 2025.
- Les investissements supplémentaires de 5,2 G$ correspondent à une accélération de 3,4 G$ de 2026-2027 à 2030-2031 et à des versements anticipés de 1,8 G$ en 2025-2026.
Deuxièmement, un relèvement de 3 G$ du niveau du PQI est annoncé de 2026-2027 à 2035-2036, pour totaliser 167 G$.
Enfin, notons que le budget vise également à soutenir les grandes missions de l’État que sont la santé et l’éducation. À cet égard, près de 4,3 G$ sur cinq ans seraient octroyés, dont:
- Près de 2,2 G$ pour faciliter l’accès aux soins de santé et aux services sociaux, notamment en soutenant l’accès aux médicaments, en poursuivant les efforts pour réduire la liste d’attente en chirurgie, en renforçant l’accès à la première ligne et en soutenant les actions pour les personnes proches aidantes;
- Près de 640 M$ pour favoriser la réussite éducative des élèves, combler les besoins urgents et temporaires d’espaces scolaires et renforcer l’attractivité de la main-d’œuvre dans le réseau de l’éducation;
- Près de 400 M$ pour soutenir la formation en enseignement supérieur, l’intégration au marché du travail et la recherche, notamment pour poursuivre la promotion et la valorisation des disciplines du génie et des technologies de l’information, prolonger les allocations d’aide à l’emploi et soutenir les organismes de recherche.
Pour en savoir plus sur les mesures fiscales annoncées dans ce budget, consultez notre bulletin.
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Budget du Québec 2026: un budget non électoraliste dans un contexte toujours incertain