Publié le 10 avril 2026
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Les critères ESG sont désormais considérés par les chefs d’entreprise comme un pilier stratégique, bien au‑delà d’un exercice de conformité.
Selon notre étude sur les compétences recherchées pour les directeurs financiers, 81 % des présidents et chefs de la direction (PDG) et 71 % des directeurs financiers jugent la reddition de compte extrafinancière importante.
Sur le terrain, une zone de tension persiste entre la direction générale et la fonction finance. Les PDG perçoivent les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) comme une source d’avantages concurrentiels permettant d’accéder à de nouveaux marchés, d’améliorer la réputation et de stimuler l’innovation. Les directeurs financiers, quant à eux, y voient encore trop souvent des coûts additionnels, une complexité opérationnelle et une pression accrue sur les ressources.
Cette divergence repose fréquemment sur une confusion: l’ESG est encore assimilé à un exercice de communication ou de marketing, alors qu’il s’agit avant tout d’un enjeu de gouvernance et d’aide à la décision.
Mesurer la qualité de l’information favorise des choix éclairés, ce qui relève directement de la fonction finance. Le directeur financier doit bénéficier de données structurées, fiables et traçables pour assurer la crédibilité des décisions et des engagements de l’entreprise.
ESG: une responsabilité naturelle de la fonction finance
Rappelons d’abord l’essentiel. Qu’est-ce que l’ESG? Les critères ESG reposent sur trois piliers concrets, directement reliés aux leviers financiers:
- Environnement: énergie, matières premières, émissions de GES (impacts directs sur les coûts);
- Social: santé et sécurité, absentéisme, roulement (impacts sur la productivité et la continuité des opérations);
- Gouvernance: qualité et fiabilité de la donnée (qualité des décisions et gestion des risques).
Lorsque les ressources sont limitées, la solution n’est pas de multiplier les initiatives, mais de structurer l’effort collectif.
La fonction finance cadre le format de la donnée, le rythme de collecte et la piste d’audit, tout en impliquant les parties prenantes internes (opérations, achats, ressources humaines, technologies de l’information, santé sécurité) et externes (clients, fournisseurs, assureurs, prêteurs).
Lorsque tous s’appuient sur les mêmes chiffres, les priorités deviennent claires, arbitrables et réalisables.
Le directeur financier agit alors comme chef d’orchestre de la démarche ESG.
Un cadre réglementaire qui renforce le rôle du directeur financier
Deux lois canadiennes viennent éclairer l’importance des ESG dans les responsabilités financières.
Projet de loi C‑59
Maintenant adoptée, cette loi exige que toute allégation environnementale soit prouvée, vérifiable et traçable. Le directeur financier doit veiller à ce que les communications publiques reflètent fidèlement la réalité des performances de l’entreprise.
Projet de loi S‑211
Adopté en 2023 au Canada, S-211 impose la publication annuelle d’un rapport sur les risques liés au travail forcé et au travail des enfants dans la chaîne d’approvisionnement. Cette obligation touche un grand nombre d’organisations, directement ou indirectement, en raison des exigences des clients, donneurs d’ordres et partenaires conditionnant l’accès aux contrats publics et privés.
Des obligations similaires existent également en Europe. Pour accéder à ces marchés ou travailler avec des organisations européennes, les entreprises doivent fournir:
- des données carbone fiables,
- des informations structurées sur la chaîne d’approvisionnement,
- des preuves vérifiables de pratiques responsables.
Les lois évoluent, mais les attentes convergent.
Un levier de performance et de compétitivité
La performance organisationnelle se mesure aujourd’hui à travers les résultats et les impacts. Le directeur financier joue un rôle central dans le pilotage ESG : il structure la donnée, la rend fiable, et l’arrime aux coûts, aux investissements (CAPEX/OPEX) et aux risques. Ainsi, les décisions de l’ensemble des parties prenantes (internes et externes) se basent sur des données communes validées.
Pour amorcer efficacement une démarche ESG, il faut suivre ces cinq indicateurs prioritaires:
- la santé et la sécurité: par exemple, les taux d’accidents, la fréquence et la gravité;
- la consommation de l’énergie (kW par unité);
- la mesure des émissions de GES;
- la gestion des déchets (évaluation du taux de revalorisation menant à l’économie circulaire);
- la chaîne d’approvisionnement: par exemple, le pourcentage de fournisseurs évalués selon des critères ESG.
Ces indicateurs sont concrets, mesurables, fiables et traçables, et ont un impact direct sur les coûts, la qualité, les délais et l’accès aux marchés.
Un avantage compétitif tangible en appel d’offres
Les entreprises qui ne disposent pas de données ESG consolidées et traçables risquent d’être écartées de certains appels d’offres. Dans certains secteurs, comme la construction, les donneurs d’ordres exigent désormais des preuves claires et structurées : émissions de gaz à effet de serre, santé et sécurité, gestion des déchets et achats responsables.
À l’inverse, les organisations qui mettent en œuvre un plan piloté par la direction financière améliorent rapidement leur positionnement concurrentiel. En appels d’offres, on gagne avec des preuves, pas avec des intentions.
Les ESG: avant tout un outil de gouvernance
Dans un contexte d’incertitude et de transformation des marchés, il est plus important que jamais de maîtriser les indicateurs ESG pour prendre les meilleures décisions et ainsi sécuriser votre croissance.
Lorsqu’elles sont correctement exploitées, les données ESG deviennent un accélérateur stratégique et le directeur financier en est le garant.
Un accompagnement personnalisé permet d’établir un diagnostic, d’entamer une démarche pour structurer les preuves existantes, afin de les rendre vérifiables et traçables, et d’élaborer un plan stratégique avec un échéancier à court et à moyen terme pour regagner en compétitivité.
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