La vente d‘une entreprise est une des transactions les plus importantes dans la vie d’un entrepreneur, et souvent la plus compliquée. Lorsqu’il s’agit d’un transfert au sein de la famille, l’opération peut être encore plus délicate, compte tenu des aspects émotionnels qu’elle implique et qui peuvent influer sur le prix de vente.

Dans tout transfert d’entreprise, « la » grande question qui revient est : « Combien vaut ma société? ». Le défi est de déterminer un prix qui reflète la juste valeur de la PME, qui satisfait à la fois le cédant et les repreneurs, et qui assure la pérennité de l’entreprise.

C’est pourquoi il est essentiel d’établir la valeur de l’entreprise dans le cadre d’un processus structuré, rigoureux et surtout objectif.

Évitez les conflits

Pour l’entrepreneur qui a consacré toute sa vie à bâtir sa PME, la céder peut être une expérience déchirante, chargée d’émotions. Et comme il compte sur le produit de sa vente pour financer sa retraite, à ses yeux, son entreprise vaut cher, très cher… et même souvent plus que sa juste valeur.

S’ils ont des enfants, les entrepreneurs désirent habituellement qu’ils prennent la relève. C’est alors que deux perspectives et réalités peuvent s’affronter. D’une part, les entrepreneurs veulent obtenir le plus d’argent possible pour leur PME. D’autre part, l’acquisition de l’entreprise familiale constitue un investissement majeur pour les enfants, ceux-ci en ont-ils les moyens financiers? Pour les enfants, la valeur de l’entreprise équivaut en fait à leur capacité de payer.

Ces enjeux peuvent engendrer du ressentiment et des tensions au sein de la famille. Le recours aux services d’un expert pouvant donner aux cédants et repreneurs une opinion juste et neutre quant à la valeur de l’entreprise vient réduire les risques de conflits. De plus, cela assure un traitement équitable pour les enfants qui ne seront pas impliqués dans l’entreprise à la suite du transfert.

Les principaux pièges à éviter

L’évaluation d’une entreprise comporte plusieurs pièges. D’ailleurs, combien de fois avons-nous entendu des entrepreneurs proposer des montants faramineux à propos de la valeur de leur PME!

De nombreux entrepreneurs sont portés à utiliser la méthode d’évaluation dite « par le marché ». L’un des calculs les plus répandus, basé sur des transactions d’entreprises comparables, consiste à multiplier le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) par un facteur multiplicatif.

Le problème, c’est que les cédants tendent à surestimer ce facteur, en s’appuyant sur des ouï-dire, car il est difficile d’obtenir des renseignements fiables sur les transactions comparables. En effet, il n’existe pas de registre où sont consignés les prix de vente des entreprises, contrairement aux transactions immobilières.

Les experts en évaluation d’entreprises préfèrent la méthode d’évaluation dite « par le rendement », qui repose essentiellement sur la capacité de l’entreprise à générer des bénéfices. Cette méthode procure ainsi une évaluation plus précise de la juste valeur de la PME.

Quelques autres points clés à considérer dans l’évaluation d’une entreprise

  • N’omettez aucun actif et passif;
  • Tenez compte des investissements en immobilisations requis afin de soutenir les activités de l’entreprise;
  • Le BAIIA n’inclut pas les intérêts sur la dette. Par conséquent, n’oubliez pas les dettes portant intérêt dans le calcul de la valeur de l’entreprise;
  • Pensez aux ajustements salariaux et primes de rendement hors de l’ordinaire qui ont pu influer sur le BAIIA au cours de la dernière année.
  • Ne comptez pas en double l’avantage économique pour l’entreprise de détenir une bâtisse. Si vous évaluez en fonction d’une mesure de bénéfice et que l’entreprise détient sa bâtisse, l’avantage économique de cet actif est déjà compris dans le bénéfice (puisque l’entreprise ne paie pas de loyer). Ne dédoublez pas sa valeur en additionnant la valeur de la bâtisse à celle des activités de l’entreprise.
  • Prenez le temps de faire une vérification diligente avant d’acheter une entreprise, c’est-à-dire un examen qui dresse un portrait détaillé des aspects financiers, commerciaux, juridiques et opérationnels de la société.
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Un dernier conseil

Ne tentez pas à tout prix de vendre l’entreprise à vos enfants s’ils n’ont pas la capacité financière de l’acheter à sa juste valeur. Envisagez d’autres solutions qui seraient bénéfiques pour tous. Par exemple, vous pourriez utiliser le produit de la vente de votre PME pour aider vos enfants à démarrer une nouvelle entreprise ou pour investir avec eux dans d’autres projets.

Vous voulez en savoir plus à propos du processus d’évaluation de l’entreprise. N’hésitez pas à communiquer avec nos experts. Nous nous ferons un plaisir de vous aider.

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Martin Deschênes
Associé | CPA, CA | Conseils financiers

Vous voulez insuffler une poussée de croissance à votre PME en acquérant une autre entreprise? Voilà un projet emballant! Mais pour qu’il porte ses fruits, il vaut mieux ne pas brûler les étapes et être accompagné par des experts-conseils durant tout le processus.

Vous croyez tout savoir sur l’entreprise visée? Vous voulez agir rapidement par crainte de perdre une occasion unique? Attention : cette entreprise a peut-être des squelettes dans le placard ou il est possible que les représentations du vendeur soient erronées. Pour les découvrir, il faut effectuer une vérification diligente rigoureuse. Vous ne voudriez pas avoir de mauvaises surprises après la transaction!

L’intégration des activités de l’entreprise achetée et la mobilisation des employés sont deux autres éléments d’une transaction réussie, car une fois l’achat complété, le travail n’est pas fini.

Voici donc les cinq ingrédients d’une recette efficace afin de réduire les risques au minimum et de tirer le maximum de votre investissement lors de l’achat d’une entreprise.

1. La lettre d’intention d’achat

Ce document sert de toile de fond à la négociation, sans être une offre d’achat formelle. Il s’agit plutôt d’un engagement des deux parties à négocier de bonne foi. Comme acheteur, vous y déclarez votre intention d’acquérir l’entreprise selon certaines conditions qui ont fait l’objet de discussions préliminaires.

La lettre d’intention établit notamment :

  • le prix de vente et les ajustements possibles à celui-ci;
  • les éléments d’actifs inclus dans la transaction et les passifs assumés;
  • les modalités de paiement et certaines représentations et garanties.

Il est essentiel, dès cette étape, de bien désigner les paramètres de la transaction. Ne pas sous-estimer l’importance de ce document.

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2. La vérification diligente

Voici une étape cruciale. Lorsqu’elle est bien menée, avec l’aide de spécialistes, elle permet de savoir exactement ce qu’on achète.

La vérification diligente dresse un portrait détaillé des aspects financiers, fiscaux, juridiques et opérationnels de l’organisation ciblée, ainsi que des principaux risques liés à la transaction.

Elle sert entre autres à valider les renseignements fournis par le vendeur et à vous protéger contre les mauvaises surprises. Elle permet également de repérer les enjeux d’affaires de l’entreprise achetée ainsi que ceux liés à l’intégration de ses activités (systèmes informatiques désuets, départ possible d’employés clés, etc.).

Oui, ce processus de vérification peut être exigeant, mais tous les entrepreneurs qui ont pris la peine de le faire s’en félicitent. D’autant que la vérification diligente aide parfois à faire baisser le prix d’achat.

3. Le contrat d’achat

Vous avez maintenant un portrait précis de l’entreprise à acquérir. Vous êtes prêt à rédiger un contrat d’achat comprenant des conditions et garanties qui vous protègent contre divers risques, notamment ceux repérés lors de la vérification diligente. Par exemple, vous pouvez inclure dans le contrat des clauses d’indemnisation, de confidentialité, de non-sollicitation et de non-concurrence.

Soyez prévoyant : un contrat d’achat bien détaillé et préparé par un expert peut vous faire économiser beaucoup d’argent et vous protège adéquatement des risques les plus importants.

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4. La réalisation des synergies

Ce n’est pas fini! Il vous reste encore beaucoup de travail à accomplir pour que la transaction donne les résultats souhaités.

En effet, vous devez mettre en œuvre un plan d’intégration qui a été soigneusement préparé. Allez-y rapidement : l’intégration ne doit pas durer plus de deux ans pour engendrer les synergies prévues.

Faites attention de bien arrimer le mode de fonctionnement et les technologies de l’information des deux entreprises. Il arrive souvent que des systèmes informatiques incompatibles entraînent des ratés coûteux.

Analysez soigneusement les façons de faire au sein de l’entreprise achetée. Il y a peut-être certains correctifs à apporter, mais les meilleures pratiques pourraient être déployées dans tout votre groupe.

Il est également intéressant d’impliquer des gens responsables de la transition dès l’étape de la vérification diligente afin de leur permettre de bien comprendre les enjeux d’intégration rapidement dans le processus.

5. La mobilisation des employés

La réussite de votre plan d’intégration dépend de l’engagement de vos employés. Après tout, ce sont eux qui le mettront en œuvre!

Mobilisez l’ensemble de vos employés en leur communiquant votre vision et les valeurs que vous préconisez, de façon à créer une culture d’entreprise commune. Expliquez-leur vos objectifs et les gestes que vous entendez poser pour les atteindre.

De plus, donnez la possibilité à vos employés clés – dont ceux de l’entreprise achetée – de gravir des échelons au sein de l’organisation. C’est l’une des meilleures façons de les motiver.

Derrière toute acquisition réussie, l’aspect HUMAIN a été un facteur primordial!

Vous songez à acquérir une entreprise? N’hésitez pas à communiquer avec nos experts. Nous nous ferons un plaisir de vous accompagner dans cette étape importante de la croissance de votre entreprise.

22 Fév 2018  |  Écrit par :

M. Deschênes est associé au sein de Raymond Chabot Grant Thornton. Il est votre expert en soutien...

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Alerte de votre conseiller – Février 2018

Dans le cadre de son engagement à fournir des outils pratiques, Raymond Chabot Grant Thornton a le plaisir de publier le document intitulé États financiers consolidés types conformes aux IFRS 2017, qui est la version française de IFRS Example Consolidated Financial Statements 2017, une publication réalisée par l’équipe IFRS de Grant Thornton International Ltd.

La publication a été révisée et mise à jour pour refléter les changements aux IFRS qui sont en vigueur pour l’exercice terminé le 31 décembre 2017. De plus, elle illustre la décision d’une société modèle d’adopter par anticipation IFRS 15 Produits des activités ordinaires tirés de contrats conclus avec des clients et clarifications d’IFRS 15. Cette publication ne tient pas compte des modifications aux IFRS publiées après le 31 octobre 2017.

États financiers consolidés types – Sommaire

Les états financiers consolidés types sont ceux de la société modèle et de ses filiales, une société fictive de services-conseils, de service et de vente au détail, qui prépare ses états financiers conformément aux IFRS depuis plusieurs années. La forme et le contenu des états financiers IFRS dépendent des activités et des transactions de chaque entité publiante.

Il est important de se rappeler qu’en préparant des états financiers consolidés types, l’objectif de l’équipe IFRS de Grant Thornton International est d’illustrer l’une des méthodes possibles de présentation de l’information financière pour une entité concluant des transactions considérées comme étant typiques de divers secteurs non spécialisés. Les états financiers ci-joints sont présentés à titre illustratif uniquement et ne doivent pas être considérés comme étant exhaustifs.

La direction est responsable de la présentation fidèle des états financiers et peut donc trouver d’autres approches plus appropriées à sa situation particulière.

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Simon Julien
Premier directeur principal | B.A.A. FPAA | Conseils financiers

Le marché de l’assurance de dommages a connu une année mouvementée en 2017. Mesurons les impacts potentiels des risques en 2018 et abordons les solutions pour les minimiser.

Les événements climatiques ont alimenté les médias – et avec raison – au cours du dernier semestre de l’année. L’estimation des dommages assurés causés par les ouragans Harvey, Irma et Maria ainsi que par les feux de forêt en Californie pourrait atteindre plus de 135 milliards de dollars américains et exercer une pression sur les coûts de la réassurance en Amérique du Nord.

Après le mouvement de fusions et d’acquisitions de sociétés d’assurance au cours des cinq dernières années, plusieurs transactions ont touché le regroupement de cabinets de courtage en assurance en 2017.

Changements législatifs

Les projets de loi no 141 et no 150 sont susceptibles de changer les pratiques commerciales des assureurs et des intermédiaires de marché sur plusieurs aspects, notamment en ce qui a trait aux liens d’affaires entre courtiers et assureurs, et à la mise en marché des produits d’assurance de dommages. Du côté du fédéral, le projet de loi C-45, qui porte sur la légalisation du cannabis, suscite des inquiétudes des assureurs.

Selon la firme MSA Research, les résultats des souscriptions des assureurs au Canada pour le premier trimestre de 2017 indiquent une baisse par rapport à la même période en 2016 : les assureurs ont subi une perte de souscriptions de 3,7 millions de dollars en 2017, comparativement à un gain de 616,8 millions de dollars pour le premier trimestre de 2016.

Si les conditions favorables du marché de l’assurance ont permis aux entreprises de renouveler leur programme d’assurance en dilettante au cours des dernières années, il en sera peut-être autrement à partir de maintenant. L’état actuel du marché de l’assurance et de la réassurance expose davantage les entreprises à des changements de tarifications, de garanties et de conditions.

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Risques en éclosion

L’année 2017 a aussi révélé la présence de risques émergents auxquels sont de plus en plus exposées les entreprises, notamment :

  • La cybercriminalité (ex. : le logiciel d’extorsion « WannaCry »);
  • L’impact du harcèlement en milieu de travail (ex. : l’affaire Harvey Weinstein);
  • L’évolution technologique (ex. : l’intelligence artificielle, la chaîne de blocs [ou blockchain], les drones et les véhicules autonomes);
  • L’économie du partage.

Afin de limiter les écueils pouvant être causés par la tendance actuelle du marché de l’assurance et d’atténuer l’impact potentiel des risques émergents, les entreprises auront avantage à intégrer un processus plus rigoureux de renouvellement de leur programme d’assurance de dommages. Ce processus doit permettre :

  1. Une surveillance et une compréhension des tendances du marché de l’assurance;
  2. La détermination et l’évaluation des risques en cours et en développement;
  3. Un diagnostic de l’efficience des garanties du programme d’assurance par rapport aux risques ciblés et la détermination des ajustements à apporter;
  4. La détermination des risques non assurés et la mise en place d’un plan d’action pour les mitiger;
  5. L’évaluation du niveau de sinistralité du programme d’assurance;
  6. Une mise à jour exhaustive et pertinente des données de souscription;
  7. Une évaluation de la solidité financière des assureurs et de la qualité des services rendus par le courtier d’assurance;
  8. L’élaboration des objectifs du renouvellement en matière de tarification, d’amélioration des garanties et de niveau de qualité des services des assureurs et du courtier;
  9. L’établissement d’une stratégie de renouvellement (par négociation ou par appel d’offres) en fonction des objectifs définis.

La mise en place d’un processus de renouvellement rigoureux améliore la gestion intégrée des risques d’entreprise, en apportant le niveau de vigilance nécessaire qui assurera l’adéquation du programme d’assurance avec les risques actuels et ceux en développement.

20 Fév 2018  |  Écrit par :

M. Julien est associé au sein de Raymond Chabot Grant Thornton. Il est votre expert en conseils...

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