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Avis d'experts

Construction: réduire vos risques financiers grâce aux ESG

Construction | ESG

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Publié le 7 avril 2026

•   4 min de lecture

En construction, les ESG ne relèvent plus seulement du développement durable : ils influencent la rentabilité, le risque et l’accès aux marchés.

Les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ne sont plus un discours dans le secteur de la construction. Ils sont une lecture du risque. Et quand les exigences montent, ce qui fait la différence, c’est la capacité à démontrer des pratiques claires, du chantier jusqu’aux fournisseurs.

Voici cinq risques financiers à garder à l’œil et des mesures concrètes pour reprendre du contrôle.

Risque 1 – Pertes d’accès aux appels d’offres

Sans preuve crédible, une soumission peut être pénalisée, voire écartée. Les exigences peuvent aussi devenir «éliminatoires» lorsqu’elles touchent la traçabilité, la conformité ou la chaîne d’approvisionnement. Même en cas d’obtention, la reddition de comptes, la qualification des sous-traitants et certaines clauses peuvent déplacer la pression vers la marge.

Les facteurs ESG deviennent un critère structurant, au même titre que le prix et la qualité technique. On ne parle plus seulement de grandes politiques, mais de données et de contrôles concrets : carbone des matériaux, santé et sécurité au travail (SST), gouvernance, pratiques d’inclusion, gestion des déchets.

Mesures à considérer: préparez un dossier de soumission prêt à l’emploi, avec des preuves réutilisables (carbone, SST, gouvernance, traçabilité) d’un appel d’offres à l’autre.

Risque 2 – Coûts de financement plus élevés

Quand le risque augmente, le coût du capital suit. Les institutions financières intègrent désormais le risque climatique et les critères ESG à leurs analyses. Au Canada, le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) encadre clairement les attentes envers les institutions financières sur la gestion des risques climatiques, ce qui se répercute ensuite sur les entreprises qui empruntent.

Les taux, les clauses (covenants), l’accès au crédit et les conditions de renouvellement dépendent de plus en plus de la qualité de vos données, de votre gouvernance et de vos preuves de maîtrise des risques.

Mesures à considérer: avant une renégociation, structurez trois éléments : vos risques clés (climat/chantier), vos mesures de gestion et vos indicateurs de suivi. Un dossier simple et cohérent a plus de poids dans la discussion.

Risque 3 – Perturbation de la chaîne d’approvisionnement

La conformité ne se limite plus au chantier. Elle remonte vers les fournisseurs, les matériaux, les pays et régions, et la traçabilité. Un fournisseur non conforme ou une documentation incomplète peuvent entraîner des retards, des remplacements coûteux, des pénalités contractuelles et une perte de confiance. Pour certains dossiers, le risque n’est pas l’incident lui-même, mais le fait de ne pas pouvoir démontrer vos contrôles et vos vérifications.

Mesures à considérer: identifiez vos intrants critiques, qualifiez une option de remplacement, puis documentez la sélection et la traçabilité des fournisseurs et sous-traitants.

Risque 4 – Durcissement des conditions d’assurances

L’assurance devient un test de réalité brutal. Les pertes assurées liées aux événements météo extrêmes au Canada ont atteint des records en 2024.

En construction, cela se traduit par une pression sur les primes, les franchises, certaines exclusions, et parfois des limites de couverture pour certains risques. Ce qui revient souvent dans les discussions : le niveau de préparation, la capacité à réagir vite et, surtout, la preuve de ce qui est en place.

Mesures à considérer: pour les risques eau et météo, formalisez vos pratiques de prévention et vos suivis (procédures, formation, contrôles et SST). Plus c’est démontrable, plus vous avez de marge de manœuvre en négociation.

Risque 5 – Sanctions réglementaires et légales

Les exigences ESG se traduisent aussi par des obligations concrètes : conformité environnementale, santé et sécurité, pratiques de chantier, suivi et traçabilité.

Quand un écart survient, le coût ne se limite pas à une amende. Retards, correctifs, arrêts de chantier, litiges, pénalités contractuelles et temps de gestion peuvent rapidement gruger la rentabilité. Le risque, bien souvent, c’est aussi l’incapacité de démontrer des pratiques et des contrôles solides quand on vous les demande.

Mesures à considérer: clarifiez vos obligations (environnement, SST) et mettez en place des contrôles simples, avec une traçabilité rapide à produire en cas de demande.

Le geste prioritaire: un diagnostic court et actionnable

Si vous ne deviez faire qu’une chose, ce serait de bâtir un diagnostic ESG court, appuyé sur des éléments probants. Dans un marché où les exigences se resserrent, la différence se joue souvent sur la capacité à présenter un dossier clair et cohérent.

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