Marie-Eve Proulx
Conseillère principale | Conseil en transformation des affaires

L’un des apprentissages de cette pandémie : la santé de l’entrepreneur est un élément à part entière de la santé de l’entreprise. Témoignage.

Il s’est écoulé plus d’un an maintenant depuis le début de la pandémie. Au gré de son évolution, de nouveaux enjeux sont apparus et la société a tenté de s’adapter en faisant preuve de résilience. Malheureusement, l’anxiété, la détresse psychologique ainsi que la fatigue ont pris de plus en plus de place dans nos vies.

Les entrepreneurs ont travaillé à tout mettre en place pour assurer le bien-être physique et psychologique de leurs employés, parfois au détriment de leurs propres besoins. Ils ont composé avec des réalités changeantes et avec de nouvelles priorités, tout en s’adaptant aux besoins évolutifs de la clientèle.

Des entrepreneurs affectés

Saviez-vous qu’un individu en position de leadership est moins enclin à demander de l’aide? Pourtant, les entrepreneurs ne sont pas à l’abri d’une certaine détresse psychologique, avouée et ressentie ou non.

Annik Lachance-Gravel, présidente-directrice générale de Lachance et Gravel, une entreprise de Chicoutimi spécialisée en solution d’hygiène pour les secteurs industriel et commercial, en est très consciente. Elle a eu envie de faire un pas pour changer les choses.

Annik Lachance-Gravel, une « Robin des bois »!

Comme beaucoup d’entrepreneurs, Annik a une histoire atypique. Déjà, adolescente, elle se prenait pour Robin des bois, non pas pour son côté brigand, mais bien pour son grand cœur.

C’est en 2014 que tout a changé et que la future entrepreneure a enfin trouvé sa place lorsqu’elle a décidé de reprendre l’entreprise de conciergerie de son père.

Lachance et Gravel avant la pandémie

Six ans plus tard, son père avait doublé son propre salaire et l’entreprise était passée de 0 à 70 employés. Pendant ces six années, Annik a assuré une gestion rigoureuse et elle a réussi à ne jamais terminer l’année avec une perte financière et à tout réinvestir pour faire croître l’entreprise.

Elle a travaillé fort pour redorer l’image de la conciergerie. Elle se dit fière d’y être parvenue et de faire vivre des familles tout en permettant à la sienne de se réaliser.

La pandémie et les impacts collatéraux qui en découlent

« Chute libre totale »… Ce sont les mots utilisés par Annik pour décrire l’impact des débuts de la pandémie sur son entreprise.

Quand la majorité des clients sont des entreprises condamnées à fermer leurs portes, les besoins en entretien sont moins présents. Liée à ses clients par contrat, l’entrepreneure a toutefois choisi de ne pas les facturer. Cette décision courageuse, basée sur ses valeurs et porteuse à long terme, aurait pu être critique à court terme.

Lorsqu’il y a une baisse de revenus, il devient nécessaire de couper dans les coûts. Elle a donc dû mettre à pied 60 de ses 70 employés. Après l’appel logé à chacun d’entre eux, chaque employé a reçu la visite d’un membre de l’entreprise et s’est vu offrir un cadeau par l’entrepreneure qui leur demandait de lui faire confiance. Elle n’a, à ce jour, perdu aucun employé malgré le contexte de crise.

D’un point de vue plus personnel, cette phase a été difficile pour Annik. Lors de la première vague, il n’y avait pratiquement pas de cas diagnostiqués dans la région. Ayant dû mettre à pied la grande majorité de ses employés pour éviter l’hémorragie financière (même son époux n’a pas été épargné!), elle a repris sous son aile pratiquement tous les postes administratifs de l’entreprise.

Et puis, la deuxième vague

Le virus est arrivé dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean et le téléphone a sonné. Le CIUSSS avait un urgent besoin de 22 ressources en entretien le lendemain matin. Annik a dit oui sur-le-champ. Une cellule de crise a été créée afin de répondre aux besoins criants des urgences des milieux dans lesquels on perdait le contrôle.

En deux semaines, tout le personnel mis à pied lors de la première vague avait été rappelé et 85 nouveaux employés avaient été embauchés et formés en accéléré. Son entreprise était maintenant l’entreprise de confiance en hygiène et salubrité dans la région.

L’entrepreneure gérait alors une très forte croissance et, par conséquent, devait composer avec de nombreuses sources de stress : le risque que ses ressources humaines ne soient pas suffisamment formées, que la réputation de l’entreprise soit affectée, que les liquidités ne soient pas suffisantes pour répondre aux obligations financières découlant de toutes ces embauches et des derniers mois difficiles, pour n’en citer que quelques-unes.

Quand Robin des bois s’épuise

Annik est prête à tout pour ne pas vivre d’échec au travail. Elle a donc fait de la pérennité de l’entreprise sa priorité. Même si les clients actuels et potentiels reconnaissent tout ce qui a été réalisé, les bureaux encore fermés et faiblement occupés n’encouragent pas l’investissement dans l’hygiène et la salubrité. De nouveaux joueurs sont également apparus sur l’échiquier.

Mais elle? S’est-elle remise de cette année où le stress provenant de l’entreprise l’a frappée de plein fouet? Des troubles de sommeil, des ruminations envahissantes, de ces heures innombrables où elle a travaillé pour sauver l’entreprise? La réponse : pas totalement. Le contrecoup frappe parfois plus fort qu’on ne le croit. Les ressources d’adaptation s’effritent, le corps ressent l’accumulation de stress et de fatigue et l’entourage commence aussi à s’essouffler.

De plus, il y a les impacts sur la famille. Le moment crève-cœur où tes enfants te disent qu’ils ne t’aiment plus parce que ta présence leur manque terriblement, celui où tu vois ton amoureux se sentir inutile dans toute cette gestion de crise. Toute la famille a perdu ses repères et a réagi aux changements. Et puis la culpabilité s’est installée peu à peu. Mère, entrepreneure et épouse se querellent et cherchent leur place. L’échec n’est pas une option et on arrive donc au bureau avec ce sourire un peu plaqué qui réussira jusqu’au soir venu à nous faire croire que « ça va bien aller ».

Et l’impact sur sa vie sociale… quelle vie sociale? Ce sera pour plus tard, car les loisirs, quand on est en mode survie, c’est le dernier des soucis.

Elle a traversé la zone des tabous et s’est mise à assumer que, pour l’instant, elle allait être entrepreneure et maman. Que c’était impossible d’être Superwoman pendant une si longue période. Que les courses, les repas et le ménage pouvaient être effectués pour elle par d’autres. Et que ses amis comprendraient et devraient attendre.

L’importance de bien s’entourer

Comme bien d’autres entrepreneurs, Annik s’est retrouvée en situation de survie dans toutes les sphères de sa vie. En prenant du recul, elle réalise qu’elle a vécu un fort sentiment de solitude et qu’elle n’a pas osé s’ouvrir sur sa vulnérabilité. Elle reconnaît la nécessité d’engager la discussion sur la prévention de la santé mentale des entrepreneurs et la nécessité d’être soutenue par une personne neutre quand la tension devient trop grande. Elle sait qu’elle a fait la sourde oreille à quelques signaux d’alarme qu’elle reconnaît aujourd’hui. Plus que jamais, elle est convaincue qu’un chef en santé a de meilleures chances d’avoir une entreprise en santé.

Au même titre que son entreprise s’est entourée d’un bon comptable, de bons conseillers en ressources humaines et de bons vendeurs, elle juge qu’un entrepreneur devrait s’octroyer le même privilège en ayant un psychologue comme allié. Baisser les barrières, ouvrir la porte et permettre à d’autres personnes qui l’entourent d’être pour elle des Robin des bois. Même si son entreprise s’en sort très bien dans le contexte, elle reconnaît la nécessité de prendre soin d’elle pour mieux prendre soin des autres, clients y compris.

Et la santé globale dans tout ça?

Une entreprise en mauvaise santé peut avoir des impacts sur la santé de son chef et inversement. C’est de cette réalité que nous avons envie de nous préoccuper au sein de notre firme : la santé globale entrepreneuriale. Comment? En travaillant sur :

  • la santé globale de son entreprise (basée sur sept dimensions permettant d’identifier les défis de l’entreprise ainsi que les sources de stress potentielles pour l’entrepreneur);
  • sa santé psychologique et son bien-être comme entrepreneur;
  • les passerelles pour transformer les répercussions négatives de l’un sur l’autre en effets positifs;
  • la mise en place d’un plan d’action où l’humain est au cœur des interventions.

Prenez soin de vous et communiquez avec nos experts. Notre objectif : vous aider à maintenir l’équilibre afin d’assurer la santé de votre entreprise, de vos employés, de vous et de toutes les facettes de votre entreprise.

Cet article a été rédigé en collaboration avec Nancy Boisvert, psychologue.

18 Juin 2021  |  Écrit par :

Marie-Eve Proulx est experte en Conseil en transformation des affaires chez Raymond Chabot Grant...

Voir le profil

Article suivant

Ghyslain Cadieux
Associé | B.A.A., CPA, CMA | Conseil en transformation des affaires

Article mis à jour le 20 septembre 2021

L’inflation progresse à un rythme préoccupant dans certains secteurs d’activité. Votre entreprise en tient-elle compte dans sa gestion?

Afin de vous prémunir des conséquences de l’inflation, il est nécessaire de mieux contrôler vos coûts de revient pour protéger les marges bénéficiaires de votre entreprise.

Quelles sont les raisons de l’inflation?
Quel est l’impact de l’inflation sur les entreprises?
Comment protéger ses marges bénéficiaires dans un marché inflationniste?

Quelles sont les raisons de l’inflation?

Après avoir progressé de 3,7 % en juillet, l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 4,1 % en août 2021 par rapport à août 2020. Il s’agit de son rythme de croissance le plus rapide depuis 18 ans.

La hausse de l’inflation est avant tout liée à la baisse des prix (notamment celui de l’essence) observée au printemps et à l’été 2020. Elle est également due à d’importants déséquilibres entre l’offre et la demande de nombreux biens et services. Plus de la moitié des composantes du panier de l’IPC total affichaient en août une croissance annuelle des prix au-dessus de la cible supérieure d’inflation de la Banque du Canada (3 %).

Perturbation de la chaîne d’approvisionnement

L’inflation est attribuable en grande partie à des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement. La pandémie a causé des interruptions de production ou réduit la main-d’œuvre disponible, et le transport de marchandises a également été affecté de diverses façons dans la dernière année. Il y a donc moins de produits disponibles dans certains secteurs, au moment où la demande explose.

Hausse de la demande dans certains secteurs

Les dépenses des ménages se sont déplacées. À défaut de pouvoir voyager, plusieurs ont décidé de rénover, de décorer, de jardiner ou de s’équiper pour diverses activités de plein air. Tout à coup, dans ces secteurs, la demande est devenue plus grande que l’offre disponible sur le marché, ce qui cause la hausse des prix.

D’ailleurs, l’épargne est relativement élevée et le déconfinement pourra stimuler les dépenses. Toute hausse importante de la demande est susceptible de pousser les prix à la hausse.

Pénurie de main-d’œuvre

D’autres facteurs contribuent à l’inflation : la rareté de la main-d’œuvre pousse des salaires à la hausse. Le secteur de la restauration, par exemple, est fortement touché par cette réalité.

Coûts des mesures sanitaires

Dans certains secteurs, les mesures sanitaires ont occasionné des coûts supplémentaires. Du personnel a dû être ajouté pour faire appliquer les mesures sanitaires et des fournitures supplémentaires étaient nécessaires pour les entreprises (masques médicaux, désinfectant). La distanciation obligatoire a réduit la capacité de production, alors que la demande est demeurée stable ou a augmenté.

Quel est l’impact de l’inflation sur les entreprises?

L’inflation cause l’érosion des marges bénéficiaires des entreprises, puisqu’elle augmente le coût d’achat des intrants.

Dans le secteur de la construction, par exemple, des entrepreneurs ont vendu des maisons à un prix fixé longtemps avant l’achat des matériaux et ils sont obligés de respecter leur promesse, même si le projet n’est plus rentable.

L’érosion des marges, voire leur disparition, met à risque la santé financière de ces entreprises.

Comment protéger ses marges bénéficiaires dans un marché inflationniste?

Avoir une vision claire du coût de revient

Une minorité de PME a une bonne connaissance de ses coûts de revient. Plusieurs établissent une tarification selon les prix du marché, sans vérifier si cela fait sens dans leur propre entreprise. Au minimum, les entreprises devraient connaître la contribution marginale, soit les revenus totaux moins les coûts variables.

Il faut s’assurer de couvrir les frais variables lorsqu’on vend nos produits ou services. Dans le marché actuel, beaucoup de variables changent en même temps (salaires, intrants, coûts des mesures sanitaires) et il importe d’avoir une vision claire des coûts de revient.

Sécuriser les approvisionnements

Il importe de faire le maximum pour sécuriser les approvisionnements. Pouvez-vous signer des contrats d’approvisionnement à plus long terme pour garantir vos achats à des prix prévisibles?

Veillez aussi à soigner vos relations avec vos fournisseurs, car dans le contexte actuel de pénurie, certains pourraient choisir de ne plus vous servir afin de prioriser des clients plus rentables que vous. Une bonne relation a le potentiel d’éviter ce type de déconvenue.

Optimiser les processus

Avant de refiler la hausse des prix aux consommateurs, il est judicieux de vous pencher sur la performance de vos opérations. Jusqu’à présent, peu d’entreprises au Québec ont investi dans une transformation numérique. Optimiser les processus fait généralement bondir la productivité de 15 % à 25 %.

Ainsi, avec la même force de travail, vous générez davantage de services ou de produits et vous gaspillez moins, donc vous réduisez vos coûts de revient. Vous n’êtes pas responsable de l’inflation, mais vous avez le pouvoir de vous adapter en agissant sur cet aspect de vos activités.

Repenser le modèle d’affaires

Parfois, c’est la seule option qui reste. Réfléchir à votre modèle d’affaires et s’ouvrir à de nouvelles occasions dans un marché qui fluctue peut être salutaire pour maintenir les marges à un niveau adéquat pour les secteurs plus vulnérables.

Afin d’éviter des faux pas, faites-vous accompagner par nos experts. Ils sauront vous guider et vous faire gagner temps et argent. D’ailleurs, de nombreux programmes de subventions sont disponibles pour permettre aux entrepreneurs de bénéficier de telles expertises.

16 Juin 2021  |  Écrit par :

Ghyslain Cadieux est expert en Conseil en transformation des affaires chez Raymond Chabot Grant...

Voir le profil

Article suivant

Notre président s’est entretenu avec notre expert Guillaume Caron à propos des problèmes de cybersécurité des PME et de l’importance de s’en prémunir.

L’actualité des derniers mois a recensé des attaques massives de chaîne d’approvisionnement, particulièrement contre des géants technologiques comme SolarWinds, Microsoft, FireEye, etc.

« C’est inquiétant! Ce sont des attaques sans précédent qui ont eu des conséquences graves sur des milliers d’entreprises », déclare Guillaume Caron, président de VARS, la division en cybersécurité de notre firme. Les PME et les institutions du Québec deviennent, de façon collatérale, des victimes de ces attaques massives.

Cyberattaque de la chaîne d’approvisionnement

Une attaque de la chaîne d’approvisionnement est une cyberattaque qui tente d’infliger des dommages à une entreprise en exploitant les vulnérabilités de sa chaîne d’approvisionnement. Cela implique des processus continus de piratage ou d’infiltration pour accéder au réseau d’une organisation.

L’entreprise piratée n’est pas nécessairement la cible finale de l’attaquant. L’élément de la chaîne d’approvisionnement est plutôt une porte d’entrée : le criminel exploite les vulnérabilités de la cible et en tire parti pour atteindre un réseau encore plus grand d’entreprises à attaquer.

« J’entends là une intention malicieuse, orchestrée, qui peut affecter notre clientèle ici au Québec et au Canada », exprime Emilio B. Imbriglio, président et chef de la direction de Raymond Chabot Grant Thornton.

Dans le cas de SolarWinds et de Microsoft, par exemple, on sait que des millions de plus petites entreprises qui utilisent leurs produits et systèmes ont été ciblées par des organisations criminelles qui ont su exploiter les vulnérabilités exposées par ces quelques attaques massives.

« Dans le cas de Microsoft, on peut penser aux vulnérabilités des serveurs de courriels Exchange, par exemple. Dans les derniers mois, nous sommes intervenus dans plusieurs attaques importantes, soit par rançon ou autre, qui ciblaient des PME de partout dans le monde et même ici, au Québec », explique Guillaume Caron.

Une petite organisation, tout comme une grande, peut subir de graves conséquences d’une cyberattaque, que ce soit sur le plan financier ou sur le plan de la réputation de l’entreprise auprès de ses clients, des investisseurs et des fournisseurs. Elle peut aussi être entraînée dans des litiges importants.

L’importance de se protéger au moment de sa transformation numérique

Avec la transformation numérique, les organisations ont recours à l’Internet des objets (IoT), souvent utilisés pour interconnecter des systèmes, des réseaux et des entreprises, afin d’accélérer les processus d’affaires. Bien entendu, cela augmente considérablement la surface d’attaque et il devient de plus en plus difficile de protéger tous les vecteurs. C’est pourquoi il est important de procéder continuellement à des analyses de risque afin de repérer ces portes d’entrée et de mettre en place des contrôles : outils technologiques, processus d’affaires, politiques, etc.

Une étude de la firme Léger révèle que la proportion des PME qui planifient investir dans des solutions de cybersécurité au cours des deux prochaines années a chuté, passant de 42 % en 2019 à seulement 25 % en 2020. Toutefois, comme l’explique Guillaume Caron, « en 2021, il n’y a pas d’excuse pour laisser une entreprise ouverte à des problèmes majeurs de cybersécurité ».

Il existe maintenant des outils facilement déployables et abordables que les PME peuvent utiliser pour se protéger. Peu importe le secteur d’activité, des criminels peuvent entrer dans une entreprise et en prendre le contrôle, télécharger des données sensibles, voler de l’information, etc. Si les machines ne fonctionnent plus, elles ne peuvent plus produire. Si les postes de travail sont bloqués, les employés ne peuvent plus travailler. Les répercussions sont majeures sur la survie d’une petite ou moyenne entreprise.

Comment faire pour mieux s’outiller en tant que PME?

De nos jours, ce n’est pas de savoir « si » une cyberattaque surviendra, mais « quand » elle surviendra. Toute entreprise doit se protéger et avoir un plan d’action concret lorsqu’une attaque survient.

De plus en plus, on parle de « risques liés aux tierces parties ». Les gouvernements, les grandes entreprises et les PME qui font affaire avec d’autres organisations ne peuvent plus faire confiance aveuglément à leurs partenaires d’affaires. Il s’agit ici de confier de l’information parfois vitale, sensible, stratégique ou secrète à d’autres organisations qui ne valorisent pas nécessairement autant la culture de sécurité.

Les grandes institutions formulent souvent des demandes à leurs fournisseurs concernant la conformité et le respect de certaines normes en sécurité de l’information afin de s’assurer qu’il n’y a aucune faille entre elles et leurs partenaires ou fournisseurs qui serait exploitée en cas d’attaque de la chaîne d’approvisionnement.

« Les PME devraient aussi exiger de leurs partenaires et de leurs fournisseurs que des mesures de cybersécurité soient en place pour travailler avec elles; ce n’est pas une exigence qui devrait être exclusive aux grandes institutions et aux gouvernements », déclare Guillaume Caron.

Il est primordial, aujourd’hui, d’être capable de démontrer que l’entreprise a mis en place les contrôles adéquats. Il existe des standards et des normes auxquels on peut se conformer. Il faut pouvoir démontrer qu’une culture de sécurité est en vigueur dans l’entreprise en présentant des faits. Cela devient même un avantage concurrentiel dans le milieu des affaires.

Visionnez l’entretien en entier sur notre site web.

Article suivant

Jean-François Djoufak
Directeur principal | Fiscalité

L’IA est un élément clé de la transformation numérique des entreprises. Connaissez-vous les mesures de soutien offertes pour concrétiser vos projets?

Votre entreprise peut compter sur différentes mesures et divers programmes d’aide pour financer son projet en intelligence artificielle.

Quelle que soit sa taille ou son secteur d’activité, votre entreprise pourra trouver du financement pour des projets qui touchent aussi bien le développement, que l’intégration et la commercialisation de technologies en intelligence artificielle (IA).

L’IA est un puissant outil pour aider les entreprises à accroître leur productivité, leur efficacité et leur compétitivité, notamment grâce à l’automatisation des processus d’affaires. C’est d’ailleurs pourquoi nos gouvernements ont mis en place d’importantes initiatives pour accélérer l’adoption de l’IA en entreprise.

Appel de projets du gouvernement du Québec

Le gouvernement du Québec a lancé à la fin de 2020 un appel de projets d’innovation en IA doté d’une enveloppe de plus de 25 M$. Ce programme s’adresse aux entreprises québécoises de tous les secteurs d’activité, mais en priorité aux PME et aux entreprises en démarrage (startups). Il finance des projets pour la mise au point, la commercialisation ou l’intégration de technologies d’IA.

Cette année, les entreprises ont jusqu’au 15 octobre 2021 pour déposer une demande.

Le programme comprend trois volets :

  • 1. Projets d’innovation des startups, pour les entreprises en IA ayant moins de trois ans d’existence qui reçoivent l’accompagnement d’un incubateur ou d’un accélérateur d’entreprises. Aide maximale de 50 000 $.
  • 2. Projets d’innovation des PME, pour les PME qui visent la production de biens et services ou la réalisation de travaux de recherche et développement (R-D) à l’interne. Aide maximale de 150 000 $.
  • 3. Projets d’innovation d’envergure, pour les regroupements d’entreprises comprenant au moins deux sociétés québécoises. Ce volet finance des projets qui ont le potentiel d’engendrer des retombées importantes à court terme. Aide maximale de 1,5 M$ par projet.

Partenar-IA

Le gouvernement du Québec soutient un autre appel de projets d’innovation en IA qui est géré par les neuf regroupements sectoriels de recherche industrielle (RSRI), le programme Partenar-IA. Il est axé sur la collaboration et se divise en deux volets :

  • 1. Partenar-IA | Entreprise, qui s’adresse à des regroupements d’entreprises qui veulent réaliser un projet d’innovation et de R-D collaborative, tout en étant accompagnées par un centre de recherche public pour une partie du projet. Les entreprises doivent partager les coûts, les bénéfices et la propriété intellectuelle du projet d’innovation. Subvention maximale équivalant à 150 000 $ par entreprise partenaire, et de 600 000 $ par projet.
  • 2. Partenar-IA | Académique, pour l’ensemble des centres de recherche publics et des entreprises québécoises qui souhaitent réaliser un projet pour le développement, la commercialisation ou l’adoption de technologies en IA. Les projets admissibles doivent être effectués par des centres de recherche publics en partenariat avec au moins une PME ou startup québécoise. Subvention maximale de 500 000 $ par projet.

La demande doit être soumise auprès du RSRI de votre secteur d’activité. La prochaine date limite pour son dépôt est le 15 octobre 2021.

Scale AI

Scale AI se définit comme la supergrappe de l’intelligence artificielle au pays. Ce consortium sans but lucratif, qui regroupe des entreprises, des centres de recherche et des universités, est soutenu par les gouvernements du Québec et du Canada.

En plus d’aider au financement d’initiatives de formation et d’incubateurs-accélérateurs d’entreprises, Scale AI finance des projets industriels. L’organisme rembourse jusqu’à 50 % des dépenses admissibles pour les projets d’entreprise qui ciblent l’adoption ou la commercialisation de l’IA pour les chaînes d’approvisionnement.

Les projets doivent compter plus d’un participant, et au moins une PME doit faire partie des partenaires. Il n’y a pas de montant de financement minimum ou maximum.

INVEST-AI

INVEST-AI gère un programme de co-investissement de 35 M$ qui rembourse jusqu’à 50 % des coûts admissibles d’un projet en IA. Il s’agit de contributions non remboursables, qui sont versées une fois les sommes dépensées.

Le financement d’INVEST-AI peut varier entre 50 000 $ et 1 M$, selon la taille du projet. Au moins 30 % (mais préférablement 50 %) de l’investissement requis doit provenir du secteur privé. Pour être admissible, une entreprise doit générer au moins 1 M$ de ventes annuelles.

Autres programmes d’aide

Votre entreprise peut également se prévaloir d’autres programmes d’aide financière pour son projet en IA. Voici les principaux :

  • Programme Innovation, d’Investissement Québec, qui offre aux entreprises des contributions non remboursables pour la réalisation de projets d’innovation et la commercialisation d’innovations. L’aide maximale varie entre 30 % et 50 % des dépenses admissibles, selon le type de projet.
  • PME en action – Volet Appui à la productivité des PME, d’Investissement Québec, qui soutient certains projets d’implantation de pratiques d’affaires engendrant des gains de productivité. La subvention maximale s’élève à 40 % des dépenses admissibles du projet, jusqu’à un maximum de 50 000 $.
  • ESSOR – Volet Appui aux projets d’investissement, d’Investissement Québec et du ministère de l’Économie et de l’Innovation, qui offre différents types d’aide. Les dépenses admissibles doivent être d’au moins 100 000 $ ou 250 000 $, selon le type de projet.
  • Soutien financier à l’innovation technologique – PARI CNRC, du Conseil national de recherches du Canada, qui subventionne des projets d’innovation permettant de développer de nouveaux ou meilleurs produits, services ou procédés.
  • Programme NovaScience, du Ministère de l’Économie et de l’Innovation, dont les différentes mesures de soutien cherchent à promouvoir la culture scientifique et d’innovation, notamment auprès des PME, et à favoriser la formation et l’intégration d’une main-d’œuvre qualifiée; ses différents programmes devraient être reconduits en 2021-2022.

Pour planifier votre projet en intelligence artificielle et en prévoir les coûts et le financement, n’oubliez pas de tenir compte des crédits RS&DE et des incitatifs fiscaux du gouvernement. Consultez notre article sur ce sujet spécifique ici.

Vous pourriez également être éligible à d’autres formes de financement pour les PME ou pour l’ensemble de vos projets en transformation numérique.

Afin de vous accompagner lors du montage financier de votre projet en intelligence artificielle et de bénéficier des conseils de nos experts, faites appel à notre équipe. Ils ont à cœur la réussite de nos entreprises et seront heureux de vous aider à atteindre vos objectifs.

09 Juin 2021  |  Écrit par :

Jean-François Djoufak est expert en fiscalité au sein de Raymond Chabot Grant Thornton.

Voir le profil